Christian Estrosi est persuadé de battre François Fillon "à plates coutures" à Nice

Publié à 18h48, le 22 novembre 2016 , Modifié à 18h50, le 22 novembre 2016

Christian Estrosi est persuadé de battre François Fillon "à plates coutures" à Nice
Christian Estrosi © VALERY HACHE / AFP
Image Etienne Baldit


Christian Estrosi et Nicolas Sarkozy sont deux personnes bien différentes. Une précision d'importance, vu que le président de la région PACA se laisse parfois aller à parler à la place de l'ancien chef de l'État. Maintenant que c'est clair pour tout le monde, une conclusion s'impose, en tout cas dans l'esprit de Christian Estrosi : lui n'aurait pas perdu face à François Fillon, du moins pas dans "sa" ville de Nice (dont il n'est, cela dit, que premier adjoint).

Le Point publie, mardi 22 novembre, une interview de l'ancien champion de moto et grand supporter de Nicolas Sarkozy, en plein entre-deux-tours de la primaire de la droite. À la différence du patron et de la totalité des sarkozystes, lui n'annonce pas encore son soutien à l'ancien Premier ministre, sorti largement en tête du premier tour avec 44% des voix. Surtout, il explique que ce résultat de François Fillon est bien joli mais qu'il se prendrait une fessée s'il avait l'idée de se présenter à Nice.

Alors que l'ex-chef de gouvernement est premier dans les Alpes-Maritimes et à Nice, "Estro" rétorque d'abord : "Le seul endroit où Nicolas Sarkozy arrive en tête en France, c'est dans la cinquième circonscription des Alpes-Maritimes, c'est-à-dire celle, populaire, de Nice où je suis élu depuis 1988. [...] Il obtient 20% des suffrages sur l'ensemble de la France, mais 35 % à Nice et 39 % dans ma circonscription. On peut dire que c'est un joli score." Partant de là, il avance l'hypothèse d'une "exception Estrosi" au succès de Fillon dans sa ville :

François Fillon arrive premier à Nice, mais il est second dans ma circonscription. Il y a une exception Estrosi.

C'est donc cette "exception" qui porte son nom et la permanence de "l'ère Estrosi" qui lui garantiraient un succès local face à celui qui a écrasé la concurrence des prétendants à l'investiture présidentielle. Il balance :



Si je me présentais contre François Fillon ici, je le battrais à plates coutures. Aux régionales, dans ma circonscription, j'ai recueilli 64 % des suffrages et à la législative partielle de mai dernier 64 %. Il faut relativiser les résultats de la primaire qui, je le rappelle, concerne uniquement la droite. Dans mon conseil municipal, toutes les sensibilités sont représentées, mais tous sont derrière moi.

Non seulement il ne le soutient pas pour le second tour, mais il se veut carrément défiant et moqueur à son endroit. Lui qui n'a "jamais été filloniste" explique qu'il ne se ralliera pas comme l'ont fait les Wauquiez, Baroin, Ciotti et consorts :



Je ne vais pas maintenant devenir un filloniste forcené comme l'ont fait certains dès le soir du premier tour ! [...] J'entends prendre le temps de la méditation et de la réflexion. Je serai derrière celui qui sera désigné par ma famille, après avoir débattu du fond sur la sécurité, l'économie, la croissance, l'innovation, le numérique… Je ne vais pas cette semaine où personne ne doute de la victoire de François Fillon – même si le score final sera serré – me rallier à un projet que je n'ai pas soutenu.

"Mon bulletin de vote ira probablement à lui", concède-t-il enfin, se donnant "encore quelques jours de réflexion". Il lâche un timide "allez, disons que j'ai une petite sensibilité qui penche vers François Fillon", en listant ses points commun avec de dernier : "Le gaullisme social, l'opposition au traité de Maastricht dans laquelle nous nous étions engagés avec Philippe Séguin et Charles Pasqua, notre affinité avec la Russie, gage de l'équilibre européen, et avec Israël…"

Du rab sur le Lab

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