Christian Jacob (LR) jubile de voir les "10 personnes" des Constructifs "se faire hara-kiri"

Publié à 06h47, le 29 novembre 2017 , Modifié à 06h58, le 29 novembre 2017

Christian Jacob (LR) jubile de voir les "10 personnes" des Constructifs "se faire hara-kiri"
Christian Jacob est heureux © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Etienne Baldit


LES AFFAIRES REPRENNENT - Il y a un moment qu'on ne l'avait pas vu aussi content. Mais en cette fin novembre, Christian Jacob semble reprendre du poil de la bête. Après la déflagration de la présidentielle et des législatives compliquées, il est toujours le président d'un groupe LR qui est, numériquement, le premier d'opposition à l'Assemblée nationale. Mais qui dans les faits est, depuis des mois, profondément tiraillé par l'avènement du macronisme et la tentation "constructive". Alors qu'elle n'est pas aujourd'hui sa joie de voir cette frange macron-compatible de la droite se diviser en plusieurs chapelles...

Christian Jacob a en effet observé de près le lancement des Constructifs, puis le ralliement de certains de leurs ténors (comme Thierry Solère) à LREM quand les autres (Franck Riester, notamment) fondaient un nouveau parti, Agir, avec l'UDI. Une redéfinition qui traduit des désaccords idéologico-stratégiques et a conduit à un changement de nom pas si anodin que cela pour le groupe "Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants", qui est mardi 28 novembre devenu "UDI, Agir et Indépendants". Et le chef de file des députés LR canal historique se frotte les mains devant ce manque de cohésion.

Cité par Le Figaro mercredi, Christian Jacob se marre :

J'ai noté que les Constructifs s'étaient fait hara-kiri en changeant de sigle, c'est UDI, Agir et Indépendants. [...] Surtout, on a vu les diviseurs se diviser [entre] ceux qui vont à En marche!, ceux qui partent dans cette aventure d'Agir, et ceux qui vont à l'UDI, et ceux qui n'ont pas encore pris de décision.

[...] Tout cela pour dix personnes, cela fait peu dans chaque catégorie.

Créé en juin, le groupe des Constructifs était à l'origine composé d'une grosse trentaine de membres, dont deux tiers de centristes et un dernier tiers venu de la droite. Mais ils ne parvenaient pas à définir une ligne commune et leurs votes se partageaient souvent entre "pour" et "abstention" sur les projets du gouvernement. Une clarification n'était donc sans doute pas superflue. Tout comme peut-être chez Les Républicains, dont une écrasante majorité a approuvé, mardi, la ratification des ordonnances réformant le Code du travail, mesure-phare du quinquennat Macron, alors qu'ils se veulent les tenants d'une opposition ferme à la politique de l'exécutif...

Pour ajouter au bonheur de Christian Jacob, le poste de questeur dévolu à l'opposition (que lui avait chouré Thierry Solère cet été) devrait finalement revenir dans le giron de la droite début 2018. Éric Ciotti, principal perdant de la manœuvre estivale de Solère et de LREM, est le candidat désigné par LR pour récupérer ce poste hautement stratégique de contrôleur des finances de l'Assemblée nationale, qui pour ne rien gâcher s'accompagne d'avantages matériels (un appartement de fonction de 400m2, une voiture avec chauffeur) et financiers (12.000 euros d'indemnités, soit 5.000 de plus que les "simples" députés) plus que confortables.

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