"Je vais te 'Baupiner'" : un collectif de collaboratrices parlementaires dénonce l’aggravation des agissements sexistes

Publié à 12h53, le 17 octobre 2016 , Modifié à 12h53, le 17 octobre 2016

"Je vais te 'Baupiner'" : un collectif de collaboratrices parlementaires dénonce l’aggravation des agissements sexistes
© AFP

On pensait l’omerta levée. Après les accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles visant Denis Baupin, 17 anciennes ministres avaient décidé de "ne plus se taire" dans une tribune. L’ancienne ministre Monique Pelletier, elle, avait raconté, 35 ans plus tard, avoir été agressée par un sénateur.

Mais le sexisme n’a pas disparu en politique. Pire, la situation se serait aggravée, dénonce un collectif de collaboratrices parlementaires dans une tribune publiée dans le Monde lundi 17 octobre :

 

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De façon épisodique, avec notamment l’affaire Baupin, l’affaire Tron, l’affaire DSK, et l’actuel cas Baylet, le monde politique s’insurge contre l’un de ses membres qui aurait simplement 'dérapé'. Ces affaires sont des cas extrêmes de harcèlement ou d’agression sexuelle, mais les propos et agissements sexistes sont le quotidien des femmes en politique, qu’elles soient élues ou collaboratrices. A chaque affaire, le sexisme en politique fait la 'une' des journaux et des JT avant de retomber rapidement dans l’oubli. Pourtant le sexisme, lui, n’a pas disparu. A l’issue de l’affaire Baupin, l’ambiance a même empiré pour les femmes.

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Le collectif lancera mardi un site internet, chaircollaboratrice.com, qui recueillera des témoignages, anonymes, de collaboratrices. Voici d’ores et déjà quelques exemples de propos sexistes et totalement déplacés cités dans la tribune :

 

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Attention, je vais te 'Baupiner'.



Je peux toucher ton épaule ou c’est du harcèlement ?



Quand même, les dénonciatrices, elles devaient avoir un mobile politique.



Baupin, mais tu sais, ce n’est pas de sa faute, c’est sa mère/sa femme.



Elle est belle ta robe dis-moi, elle te met bien en valeur, je ne suis pas sûr de pouvoir me concentrer ce matin.

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"Les mots et actes sexistes sont souvent un moyen de montrer aux femmes qu’elles ne sont pas à leur place", regrette le collectif. "Les femmes sont soit mal acceptées, soit regardées avec un amusement tout paternaliste."

Le collectif espère que cette initiative libèrera "la parole" et permettra de "montrer, démontrer, puis vaincre le sexisme". À croire que la campagne #SexismePasMonGenre, lancée par la ministre des Droits des Femmes Laurence Rossignol, n'est pas arrivée jusqu'à l'Assemblée.

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