La justice accède à la demande de Jean-Marie Le Pen et annule la consultation des adhérents du FN

Publié à 15h14, le 08 juillet 2015 , Modifié à 18h32, le 08 juillet 2015

La justice accède à la demande de Jean-Marie Le Pen et annule la consultation des adhérents du FN
Jean-Marie Le Pen lors d'une galette des rois en 2013 © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Image Sylvain Chazot


Ce mercredi 8 juillet, le tribunal de grande instance de Nanterre a décidé d'annuler la consultation des adhérents du FN sur la réforme des statuts du parti, ce fameux "congrès postal" que Jean-Marie Le Pen conteste. Et pour cause :  parmi les réformes prévues, il y a surtout la suppression du poste de président d'honneur.

Mais voilà. La justice a décidé d'accéder à la demande du "Menhir". Résultat : le parti de Marine Le Pen se voit contraint d'organiser une assemblée générale physique et non simplement par voie postale, comme l'ont annoncé plusieurs journalistes :





  



Interrogé surr BFMTV, Jean-Marie Le Pen n'a pas caché sa joie peu après l'annonce de la décision du TGI de Nanterre. S'estimant personnellement visé par le "congrès postal" en même temps qu'"il était procédé dans le mouvement à une vague d'épuration", le Menhir a appelé la direction du FN à la conciliation : 

Il y a un moment donné où il faut reconnaître que l'on a perdu la guerre et qu'il faut négocier

Gilbert Collard, d'ordinaire toujours prompt à critiquer le fondateur du FN, y est allé de son petit mot : 





Proche de Xavier Bertrand, le député Les Républicains Gérald Darmanin n'a pas manqué l'occasion pour attaquer Marine Le Pen. Forcément : la présidente du FN affrontera l'ancien ministre du Travail lors des régionales en Nord - Pas-de-Calais - Picardie. 





Le patriarche Le Pen contestait les modalités du vote organisé dans son dos. Par la voix de son avocat, il a notamment dénoncé le vote bloqué (les adhérents ne peuvent répondre qu'une fois "oui" ou "non" à toutes les propositions formulées) et expliqué que la confidentialité du vote ne pouvait être respectée à cause de la présence d'un code barre unique sur chaque bulletin.

Ah oui, on allait oublier : ce "congrès postal" avait été préparé alors que Jean-Marie Le Pen était suspendu du FN, suspension invalidée jeudi 2 juillet par le TGI de Nanterre. Le parti "devra rétablir M. Jean-Marie Le Pen dans tous les droits attachés à sa qualité d'adhérent et le cas échéant à celle de président d'honneur", précisait le jugement.

Jean-Marie Le Pen avait décidé de contester en justice la "légitimité" de la consultation postale organisée auprès des adhérents frontistes. De quoi conforter Marine Le Pen qui, citée par Le Canard Enchaîné début avril disait : "Il a décidé de me faire chier jusqu'au bout !"

Dans un communiqué publié sur son site internet, le parti frontiste explique qu'il va faire appel de cette décision. Il est notamment écrit ceci :

La justice semble dépenser beaucoup d’énergie à conserver à Jean Marie Le Pen sa capacité de nuire au Front National, faisant fi du comportement et des propos tenus par ce dernier…

Le FN va bien entendu faire appel à jour fixe de cette décision qui apparaît comme une ingérence empêchant le fonctionnement normal d’un parti politique, mais aussi une grave entrave à la démocratie la plus élémentaire. Les adhérents jugeront très sévèrement l’ancien président du Front National qui utilise tous les moyens afin de les empêcher de s’exprimer et démontre ainsi qu’il a, comme les tenants du système, peur du peuple.

Expliquant que les enveloppes déjà reçues "resteront en l'état" en attente d'un jugement définitif, le parti réaffirme que ce choix de justice ne remet pas en cause les "décisions politiques prises" au FN concernant Jean-Marie Le Pen. A Nanterre, il reste donc celui-dont-la-parole-ne-doit-plus-engager-le-FN.

Interrogée quelques instants plus tard par BFM TV, Marine Le Pen a employé les mêmes arguments que le communiqué ci-dessus, en y ajoutant une question organisationnelle : où faire ce congrès physique ? Elle dit :



La justice souhaite nous obliger à organiser un congrès physique. Mais enfin pardon, nous ne sommes pas au XIXème siècle et nous n'avons plus 7000 adhérents. Nous en avons 51 500. Expliquez moi comment je peux organiser un congrès physique avec 51 500 adhérents. Il faut que je loue le Stade de France peut-être ? On voit bien que le but, c'est de nuire au Front national et que cette saga judiciaire organisée permet à Jean-Marie Le Pen de continuer ses opérations de nuisance.

[EDIT 16h18] Ajout déclaration de Jean-Marie Le Pen

[EDIT 18h31] Ajout communiqué du Front national et déclaration Marine Le Pen

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