Le camp Hollande a saisi la Haute autorité éthique du PS après les déclarations de Montebourg

Publié à 17h08, le 25 novembre 2016 , Modifié à 17h08, le 25 novembre 2016

Le camp Hollande a saisi la Haute autorité éthique du PS après les déclarations de Montebourg
© PHILIPPE MERLE / AFP

Ce sont des propos qui ont fait bondir le camp de François Hollande sur Twitter. Jeudi 24 novembre au matin, sur RTL, Arnaud Montebourg avait d’abord "invité" les Français mais aussi les électeurs de droite tentés de voter contre François Hollande à "venir à la primaire (de la gauche) participer finalement aux choix politique de l’avenir du pays et d’y participer à leur manière". "Je leur propose de battre le président de la République avec ma candidature", avait ajouté le candidat PS à la primaire de "la Belle alliance populaire" avant de nuancer ses propos à la fin de l’interview.

Très agacés par ces déclarations, trois proches de François Hollande, le patron des sénateurs PS Didier Guillaume,celui des députés socialistes Bruno Le Roux et le président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains François Rebsamen, ont saisi jeudi 24 novembre en fin de journée la Haute autorité éthique du PS, comme l’a révélé l’AFP. Le Lab a pu consulter en intégralité ce courrier adressé au président de la Haute autorité Thomas Clay. Voici ce qu’on peut y lire :

 

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L’un des candidats déclarés à la primaire de la Belle Alliance Populaire organisée les 22 et 29 janvier prochains, a ce matin appelé publiquement les électeurs de droite à venir participer à la primaire : "Je leur propose, a-t-il ajouté, de battre le Président de la République avec ma candidature". 

Cette déclaration nous apparaît en totale contradiction avec les règles d’éthique et l’esprit qui doivent présider à l’organisation de ce scrutin. Ces règles exigent, de la part des candidats, une campagne loyale (article 6.4 des Statuts du Parti socialiste), et de la part des électeurs, une adhésion aux valeurs de gauche (articles 5.3.1 et 5.3.2).

Nous vous remercions, Monsieur le Président, de veiller au bon respect de ce cadre commun afin de garantir la légitimité de la primaire et d’en assurer le succès citoyen.

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Joint par Le Lab, Didier Guillaume explique que les déclarations initiales d’Arnaud Montebourg "posaient un problème éthique". "Il y a des limites et des règles", lance le sénateur de la Drôme qui a voulu avec ce courrier "marquer le moment". Ce proche de François Hollande souligne avoir "toujours considéré que les gens de droite doivent voter à la primaire de droite et que les gens de gauche doivent voter à la primaire de gauche".

C’est aussi ce que disaitArnaud Montebourg jusqu’à son premier propos sur RTL. Une déclaration toutefois nettement atténuée en deux temps. Sur la radio, d’abord, quelques minutes plus tard. Relancé sur ce sujet en fin d’interview, il a démenti inviter spécifiquement l’électorat de droite à voter à la primaire, évoquant une invitation aux "électeurs de gauche et tous ceux qui veulent bien se joindre".

Sur RMC, ce vendredi 25 novembre, Arnaud Montebourg a même réfuté un appel lancé aux électeurs de droite. A la question "appelez-vous les électeurs de droite à venir voter la primaire de la gauche?", l’ancien ministre de l’Economie a répondu :

 

 

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Pas du tout, j’ai rappelé qu’il y avait une charte de valeur que nous signons. J’ajoute que je suis favorable à l’union des gauches, y compris avec Jean-Luc Mélenchon et l’ensemble des partis de gauche de manière à être en mesure, non pas d’arbitrer les élégances et les civilités entre le candidat de droite qui sera désigné dimanche et la famille Le Pen, mais pour que nous pesions dans l’histoire.

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Un rétropédalage apprécié par Didier Guillaume. "Il s’est rendu compte qu’il avait une énorme bêtise, dont acte. Je ne pouvais pas laisser pas ça mais c’est très bien de revenir" sur ses propos, se réjouit le président des sénateurs PS auprès du Lab. "J’ai considéré qu’il a dépassé les limites. Si c’est fini, l’affaire est close", ajoute-t-il.

Fin d’un épisode qui semble être une réponse du berger à la bergère. Lundi 21 novembre, le lendemain du premier tour de la primaire de la droite, Arnaud Montebourg avait en effet saisi la Haute autorité éthique du PS pour lui faire part de ses "inquiétudes" concernant l’organisation de la primaire de la gauche.

Du rab sur le Lab

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