Présidence de LR : pas chaud pour un débat TV, Wauquiez propose à ses adversaires un "débat devant les militants"

Publié à 18h02, le 27 octobre 2017 , Modifié à 18h44, le 27 octobre 2017

Présidence de LR : pas chaud pour un débat TV, Wauquiez propose à ses adversaires un "débat devant les militants"
Laurent Wauquiez © AFP
Image Etienne Baldit


CONTRE-PROPOSITION - Sa décision était attendue. Devant l'hypothèse d'un débat télévisé entre les différents candidats à la présidence de LR, réclamé tant par Florence Portelli que Maël de Calan, Laurent Wauquiez avait joué la montre, renvoyant sa réponse au 26 octobre et la validation, par la haute autorité, des candidatures. Chose faite ce jeudi donc, avec la disqualification de Daniel Fasquelle pour cause de parrainages d'adhérents manquants. Mais au cours d'une réunion entre les représentants des prétendants à la haute autorité ce vendredi matin, le camp Wauquiez, clairement réfractaire à une grande joute télévisée en prime-time, a de nouveau temporisé. 

Selon les informations du Lab, Geoffroy Didier, directeur de campagne du grand favori du scrutin, s'est ainsi dit ouvert à "un débat démocratique", tout en répétant son goût modéré pour un débat TV. Et d'arguer, selon un participant, qu'il ne "faut pas trop donner l'impression qu'on a des différences entre nous". "Ils se dérobent, ils veulent gagner du temps", persifle-t-on dans l'entourage de l'un(e) des opposant(e)s au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Mais ce dernier n'en reste pas là. Selon Paris Match, Laurent Wauquiez a écrit à ses deux adversaires ce vendredi pour leur faire une autre proposition : un débat certes, mais "devant les militants" et "pas sur un plateau télé", comme le confirme au Lab un proche de l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Le même justifie : 

Le sujet, c'est de débattre avec et pour les militants. La nature-même de cette élection fait qu'elle leur appartient. Ce doit être l'élection des militants.

Un meeting commun, un format plus proche de la conférence-débat ? "Les modalités pratiques peuvent se discuter", ajoute-t-on dans l'entourage de Laurent Wauquiez, précisant : "C'est une proposition qu'il fait à Florence Portelli et Maël de Calan, pas un ultimatum."

Dans ce courrier à ses concurrents révélés par Paris Match, Laurent Wauquiez écrit notamment : 

Ne créons pas de nouvelles cicatrices inutiles dans une famille déjà profondément marquée et blessée. Si nous commettons les mêmes erreurs que dans le passé, nos militants et sympathisants ne l‘accepterons pas. Ils ont encore en mémoire les désastreux débats organisés pendant la primaire, où les attaques personnelles ont trop souvent pris le dessus sur les propositions. Quelles que soient les précautions que nous pourrions prendre, un débat organisé sur un plateau de télévision aura pour principale finalité d’exacerber artificiellement nos différences et d’étaler nos divisions.

[...] Je vous propose ainsi que dans le cadre de la campagne officielle et d'un meeting militant et populaire, nous organisions un débat devant et avec nos militants. Au cours de celui-ci, chacun de nous pourrait être invité(e) à répondre à leurs questions et à leur présenter son projet.

"Nous pourrions demander que cette réunion publique soit retransmise sur le site internet de notre mouvement", est-il encore précisé dans cette missive. Mais la maire filloniste de Taverny et l'élu juppéiste du Finistère sont évidemment assez peu favorables à cette nouvelle formule, qui serait nettement moins rémunératrice pour eux en termes d'image qu'une exposition à la télévision à une heure de grande écoute...

"Quoi de mieux que de téléviser le débat pour toucher l'ensemble des adhérents ?", s'interroge-t-on ainsi faussement dans l'entourage de Maël de Calan. Florence Portelli a quant à elle réagi par un communiqué intitulé "Étouffer le débat, c'est asphyxier la droite", dans lequel elle fait part de ses réserves quant à la solution avancée par Laurent Wauquiez : 



Organiser un débat devant quelques centaines de personnes dans le huis-clos d'une salle parisienne, c'est priver de débat une grande majorité des adhérents. C'est aussi et surtout donner l'image d'un parti replié sur lui-même, qui tourne le dos à ses militants et qui a peur de s'ouvrir aux Français. [...] Ayons donc le courage d'organiser un débat digne et fair-play. Si nous ne sommes pas en mesure de débattre en toute sérénité et en toute exemplarité, comment pourrions-nous prétendre incarner une alternative crédible aux yeux des Français ? Les débats organisés à l'occasion des primaires ont d'ailleurs été exemplaires et ont convaincu plus de 4 millions de Français de faire confiance à notre famille politique.

On notera au passage les souvenirs *pas tout à fait* identiques qu'ont les divers prétendants des débats de la primaire, entre "désastreux" pour l'héritier auto-proclamé de Nicolas Sarkozy et "exemplaires" pour l'ancienne porte-parole de François Fillon. De notre côté, on garde surtout  en mémoire les démêlés judiciaires que les uns et des autres s'étaient lancés à la figure lors de la première joute, et le grand concours d'antisarkozysme de la seconde...

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