Armes, caméras, recrutement et brigade équestre : Robert Ménard booste la police municipale à Béziers

Publié à 13h23, le 17 novembre 2014 , Modifié à 17h06, le 17 novembre 2014

Armes, caméras, recrutement et brigade équestre : Robert Ménard booste la police municipale à Béziers
Robert Ménard booste la police municipale à Béziers. © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/Vincent Damourette

POLICE PARTOUT - Robert Ménard ne se contente pas d'interdire le linge aux fenêtres et les crachats sur la voie publique (alors que cela est déjà proscrit par la loi). Le maire de Béziers avait axé une partie de sa campagne sur l'armement de la police municipale et il est en train de tenir parole. Les premiers pas en ce sens ont été faits en conseil municipal, jeudi 14 novembre.

Pour que les effectifs de police municipale soient équipés de revolvers et de tasers, comme il le souhaite, Robert Ménard devait d'abord en faire la demande au préfet de l'Hérault. Pour redéfinir les missions de la police municipale, une nouvelle convention entre cette dernière et les services de l'État doit être signée et c'est son principe qui a été acté par les élus de Béziers jeudi dernier, comme le rapporte le Midi Libre ce lundi. Un vote presque unanime : le projet de convention a été adopté par 45 voix pour et 4 abstentions, indique la mairie de Béziers au Lab.

Contactée par Le Lab, la préfecture n'a pour l'heure pas confirmé la réception de cette demande. Cette dernière avait été "transmise en amont" du vote, précise au Lab la mairie. "A priori, il n'y a eu aucun retour négatif" de la préfecture, poursuit-on au service communication de la Ville. "Le sous-préfet m'a déjà appelé pour me dire qu'il attendait le document pour le signer", ajoute Dominique Garcia, adjoint du maire à la sécurité, joint par Le Lab.

L'idée de Robert Ménard, élu en mars avec le soutien du FN, est de "permettre à nos policiers d'être armés et de travailler au-delà de 23 h et donc toute la nuit", précise Dominique Garcia, cité par le Midi Libre (en réalité, il n'y a pas de lien entre le fait d'être armé et de travailler de nuit, comme l'a montré Europe 1). Et l'opposition n'a visiblement pas bataillé ferme pour s'y opposer. Le débat a en effet été "expédié" en "six minutes trente-deux secondes", précise le quotidien régional, qui cite à titre d'exemple l'élu PCF Aimé Couquet :

Nous ne faisons aucun commentaire, vous seriez capables de lâcher les chiens.

Car en attendant la décision du préfet sur cette convention, Robert Ménard fait avancer les autres chantiers concernant la sécurité de sa ville, comme la brigade canine et la brigade équestre, poursuit le quotidien. La première a déjà vu le jour et pourrait au final être constituée de 4 chiens, dont un spécialisé dans la recherche de drogue. En ce qui concerne la seconde, les policiers à cheval devraient faire leur apparition d'ici à Noël.

Les recrutements vont également bon train. Les effectifs de la police municipale de Béziers, qui comptait 48 agents avant l'élection de Robert Ménard, doivent ainsi être portés à 60 à la fin du mois de janvier, avec un objectif final de 80 policiers. En 2011, la ville comptait quelque 71.000 habitants, selon l'Insee.

Les revolvers 38 spécial et les tasers, eux, ont d'ores et déjà été commandés, assure le Midi Libre. "C'est faux, rétorque Dominique Garcia, auprès du Lab. Les demandes d'agrément sont prêtes et nous avons une idée de l'armurier auquel nous allons faire appel mais aucune arme n'a été commandée. Nous sommes soucieux de la légalité." Il ajoute que des flashballs seront également achetés. Pour toutes ces armes, la Ville anticipe un coût allant de 60.000 à 70.000 euros.

Quant aux caméras embarquées, Robert Ménard avance une justification sans équivoque :

Notre objectif est d'enregistrer systématiquement les insultes et autres rébellions envers les agents pour éviter que la parole d'un malfaiteur vaille celle d'un policier.

[Edit 17h : ajout des déclarations de Dominique Garcia au Lab]

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