Entre Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, "la fin d'un cycle" après la sortie d'EELV du gouvernement

Publié à 13h50, le 15 juin 2014 , Modifié à 13h53, le 15 juin 2014

Entre Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, "la fin d'un cycle" après la sortie d'EELV du gouvernement
Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, le 17 septembre 2013 à l'Elysée. (Vincent Isore/MaxPPP)

LA FIRME - Ils faisaient partie de ce que Noël Mamère avait appelés "La Firme" d'EELV. Un groupe de dirigeants du parti écologiste que le député - qui a depuis quitté le parti - avait accusé d'avoir poussé Pascal Durand sur la touche.

Mais aujourd'hui, les liens entre Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé se sont distendus. Samedi, le quotidien Le Monde expliquait que les relations entre l'ancienne ministre du Logement et le patron des sénateurs écologistes ont du mal à survivre à la sortie du gouvernement des ministres EELV

Jean-Vincent Placé, qui aurait bien aimé entrer au gouvernement - "pour faire plaisir à son papa et sa maman", avait assuré François Lamy, alors ministre de la Ville, en 2012 - s'était présenté comme ministrable lors du remaniement d'avril dernier... et n'avait pas apprécié la décision de son parti de ne pas participer au gouvernement Valls.

De son côté, Cécile Duflot - qui n'est pas fan de Manuel Valls - avait mené le camp des dirigeants écologistes opposés au maintien dans ce gouvernement.

Si Jean-Vincent Placé minimise aujourd'hui en évoquant des "divergences d'appréciation", Cécile Duflot, elle, parle de "vraie césure":

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Il a passé deux ans à taper à bras raccourcis sur le gouvernement, qu'il soutient aujourd'hui plus que quand j'étais ministre.

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David Cormand, secrétaire national adjoint d'EELV, explique qu'il s'agit de "la fin d'un cycle", entamé en 2002 pour mettre en minorité Dominique Voynet, alors secrétaire nationale. Il ajoute :

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Vu la faiblesse du PS, Jean-Vincent juge que le fait de rester nous permettrait d'obtenir des choses. Pour Cécile, on ne peut plus se contenter de faire comme avant en étant dans des considérations d'épicier.

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Car la rupture est aussi stratégique : Jean-Vincent Placé a vu dans le faible score écologiste aux Européennes la preuve que "les électeurs écologistes n'ont pas été convaincus par la sortie du gouvernement". Ce qu'il a expliqué dans une tribune cosignée avec son homologue de l'Assemblée nationale, François de Rugy, autre représentant de la "Firme" qui se serait, lui aussi, bien vu ministre en avril. Il estime que la stratégie de Cécile Duflot de se rapprocher de la gauche du PS est une erreur:

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C'est un espace où il n'y a pas d'électeurs et un embouteillage de dirigeants. Penser que la réponse à la crise, c'est de cartonner encore plus le gouvernement, c'est une faute politique.

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Pour Stéphane Sitbon-Gomez, présenté par Le Monde comme "bras droit" de Cécile Duflot, c'est la politique d'appel du pied de Jean-Vincent Placé au centre qui relève de l'erreur politique:

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Tirer comme conclusion qu'il faut renforcer la majorité présidentielle et élargir au centre est faux et dangereux.

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Vendredi, le JDD y voyait surtout une réorganisation des forces au sein du parti écolo. Et citait un dirigeant du parti estimant qu'il valait mieux "se séparer quand on est en bons termes".

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