Le "j’aime les entreprises" d’Henri Emmanuelli qui propose zéro euro d’impôt pour les entreprises qui investissent leurs dividendes

Publié à 10h06, le 06 novembre 2014 , Modifié à 10h06, le 06 novembre 2014

Le "j’aime les entreprises" d’Henri Emmanuelli qui propose zéro euro d’impôt pour les entreprises qui investissent leurs dividendes
Henri Emmanuelli.

VOUS N’AVEZ PAS LE MONOPOLE DE L’ENTREPRISE – "Moi, j’aime les entreprises." A l’instar de Manuel Valls, Henri Emmanuelli, figure tutélaire de l’aile gauche du PS, a déclaré sa flamme aux entreprises, ce jeudi 6 novembre, date anniversaire du mi-mandat de François Hollande. Mais son amour de l’entreprise est différent de celui du Premier ministre. Il ajoute aussitôt une nuance d’importance :

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J’aime les entreprises qui investissent, se développent et créent de l’emploi. Je n’aime pas celles qui au lieu d’investir distribuent des dividendes et licencient. (…) Il y a ceux qui sont censés aimer les entreprises et ceux qui sont censés les détester. Moi on me classe parmi ceux qui les détestent, c’est complètement idiot.

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"On n’est pas pour ou contre les entreprises, on est pour ou contre des méthodes", poursuit le député PS des Landes, ancien patron du parti, très critique envers le CICE qui divise la majorité. "Le CICE ca profite à tout le monde. Le problème, c’est l’utilisation. Au lieu de donner de l’argent aux entreprises par des baisses des charges, j’aurais préféré un crédit investissement", continue Henri Emmanuelli qui propose de défiscaliser les dividendes des entreprises si elles investissent. En France, précise-t-il malicieusement :

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On dit que l’entreprise qui investit a droit à une baisse de charges, une baisse de l’impôt. Comme ça, on ne se pose plus la question des contreparties. Ce ne sont pas les choix qui ont été fait. On a choisi une approche politique pour faire plaisir au monde entrepreneurial. Sur les sommes réinvesties, je suis même pour zéro. Celui qui investit ses dividendes, zéro impôt. On déduit. Dans une PME ou même une grande, s’ils investissent en France. S’ils investissent au Bahamas ou au Luxembourg, c’est autre chose.

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Et de rappeler que cette idée de rendre variable l’impôt sur les sociétés était, "à un moment donné", "dans le programme du candidat".

Il s’oppose là, une nouvelle fois, à la ligne sociale-démocrate (ou sociale-libérale, ça dépend du point de vue) de l’exécutif. Et Henri Emmanuelli de railler "tous ces modernistes", référence direct aux attaques de Manuel Valls contre "la gauche passéiste", qui lui font "de la peine".

[BONUS TRACK] Bayrou a toujours été à droite

En réponse aux appels du pied de Manuel Valls à François Bayrou, Henri Emmanuelli, élu des Landes, rappelle que localement le patron du Modem est un allié historique de l’UMP. "Le Bayrou que je connais moi, il est bien à droite", lance-t-il avant d’énumérer :

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J'aurais quelques difficultés si Manuel Valls m'explique qu'il faut s'allier à François Bayrou. Aux régionales, le Modem est avec l’UMP. Aux cantonales, le Modem sera avec l’UMP. A Pau, Bayrou, il était avec l’UMP. Le Bayrou que je connais moi, il est bien à droite. Il n’a jamais été ailleurs.

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Du rab sur le Lab

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