Les députés socialistes "frondeurs" "vers une abstention collective" sur le vote de confiance

Publié à 11h29, le 09 septembre 2014 , Modifié à 19h24, le 17 octobre 2014

Les députés socialistes "frondeurs" "vers une abstention collective" sur le vote de confiance
Les députés PS frondeurs Laurent Baumel, Jean-Marc Germain et Christian Paul © MaxPPP

Les députés "frondeurs" du PS s'orientent vers "une abstention collective" sur le vote de confiance au gouvernement de Manuel Valls, qui aura lieu le 16 septembre prochain à l'Assemblée nationale. Le député de la Nièvre Christian Paul l'a annoncé à la presse à la sortie d'une réunion de ces députés de la majorité opposés sur de nombreux points à la politique du gouvernement :

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Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique actuelle.

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Les "frondeurs" n'ont pas établi de véritable "consigne de vote" car les députés sont "des hommes et des femmes libres", selon les mots de Laurent Baumel, autre "frondeur". Hors de question, toutefois, de donner un chiffre précis de députés socialistes tentés par un vote d'abstention. Christian Paul, proche de Martine Aubry, a simplement indiqué que "plusieurs dizaines" de députés avaient participé à cette réunion "très convergente" sur la question de l'abstention au moment d'accorder leur confiance au Premier ministre. 

Joint par Le Lab, Laurent Baumel explique qu'il ne fait pas de rétention d'information volontaire à ce sujet : 

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Il ne s'agit pas de garder le secret du nombre de députés qui ne voteront pas la confiance. Si je ne le dis pas, c'est que je ne le connais réellement pas. Ceux qui hésitent suivront leur cheminement, leur réflexion. Je n'ai pas envie d'entrer dans un débat sur le nombre. On a des convictions, on pense représenter quelque chose de nécessaire.

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Au mois d'avril, déjà, Manuel Valls avait demandé (et obtenu) la confiance des députés. Mais 11 socialistes s'étaient abstenus. Laurent Baumel, qui n'en faisait pas partie, sera cette fois dans le camp des abstentionnistes. Le 16 septembre, ils seront "11 plus quelques uns, c'est la fourchette basse. S'ajouteront à coup sûr quelques responsables qui l'ont annoncé, comme Christian Paul", explique Laurent Baumel. 

En réponse à l'annonce de cette "abstention collective", le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a appelé chacun à la "responsabilité politique", reprenant l'avertissement de Manuel Valls au sujet de Marine Le Pen et de l'extrême droite, qui seraient "aux portes du pouvoir en France" :

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Nous ne sommes pas dans n'importe quel moment. C'est un moment difficile du point de vue politique, avec le retour de Monsieur Sarkozy qui va être sur une ligne d'une rare violence sur le plan économique et le Front national qui rôde à deux pas du pouvoir.

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Un message qu'il a également tenu à faire passer sur Twitter :

Mais pour Laurent Baumel, "l'irresponsabilité" est du côté du gouvernement. "Nous considérons que si le Front national monte, c'est en raison de la politique que nous menons", a-t-il expliqué à I>Télé, demandant "des inflexions pour la rendre plus efficace, plus juste" :

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Nous nous positionnons par rapport à une politique [...]. Celle qui est menée ne correspond pas aux exigences économiques de la gauche.

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Ces "frondeurs" abstentionnistes viennent donc s'ajouter à certains écologistes, qui appellent eux aussi à ne pas voter la confiance. 

[BONUS TRACK] Les "frondeurs" ne sont "pas confinés à l'Assemblée nationale"

À la suite de cette réunion de "frondeurs", a eu lieu une réunion du groupe PS, en présence de Manuel Valls. Le Premier ministre y a, lui aussi, développé un discours de "responsabilité" et "d'autorité", explique au Lab Laurent Baumel, qui se désole de constater le manque d'écoute de la part de l'exécutif :

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Les réunions de groupe se suivent et se ressemblent. Ce ne sont pas des discussions politiques que nous avons là, l'exécutif fait une campagne électorale au sein du groupe socialiste, essayant de faire pression sur les députés qui seraient hésitants.

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Si le dialogue de sourds se poursuit, les "frondeurs" envisageraient-ils alors d'intensifier leur démarche politique, par exemple en vue d'un éventuel congrès du Parti socialiste ? Chaque chose en son temps, tempère Laurent Baumel :

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Le quinquennat n'est pas fini. Les choses peuvent changer. Mais on va amener le débat au Parti socialiste, c'est une certitude. Quelle forme exacte est-ce que cela prendra, on n'en est pas encore à ce stade. Mais nous ne sommes pas confinés à l'Assemblée nationale.

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Du rab sur le Lab

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