Pour Henri Emmanuelli, la ligne politique de Manuel Valls pourrait être "mortifère pour la gauche"

Publié à 11h46, le 01 mars 2015 , Modifié à 13h30, le 01 mars 2015

Pour Henri Emmanuelli, la ligne politique de Manuel Valls pourrait être "mortifère pour la gauche"

CAMARADES - Henri Emmanuelli sort de sa réserve. Celui qui a signé la contribution de Benoît Hamon en vue du congrès du PS, qui se déroulera à Poitiers les 5, 6 et 7 juin, a décidé de briguer un nouveau mandat de président du Conseil général des Landes. Et pour ce faire, il se démarque de la ligne gouvernementale. Au JDD, daté du 1er mars, il justifie sa démarche en expliquant que "ce n'est pas le moment de tourner le dos".

Et si Henri Emmanuelli "aime l'entreprise", comme le polyglotte Manuel Valls, il aime beaucoup moins l'attitude du Premier ministre et sa "politique de provocation". A l'approche du congrès PS, il avertit l'ancien maire d'Évry que sa ligne n'est pas celle voulue par le parti. Voici ce qu'il déclare :

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Si le congrès servait à imposer une ligne Valls, une ligne sociale-libérale qui n'est pas majoritaire au sein du PS, ce serait une faute politique majeure et ce serait mortifère pour la gauche. S'ils veulent nous écraser, alors oui, il y aurait un risque d'implosion, de scission. 

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Mais le Premier ministre n'est pas le seul dans le viseur de l'ancien premier secrétaire du PS. Emmanuel Macron et ses avertissements à l'égard des frondeurs (comme ici, ici ou ici) ont déplu à Henri Emmanuelli. Voici ce qu'il déclare à propos du ministre de l'Économie :

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Il est sympathique, mais il n'est pas fait pour la politique si c'est ainsi qu'il prend les choses. 

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Autre membre du PS visé : Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée. En cause : l'autoritarisme de celui-ci. Le 25 février, ce dernier avait écrit aux députés PS pour leur signifier qu'il pourrait dorénavant en référer à Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, si certains députés décidaient de ne pas respecter les consignes de vote. Du coup, Emmanuelli se lance dans le petit jeu des comparaisons : 

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Il ne faut pas qu'il se prenne pour le sergent Garcia. 

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Sergent Garcia? Mais si, vous savez, le fidèle adversaire de Zorro qu'il prenait un malin plaisir à le ridiculiser

Pas sûr que cela plaise à Bruno Le Roux qui a fait acte d'autorité en demandant la démission de Gérard Bapt de la présidence du groupe d'amitié France-Syrie le 26 février. 

Du rab sur le Lab

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