Quand Manuel Valls, "le Catalan au sang chaud", promettait de "rouler" sur l'opposition

Publié à 16h52, le 25 février 2015 , Modifié à 17h08, le 25 février 2015

Quand Manuel Valls, "le Catalan au sang chaud", promettait de "rouler" sur l'opposition
Manuel Valls © PATRICK KOVARIK / AFP

CALIENTE - Manuel Valls est fier de ses origines espagnoles. Et pas seulement lorsqu'il s'agit de supporter le FC Barcelone, ville qui vit naître le Premier ministre en 1962. Il les évoque jusque dans ses discours à l'Assemblée. Lui qui voit dans son identité catalane une force entend bien s'en servir contre ses adversaires. 

C'est ce qui ressort d'une anecdote rapportée par L'Express, mercredi 25 février. La scène se passe en avril 2014. Manuel Valls vient d'être nommé à Matignon et prépare son premier discours de chef du gouvernement devant les députés. Pour peaufiner ce discours de politique générale, il discute avec ses proches. L'un deux lui donne ce conseil : "Adresse-toi aux hommes d'État du Parlement qui sont dans l'opposition." 

Refus net et catégorique du successeur de Jean-Marc Ayrault :

 

Tu sais comment la droite me voit, ils vont huer le Catalan au sang chaud. Et je devrais leur tendre la main ? Je vais leur rouler dessus. 

Preuve que Manuel Valls ne fait pas acte d'autorité que lorsqu'il souhaite faire régner l'ordre dans les rangs socialistes. Ce qui s'est d'ailleurs récemment produit avec le recours au 49.3 pour faire adopter la loi Macron à l'Assemblée. Avant d'annoncer sa décision dans l'hémicycle, le 17 février, le Premier ministre participait à une réunion de députés PS. Et à cette occasion, il s'est *légèrement* emporté.

Auprès de L'Express, "un pilier du groupe" socialiste raconte ce moment où "el hombre del año" s'est littéralement fâché tout rouge contre les frondeurs :

 

Il s'est emporté et est devenu tout rouge, il a engueulé tout le monde en disant que ce serait scandaleux que des parlementaires s'opposent au texte. C'était violent, infantilisant. Un discours de surveillant général, qui a radicalisé les indécis. 

C'est que, de l'aveu du patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, toujours dans les colonnes de l'hebdomadaire, "il ne peut concevoir que le parti ne suive pas". L'eurodéputé Emmanuel Maurel partageait d'ailleurs cet avis sur la fermeté jugée excessive de Manuel Valls. Auprès du Monde mardi, cette figure de l'aile gauche du PS estimait ainsi que "la France est victime du tempérament de Manuel Valls."

Mais ce dernier n'est pas le seul à s'en prendre aux frondeurs. D'après Le Canard Enchaîné de ce mercredi, François Hollande a eu ce commentaire à leur égard, le lendemain de l'annonce de la mise en route du 49.3 :

 

Ils sont complètement siphonnés, complètement dingos d’avoir cassé l’esprit du 11 janvier, à un mois des élections départementales !

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