Camille Bedin : "La droite ne va pas assez dans les banlieues"

Publié à 15h58, le 07 août 2012 , Modifié à 17h21, le 07 août 2012

Camille Bedin : "La droite ne va pas assez dans les banlieues"
Camille Bedin, en octobre 2011. (Maxppp)

Le Lab poursuite sa série consacrée aux jeunes politiques à suivre dans les prochaines années, à l’UMP et au PS. Septième volet, côté UMP, avec Camille Bedin.

A 27 ans, Camille Bedin est secrétaire nationale à l’UMP en charge de l’égalité des chances. Elle s’est fait repérer sur ce thème après avoir remis au gouvernement le rapport des pépites de la nation, en 2010, contenant des propositions pour relancer l’ascendeur social des jeunes de banlieues.

Son engagement politique vient du franc-parler de Nicolas Sarkozy. Fervente supportrice de Jean-François Copé pour la présidence de l’UMP, un homme qui a "la niaque", elle se verrait bien élue locale, à Nanterre, aux prochaines municipales.

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  1. "La niaque, c'est Jean-François Copé"

    • > Quel est votre parcours ?

    J'ai fait Sciences Po Paris Affaires publiques. J'en suis sorti en 2008. J'ai ensuite fait une spécialisation à l'Essec, en RH et marketing, que j'ai terminée en 2012. 

    A Sciences Po, j'ai créé deux associations : l'une en 2007, Ambition campus, pour coacher les jeunes issus de milieux en ZEP à passer le concours d'entrée de Sciences Po, l'autre, en 2009, Les pépites, pour aider les jeunes dans leurs recherches d'emplois. En 2010, avec l'opération Les pépites de la nation, les jeunes de l'UMP - moi compris - sont allés dans les banlieues pendant 6 mois et ont remis au gouvernement des propositions pour relancer leur ascension sociale. C'est à ce moment que j'ai été repéré sur le thème de l'égalité des chances et que j'ai été nommée secrétaire nationale à l'égalité des chances. Ca a été fait sur la base de mon travail, pas parce que je suis 'copine de'.

    En 2012, j'ai publié Pourquoi les banlieues sont de droite où je démontre que les jeunes votent à gauche, car c'est culturel, mais sont tout sauf de gauche ! Ils sont libéraux, très conservateurs sur les questions de religion et de famille, contre l'assistanat, contre l'idée que l'Etat peut tout faire : des valeurs de droite. Pourtant, elle n'y va pas assez dans les banlieues. Les thèmes comme l'autonomie, le logement où le monde du travail ne sont pas assez portés. 

    • > Pourquoi avez-vous décidé de faire de la politique ?

    Je me suis engagée pour Nicolas Sarkozy. Je me suis encartée à l'UMP, quand Nicolas Sarkozy a été élu président du parti, en décembre 2004. Pourtant, je viens d'un milieu de gauche : mes parents sont des soixante-huitards qui ont voté Mitterrand. Mais j'ai réussi à les faire voter à droite récemment. Au ministère de l'Intérieur, Sarkozy brisait les tabous. Quand il a énoncé le "travailler plus pour gagner plus", je me suis dit : ce mec là, il a vraiment une énergie. Les valeurs portées par la droite - travail, réussite, ambition, famille, religion, je m'y retrouve. C'est Nicolas Sarkozy qui m'y a amené.

    • > Avez-vous un mentor en politique ?

    J'en ai deux : Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé. Je me suis engagé pour le premier. J'adore son franc-parler. C'est celui dont j'aurais toujours un poster dans mon bureau. Quant au second, j'ai eu de la chance de le rencontrer et de le côtoyer pendant la campagne. Professionnellement, il m'a apporté des méthodes de travail et une certaine manière de faire de la politique. François Fillon a été un super Premier ministre ; Il fait partie de la génération au-dessus de Jean-François Copé. On a besoin d'un dynamisme. Et la niaque, le dynamisme, c'est Jean-François Copé. 

    • > Pour vous, c’est quoi être de droite ?

    A droite, on croit en la capacité de chacun à réussir par son travail si on donne les bonnes armes, notamment en matière d'éducation. Nous croyons que tout le monde n'a pas vocation à être égaux, à condition qu'au départ il y ait égalité des chances : c'est le contraire de l'égalitarisme. On pense que chacun doit monter le plus haut possible alors que à gauche, c'est faire stagner tout le monde vers le bas. 

    • > Quelle est votre présence numérique ?

    Être sur les réseaux sociaux c'est indispensable pour communiquer, mobiliser notamment les militants. A titre personnel, je préfère Facebook à Twitter. Je fais attention à ce que je dis. Les politiques qui racontent leur vie, ce qu'ils mangent au petit' déjeuner, on s'en fout. 

    • > Où vous voyez dans 15 ans ?

    A court terme, j'espère être tête de liste de l'UMP aux prochaines municipales, à Nanterre, en 2014, et candidate aux cantonales. Dans l'idéal, dans 15 ans, je me verrai bien avec une belle famille et élue de Nanterre, où je suis installée. 

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