Ce récépissé qui ne dérangeait pas un certain Manuel Valls

Publié à 14h02, le 20 septembre 2012 , Modifié à 14h03, le 20 septembre 2012

Ce récépissé qui ne dérangeait pas un certain Manuel Valls
Capture d'écran d'une vidéo amateur de l'intervention de Manuel Valls devant les jeunes socialistes, le 27 août 2011. (Dailymotion/Twister-1970)

RENIEMENT - A l'été 2011, l'actuel ministre de l'Intérieur validait dans son intégralité le "pacte" proposé par le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) aux candidats à la primaire PS.

L'un de ces points prévoyait la mise en place des attestations de contrôle d'identité afin d'éviter les contrôles au faciès. Les fameux récépissés.

  1. “Quand Manuel Valls avait besoin de nos voix, les récépissés ne le dérangeaient pas.”

    Sur lelab.europe1.fr

    Le 27 août 2011, Manuel Valls, alors candidat à la primaire socialiste, se présente devant le mouvement des jeunes socialistes, à La Rochelle. Une intervention dont une vidéo amateur est consultable en suivant ce lien.

    Interrogé par Le Lab, Thierry Marchal-Beck, qui a succédé depuis à Laurianne Deniaud à la direction du MJS, assure que le futur ministre de l'Intérieur s’est, ce jour là,  “engagé” par sa présence.

    Tous les candidats à la primaire - à l'exception de Jean-Michel Baylet -  sont venus devant nous à La Rochelle le 27 août 2011 et ont validénotre pacte composé de 8 mesures. Y compris notre attestation de contrôle d’identité.

    Le patron des jeunes socialistes s’attaque alors frontalement au ministre de l’Intérieur :

    Quand Manuel Valls avait besoin de nos voix, les récépissés ne le dérangeaient pas...

    "J’ai toujours été sceptique sur ce sujet", déclare pourtant Manuel Valls à des journalistes de Libération, dans un article paru le 19 septembre, semblant enterrer définitivement la mesure après une longue bataille de communication avec le premier ministre.

    Le ministre de l’Intérieur n’a en effet jamais manqué une occasion pour faire connaître son scepticisme sur des récépissés très mal vus par les les policiers. "Je ne veux pas imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant. Je ne vois pas, à ce stade, comment ça marche. "déclarait-il ainsi, le 25 juin, sur RTL.

    Rebelote, le 14 août, sur France 2, après les émeutes d’Amiens : "Vous voyez ce soir à Amiens des policiers en train de distribuer des récépissés? Non !"

    Une prise de position qui lui avait valu d’essuyer les critiques des jeunes militants socialistes lors de la dernière université d’été du parti à La Rochelle, comme le relate RTL.

    Interrogé par Le Lab sur ses soutiens politiques dans son bras de fer avec le ministre de l’Intérieur , outre celui de l’ancienne première secrétaire du PS Martine Aubry, Thierry Marchal-Beck assure être en liaison directe avec Matignon :

    Je suis en contact avec les bonnes personnes dans le cabinet de Jean-Marc Ayrault. Je peux vous assurer que la décision n’est pas prise. 

    Et si Manuel Valls mène une mission, pourquoi refuse-t-il de nous recevoir, Laurianne Deniaud et moi, qui avons écrit le seul livre [“Contrôle au faciès, comment en finir ? Editions Les Petits Matins, ndlr] sur la question ?

    Les MJS vont continuer, tous les jeudis, à se rendre devant les lycées et les facs ainsi que dans nos quartiers populaires pour combattre, sur le terrain, le tissu de mensonges et contre-vérités propagées notamment par Manuel Valls sur la question des attestations de contrôle d’identité.

    Thierry Marchal-Beck estime également, dans une interview à Libération,  que le ministre de l’Intérieur “est en rébellion avec le premier ministre” qui lui a confié une mission sur la question.

    Le MJS a publié mercredi un communiqué dans lequel le nom de Manuel Valls est volontairement absent. Les jeunes socialistes y répètent avoir “toute confiance” en François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour faire appliquer cette mesure.

    Mais pour un membre du clan Valls qui s’est confié à Libération , l’ancien député-maire d’Évry est au contraire un garde fou de la gauche :

    Manuel a le courage de considérer qu'il ne faut pas laisser la gauche partir en toupie sur ses sujets habituels.

Du rab sur le Lab

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