"Chacun est grand" : Fillon justifie de ne pas défendre un adversaire cible d'attaques haineuses

Publié à 23h05, le 24 novembre 2016 , Modifié à 23h07, le 24 novembre 2016

"Chacun est grand" : Fillon justifie de ne pas défendre un adversaire cible d'attaques haineuses
© Capture d'écran France 2

CHACUN SA CROIX - Alain Juppé reproche à ses adversaires de la primaire de la droite de ne pas avoir pris sa défense lorsque, du fait de campagnes de propagande venues de l'extrême droite, il a été caricaturé en "Ali Juppé", accusé de proximité avec les Frères musulmans et "soumis à l'islamisme". Il a encore dénoncé le silence de François Fillon à ce sujet, lors du débat d'entre-deux-tours entre les finalistes de la primaire, jeudi 24 novembre. Qui, en retour, lui a expliqué que ça va comme ça, "chacun est grand" et peut se défendre par lui-même.

Tout est parti d'une question sur LA polémique de la semaine, autour de la position de François Fillon sur l'avortement. Un sujet remis sur la table par Alain Juppé, qui a réclamé à son adversaire "une clarification", lui qui est opposé "à titre personnel" tout en affirmant qu'il ne veut pas revenir dessus. S'indignant d'avoir été qualifié de "conservateur moyenâgeux" pour cela, le député de Paris a dénoncé "des questions qui ressemblent à des procès". Terme que le maire de Bordeaux a récusé, expliquant avoir seulement "posé une question".

Enchaînant sur ce sujet de ce qu'il a nommé "l'indignation vertueuse", l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a rappelé cette "campagne ignominieuse" dont il a fait l'objet sur le thème de l'islamisme. Et de pointer l'absence de "condamnation" de la part de l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy :

 

Je n'ai jamais entendu un seul de tes lieutenants condamner cette campagne. Je lis dans la presse ce soir, puisqu'un éditorialiste du 'Figaro' s'est également fait le chantre de cette campagne, qu'un organisme, une officine qui s'appelle Riposte laïque, a participé à cette campagne. Il me semble que j'ai lu aussi qu'elle te soutenait, cette officine. Et je te pose la question : est-ce que c'est le cas, est-ce que tu la condamnes ?

Affirmant ne "pas connaître" le site d'extrême droite anti-islam Riposte laïque, François Fillon a également expliqué : "Moi je n'ai rien à voir avec cette campagne, je n'ai jamais eu un mot désagréable à ton égard sur un plan personnel, jamais." S'en est suivi cet échange :

- Alain Juppé : Ni un mot de condamnation de cette campagne...



- François Fillon : Mais faut pas exagérer non plus, quand je me fais traiter d'homophobe tous les matins, je t'ai pas entendu non plus prendre la parole pour assurer ma défense. Voilà, chacun est grand et s'occupe de ses affaires.

S'il avait voulu faire dans la provocation, il aurait aussi pu reprendre les mots... d'Alain Juppé, selon qui "il ne faut pas jouer les chochottes" dans une campagne électorale. Une manière en tout cas de dire que "chacun" se débrouille avec les attaques dont il fait l'objet, même si celles-ci sont clairement calomnieuses, mensongères ou autre. Au passage, François Fillon ne profite donc pas de cette perche qui lui est tendue pour clairement dénoncer ces attaques à l'encontre d'Alain Juppé. 

"J'ai toujours veillé à dire que j'avais beaucoup de respect pour Alain Juppé, qu'on avait une relation ancienne", a enfin fait valoir François Fillon, comme pour se dédouaner de tout sentiment agressif envers Alain Juppé qui aurait pu flotter dans l'air ces derniers temps.

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