Ils ont déjà pris leurs distances avec Nicolas Sarkozy

Publié à 19h23, le 04 mai 2012 , Modifié à 19h54, le 04 mai 2012

Ils ont déjà pris leurs distances avec Nicolas Sarkozy
Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, François Fillon et Michel Mercier (Reuters)

Ils ont semés des indices au fil de la campagne. A la veille du 6 mai, nombreux sont ceux qui parient sur une désolidarisation des lieutenants de Nicolas Sarkozy en cas de défaite. La faute notamment à la tournure droitière de sa campagne qui a fortement déplu à toute une frange de l'UMP.

Certains ont déjà montré leur désapprobation. Des critiques claires ou glissées entre les lignes qui permettent de douter de leur fidélité dans les jours à venir.

Le Lab revient sur quatre cas d'école: François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et Michel Mercier pourraient faire partie du délitement sarkozyste.

  1. François Fillon, le désaveu sur les syndicats

    Sur lelab.europe1.fr

    La cible de cette campagne pour Nicolas Sarkozy, ce sont les syndicats. Depuis que la CGT a appelé à voter pour François Hollande par la voix de Bernard Thibault, et face aux nombreuses critiques de François Chérèque, le Président sortant se lâche sur cette partie des "corps intermédiaires".

    Une guerre contre les syndicats que n'a pas du tout appréciée François Fillon. Sur RTL le 30 avril, le Premier ministre s'est démarqué des attaques présidentielles:

    En tant que tel je comprends qu'on critique François Chérèque quand il attaque Nicolas Sarkozy.

    [...] François Chérèque devrait se tenir à l'écart du débat et nous de notre côté on devrait éviter toutes les remarques désagréables à propos des syndicats.

       

    Il a également replacé le dialogue à l'honneur, une position de longue date:

    On a besoin d'avoir un grand ou de grands syndicats réformistes et de dialoguer avec eux [...]

    C'est mon opinion et personne ne sera surpris que je la défende à nouveau.

    Concernant le choix de François Bayrou de voter pour le candidat socialiste "à titre personnel", François Fillon s'est de nouveau démarqué avec des déclarations plus mesurées que le reste de l'UMP.

  2. Raffarin veut s'exprimer... mais ne peut pas

    Sur lelab.europe1.fr

    J'voudrais bien, mais j'peux point. Jean-Pierre Raffarin aurait bien aimé formuler des critiques sur la droitisation de la campagne, mais il n'a pas voulu "affaiblir [son] camp". C'est ce qu'on a pu lire dans Le Monde du 26 avril:

    Si j'exprimais aujourd'hui des réserves, j'affaiblirais mon camp, et l'affaiblissement du centre et de la droite républicaine sert le Front national et le Parti socialiste.

    Au lendemain du premier tour, il déclarait également:

    On ne gagne pas sans François Bayrou, sans le centre, sans les humanistes.

    Depuis que le président du Modem s'est officiellement positionné en faveur de François Hollande, quelle sera sa stratégie au lendemain de l'élection?

  3. Alain Juppé, en mission contre la "stigmatisation"

    Sur marianne2.fr

    Pendant que son Président parlait frontières, patrie et communautarisme dans son discours de Toulouse le 29 avril, Alain Juppé assurait le service à Lyon. Chargé d'un discours introductif avant la retransmission "en multiplex" de celui de Nicolas Sarkozy, l'ancien Premier ministre a marqué ses distances.

    Comme le souligne Marianne2.fr, Alain Juppé a multiplié les phrases à double tiroir:

    Entre Français, il faut se garder de toute stigmatisation, de tout mépris condescendant.

    Il a également préférer parler économie plutôt que d'évoquer les thèmes fétiches du Président. Pas question non plus d'employer le mot "immigration" ou "frontière". Alain Juppé se sent "à l'aise avec [ses] valeurs", surtout lorsqu'il peut parler de ce qu'il souhaite.

  4. Michel Mercier, le soutien sous condition

    Sur lelab.europe1.fr

    Ce n'est pas le plus populaire, ni le plus connu, mais Michel Mercier, ministre de la Justice, est un symbole des centristes qui soutiennent le Président-candidat au second tour et qui le disent.

    Son soutien n'est pourtant pas sans condition. Comme il l'indiquait au Progrès le 28 avril, il restera en accord avec Nicolas Sarkozy tant qu'il ne franchit pas la ligne FN. Une stratégie de campagne ok, une véritable alliance pas question:

    Maintenant nous sommes en campagne électorale, une stratégie a été choisie. Je suis loyal et soutiens Nicolas Sarkozy dès lors qu’il reste fidèle à cette ligne: pas d’accord avec le FN.

Du rab sur le Lab

PlusPlus