Le Grand Surf : Najat Vallaud-Belkacem détaille au Lab comment elle veut "compléter la loi" contre les hashtags haineux

Publié à 07h52, le 25 août 2013 , Modifié à 07h52, le 25 août 2013

Le Grand Surf : Najat Vallaud-Belkacem détaille au Lab comment elle veut "compléter la loi" contre les hashtags haineux
La touche dièse sur un clavier (MaxPPP).

Tout l'été, à 8h15, dans la matinale du week-end d'Europe 1, Paul Larrouturou, journaliste au Lab présente "Le Grand Surf". Trois petites minutes pour revenir sur la semaine écoulée en racontant deux histoires digitales et politiques.

Au programme ce dimanche, Najat Vallaud-Belkacem fait un bilan d'étape sur l'action du gouvernement contre les hashtags haineux sur Twitter.

>> Dans les épisodes précédents : 

Huit mois sont passés depuis la tribune de la porte-parole du gouvernement demandant à Twitter de "respecter les valeurs de la République" suite au "déferlement" de hashtags haineux sur le réseau social. Depuis, Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l'Économie numérique est entrée dans la danse et Twitter est devenu un dossier pour deux ministres.

En janvier, la justice française a exigé que Twitter communique "dans les quinze jours" aux associations les données permettant d'identifier les auteurs de tweets antisémites suite à l’émergence des hashtags "#unbonjuif" et "#unjuifmort".

>> Les hashtags haineux sont toujours là

Mi-août, deux hashtags homophobes se sont à nouveau hissés dans les dix tendances les plus partagées sur Twitter en France. Des centaines de tweets accompagnés des mots "#LesGaysDoiventDisparaîtreCar" et "#BrulonsLesGaysSurDu".

>> La nouveauté de l'été : 

Les deux ministres ont annoncé le 12 août, dans un communiqué commun, une initiative législative :

Pour aller plus loin, le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes prévoit de compléter la loi pour la confiance dans l’économie numérique afin d’étendre ses obligations à toutes les formes d’incitations à la haine, notamment celles fondées sur le sexe, l’orientation ou l’identité sexuelle.

Une loi "qui devrait être définitivement adoptée d'ici la fin de l'année 2013", indique au Lab la porte-parole du gouvernement en recensant les outils politiques à la disposition du gouvernement et en déplorant des relations compliquées avec Twitter : 

Cela a été dur au début, indéniablement, car cette entreprise estime qu'elle doit se conformer au droit anglo-saxon davantage qu'au droit français. Et en matière de liberté d'expression nous ne sommes pas sur les mêmes standards.

 Un entretien de la ministre du Droit des Femmes au Lab à écouter en intégralité ci-dessous : 

Outre sa loi en gestation, Najat Vallaud-Belkacem se réjouit aussi de la mise en place d'un "dispositif de signalement privilégié" entre certaines associations françaises et le siège de Twitter, en Californie.

Elisabeth Ronzier, présidente de l'association SOS Homophobie confirme au Lab que "le dispositif d'alerte s'est mis en place". Mais avec un sérieux bémol sur la "réactivité" vantée par la porte-parole du gouvernement :

Nous avons les outils de liaisons directes entre nous et Twitter. Mais le problème c'est qu'il n'y a pas toujours une personne pour répondre vite, derrière l'écran, à San Francisco, surtout avec les décalages horaires.

Concrètement, les associations alertent par mail Twitter, en soumettant à ses employés un tweet ou un hashtag qu'ils considèrent comme raciste ou homophobe. Twitter peut alors procèder à la désindexation du hashtag s'il est en Trending Topic (dans les 10 les plus utilisés) ou bloquer l'accès d'un tweet depuis Twitter France. "Mais ils ne suppriment pas", note Elizabeth Ronzier qui estime à "une dizaine depuis mai", le nombre de hashtags haineux désindexés par Twitter sur demande des Français. Dont un le jour du mariage du premier couple homosexuel à Montpellier.

>> A écouter aussi ce dimanche, à 8H15, sur Europe 1, le dernier sujet de l'été du "Grand Surf" reviendra sur la boulette de @MACarlotti, le compte Twitter de la ministre chargée des Personnes handicapées a mis en ligne trop vite des annonces sur les effectifs policiers à Marseille. Avant que Jean-Marc Ayrault ne le fasse.

Du rab sur le Lab

PlusPlus