Le multiplex politique du 4 octobre avec Sapin, Guaino, Bayrou, Juppé, Bartolone et Royal

Publié à 10h21, le 04 octobre 2015 , Modifié à 19h00, le 04 octobre 2015

Le multiplex politique du 4 octobre avec Sapin, Guaino, Bayrou, Juppé, Bartolone et Royal
Montage le Lab © AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE – C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre, voire plus, pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce 4 octobre : Michel Sapin, Henri Guaino, François Bayrou, Alain Juppé, Claude Bartolone et Ségolène Royal.

  • Seconde partie

>> Ségolène Royal dans C Politique sur France 5



#Intempéries

Les inondations sur la Côte d'Azur ont fait au moins 17 morts et quatre disparus dans la nuit de samedi à dimanche. Certains voient dans ce phénomène météorologique l'illustration du réchauffement climatique. Ségolène Royal, elle, est plus nuancée. "Il y a toujours eu des catastrophes", commence-t-elle, évoquant les grandes inondations du début du XXe siècle.

Mais quand même, le réchauffement climatique a bien une incidence sur ce type de catastrophes, notamment dans leur fréquence. La ministre de l'Écologie se veut donc très pédagogue :

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Le réchauffement climatique, ce n'est pas seulement quelque chose qui est plus chaud, c'est aussi des perturbations climatiques plus violentes. Ça peut être des vagues de froid très violentes paradoxalement.

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#Youpiii

Le budget alloué au ministère de l'Écologie est en baisse. Ce qui est quelque peu surprenant à quelques semaines de la Cop21. Mais pas pour Ségolène Royal qui se réjouirait presque de cette diminution. Elle explique :

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Les Français veulent moins d'impôts, les Français veulent moins de dépenses publiques, les Français veulent moins de gaspillage. Et donc si personne ne s'y met, mais qui va s'y mettre ? Eh bien je l'assume. J'estime que j'ai la capacité de faire mieux en dépensant moins. Et c'est ce que je suis en train de faire. Je fais mieux en dépensant moins. Il y a belle lurette que j'ai cessé de penser que le pouvoir ministériel dépendait du taux d'augmentation de son budget.

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Et Ségolène Royal de rappeler qu'elle a été "à la tête d'une région" où, dit-elle, elle a montré que l'on pouvait diriger "sans augmenter les impôts".

Amusée, elle note quand même qu'il est rare qu'un ministre se réjouisse de la baisse de ses crédits. "Ça ne s'est jamais vu, c'est une grande première", rigole-t-elle. Effectivement, Delphine Batho s'était faite virée du gouvernement, en juillet 2013, après avoir osé critiquer sur RTL la baisse du budget du ministère de l'Écologie qu'elle occupait à l'époque.

#Rep a sa Morano

Ségolène Royal trouve que l'on a *un peu* trop parlé de "l'affaire" Nadine Morano. Mais cela ne l'empêche pas de critiquer les propos de l'ancienne ministre sur la "race blanche" de la France. Forcément, la socialiste n'est pas du tout d'accord :

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Il n'y a qu'une seule race, c'est la race humaine. Il y a des couleurs de peau différentes mais il n'y a qu'une seule race, c'est la race humaine. C'est aussi simple que ça. Nous sommes tous constitués de la même façon, nous avons les mêmes organes, les mêmes cerveaux.

 

"

Et la ministre de l'Écologie de rappeler que "le racisme est réprimé et sanctionné par la République, donc ce sont deux choses différentes". 

 

  • Première partie

>> Alain Juppé au Grand Jury, RTL, LCI, Le Figaro

#Catastrophe

Alain Juppé est interrogé sur les écrivains, penseurs, éditorialistes déclinistes qui ne cessent de critiquer la France actuelle, à l'image d'Alain Finkielkraut ou d'Éric Zemmour. Et le maire de Bordeaux prend ses distances expliquant que cette pensée est une "véritable catastrophe". Il dit :

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C'est une véritable catastrophe d'entendre ces intellectuels nous prédire la fin du monde, l’effondrement de la civilisation occidentale, le 'c'était mieux hier'. Je n'accepte pas ça. Ce qui me rassure profondément, c'est que, quand je suis devant des jeunes et j'en vois beaucoup en ce moment [...], ils ne partagent absolument pas cette vision, ils sont optimistes, ils ouverts sur le monde.

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Une manière de rappeler que son crédo pour 2017 c'est "l'identité heureuse".  

#Traquenard

Alain Juppé évoque les reformes économiques qu'il compte mettre en place pour la France s'il accède au pouvoir en 2017. L'âge légal du départ à la retraite est notamment un sujet de débat au sein de Les Républicains. Si Nicolas Sarkozy prône pour une retraite à 63 ans, Alain Juppé, lui, plaide pour un report à 65 ans. De quoi trouver Nicolas Sarkozy "un peu frileux" l'interroge la journaliste ? Il répond :

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Vous voyez, tout de suite, si je vous dis oui, le truc qui va sortir à l'AFP, "Juppé trouve Sarkozy frileux". Je vois le piège.

"

"Mon adversaire n'est pas Nicolas Sarkozy" répète ainsi le maire de Bordeaux. 

#Rassemblement

C'est le grand thème d'Alain Juppé : rassembler les Français. Tous les Français. Alors, lorsqu'il évoque ce rassemblement, il regarde à gauche mais aussi au FN. Il dit :

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Je vais vous dire, ma volonté de rassemblement, elle va au-delà. S'il y a des déçus de François Hollande, qu'ils nous rejoignent. Et s'il y a des électeurs du Front national qui ouvrent les yeux sur l'inanité et la dangerosité du programme de leur parti, ils sont les bienvenus.

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>> Henri Guaino dans Agora, France Inter et l'Obs

#24h Chrono

Henri Guaino est fan de 24h Chrono, la série d'espionnage avec le personnage de Jack Bauer. Surtout parce que c'est différent de la politique. Il dit :

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Oui, j'adore. Bah j'adore. Je prends du plaisir, ça me change, ça me distrait. Dans ces séries, tout est toujours réussi, on trouve toujours le coupable, on arrive à toujours empêcher au dernier moment l'attentat terroriste, on empêche la fin du monde au moment où elle va se produire. Ça sort un peu de la politique où l'on n'empêche jamais rien.

"

"Je plaisante" finit-il par concéder. À moitié ?

#Bonne nuit

Henri Guaino, à l'image d'une grande majorité dans son parti, souhaite une intervention en priorité contre l'État islamique en Syrie avant de régler éventuellement le sort de Bachar-el-Assad : "il faut frapper Deach en Syrie", affirme-t-il. En revanche, l'avenir de Bachar-el-Assad lui passe un peu par-dessus la jambe. Il dit :

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L'avenir du régime de Bachar-el-Assad ne m'empêche pas, à l'heure actuelle, de dormir.

"

>> Michel Sapin au Grand Rendez-Vous Europe 1, iTélé, Le Monde

#Inondations en Alpes-Maritimes

Ce 4 octobre, les inondations en Alpes-Maritimes ont fait près de 16 morts et 3 disparus selon le dernier décompte fait par François Hollande à midi. Après François Hollande et Manuel Valls qui ont rendu hommage aux victimes, Michel Sapin a tenu à se joindre à cet hommage expliquant au passage que des fonds seront débloqués pour les victimes. Il dit :

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D'abord, après vous, dire combien je suis touché personnellement par les images, par les décès, par les disparus, par des familles dans la peine ou dans l’inquiétude. [...]


Le président de la République et le ministre de l'Intérieur se rendent là-bas, c'est à eux de faire les annonces nécessaires, mais vous le savez, il existe, en France, un système de solidarité, ça s'appelle le fonds d’indemnisations des catastrophes naturelles. Il sera évidemment, dans des conditions qu'il convient de préciser, mobilisé pour faire face à cette catastrophe.

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#Petit conseil en réalisation

Le documentaire d'Yves Jeuland, Un temps de président, diffusé lundi 28 septembre sur France 3 a permis de mieux connaître le quotidien de François Hollande et de son conseiller com', Gaspard Gantzer. Mais il n'a pas plu à Michel Sapin qui explique :

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Je l'ai vu et je n'ai pas aimé. En disant ça, ce n'est pas le réalisateur que je mets en cause qui est plutôt un bon réalisateur. Je n'ai pas aimé parce que pour moi, ce n'est pas ça l'exercice du pouvoir. Pour moi, l'exercice du pouvoir, ce n'est pas l'apparence du pouvoir. Ça peut intéresser, c'est anecdotique...

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Et d'ajouter :

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Ce que je sais de François Hollande, sa manière aujourd'hui d'être totalement dans l'action, dans la décision, dans la volonté d'aboutir à des résultats, ce n'est pas ce que j'ai vu. [...] C'est l'angle qui n'est pas bon. Moi, j'aime beaucoup la communication mais je n'aime pas la communication pour la communication, je n'aime pas les communicants pour les communicants.  

"

"François Hollande est un président qui décide" martèle le ministre. Qui décide avec Wikipédia ?  

#Ministre et producteur de miel

Michel Sapin n'est pas venu les mains vides dans les studios d'Europe 1 : comme l'explique Jean-Pierre Elkabbach, le ministre de l'Économie a apporté du "miel de Sapin", c'est-à-dire du miel préparé à Bercy où il a fait implanter des ruches. Oui, oui, au ministère de l'Économie et des Finances. Après en avoir offert au journaliste, il explique :

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Simplement pour dire, sur les toits de Bercy, qui paraît être un monument un peu minéral et un peu solide, il y a des ruches et il y a des abeilles parce qu'il faut protéger les abeilles. Parce que les abeilles, c'est aussi l'avenir de la planète.

"

>> Claude Bartolone au Supplément de Canal+ 



#Parce qu'on vient de loin

Claude Bartolone – qui est accessoirement en campagne électorale – n'a pas vraiment apprécié les mots d'Emmanuel Macron sur les fonctionnaires. Mais ce n'est pas parce qu'il veut gagner la région Île-de-France, non non. Si ces mots l'ont mis en colère, c'est parce que Claude Bartolone, lui, sait d'où il vient" :

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Moi je sais d'où je viens et je sais ce que représentent les services publics pour aider à des mômes à grandir comme celui que j'étais au moment où je suis rentré de Tunisie. Je sais ce que représente le service public quand vous n'avez rien. C'est le patrimoine de ceux qui n'ont pas de patrimoine. Et du coup, jeter l'opprobre sur une catégorie d'hommes et de femmes qui ne sont pas juste une catégorie de CSP, c'est une erreur.

 

"

Cette formule sur "moi je sais d'où je viens", le président de l'Assemblée nationale l'apprécie vraiment BEAUCOUP : il l'utilise à longueur d'interviews depuis la sortie d'Emmanuel Macron plaidant pour une réforme du statut des fonctionnaires. 

>> François Bayrou au 12/13 Dimanche sur France 3



#Ensemble, tout devient possible

Est-ce parce qu'il est presque un "phénomène de librairie" ? Toujours est-il que François Fillon fait (un peu) l'objet de convoitises. Sur France 3, François Bayrou, qui ne cache pas son soutien à Alain Juppé, se charge d'opérer le rapprochement entre les deux anciens Premier ministres.

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Aujourd'hui Alain Juppé est susceptible de l'emporter. Et si vous multipliez les candidatures contre lui, bah c'est évidemment affaiblir sa ligne. Ce que je souhaiterais c'est que François Fillon, qui et quelqu'un pour qui j'ai de l'estime, et Alain Juppé se retrouvent, se rassemblent. C'est à eux de voir mais je crois que c'est Alain Juppé qui est le mieux placé. Ça serait mieux qu'ils soient ensembles.

 

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Et François Bayrou d'expliquer que ce rapprochement préférerait d'éclaircir les lignes entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Parce qu'on le sait, l'ancien ministre de l'Éducation n'aime pas beaucoup l'ex-président qui, de son point de vue, ne peut pas rassembler la France. 

#MoranoGate

François Bayrou en a marre. Marre que certains, comme Nadine Morano, parlent de "races". "On entend ça partout, dans beaucoup de secteurs de l'opinion, fragiles". Et le président du Modem n'en pleut plus. "Ces histoire de races et de couleurs de peau, ça étouffe l'humanité depuis des millénaires et des siècles", estime-t-il.  Et, pour bien se faire comprendre sur la souffrance de l'humanité, le centriste prend deux exemples :

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Il y a des jeunes femmes superbes qui vont souffrir des supplices immenses pour se faire blanchir la peau. Il y a des enfants qui naissent et leur entourage trouve que la couleur de peau n'est pas exactement ce qu'il aurait souhaité. Tout ça nous asphyxie.  

 

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Une fois ces exemples donnés – sans autre explication ce qui peut potentiellement laisser le spectateur un peu circonspect… - François Bayrou considère que Nadine Morano, en parlant de la "race blanche" de la France, "n'a pas réfléchi" qui, sans doute, a cherché à séduire une certaine partie de l'opinion.  

[article édité au fur et à mesure des déclarations]

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