Le multiplex politique du 9 juillet avec Pénicaud, Estrosi, Hamon, Rugy, Corbière et Solère

Publié à 09h41, le 09 juillet 2017 , Modifié à 19h43, le 09 juillet 2017

Le multiplex politique du 9 juillet avec Pénicaud, Estrosi, Hamon, Rugy, Corbière et Solère
© Montage le Lab via AFP

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales de ce 9 juillet.

Au menu : Muriel Pénicaud au Grand Rendez-Vous Europe 1 / Les Échos / CNews, Christian Estrosi et Benoît Hamon à BFM Politique (BFMTV / Le Parisien / RMC), François de Rugy dans Le Grand Jury (RTL / Le Figaro / LCI) et Alexis Corbière et Thierry Solère au Talk de LCI.





  • Muriel Pénicaud


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# Mea culpa

Outre l'affaire Business France dans laquelle elle est mise en cause et le fond de la réforme du marché du travail qu'elle porte en première ligne, la ministre Muriel Pénicaud a récemment fait polémique en critiquant "un code du travail, qui, en gros, n’est fait que pour embêter 95 % des entreprises et sanctionner les 5 % qui ne se conduisent pas dans les règles". Une "maladresse", reconnaît-elle ce dimanche lors du Grand Rendez-Vous :

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Bon, mon expression n'était pas la plus adroite de la terre [rire], mais ce que j'avais voulu dire, c'est que le code du Travail, il est fait pour les grands principes, il est pas fait pour régler dans le détail tous les sujets de tout le monde. Et donc il faut un dialogue social à un autre niveau. Bon, je l'ai exprimé avec une certaine maladresse, je le reconnais.

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# Pas facile tous les jours

Dans l'affaire Business France, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour des chefs de favoritisme et recel de favoritisme. Muriel Pénicaud n'est pas ici nommément visée, mais elle l'est de fait, en tant que directrice générale de l'agence publique au moment de l'organisation de la fameuse soirée du 6 janvier 2016 à Las Vegas, en plein Consumer Electronics Show (CES), au cours de laquelle Emmanuel Macron avait rencontré des dirigeants de start-up françaises. La ministre du Travail est soupçonnée d'avoir enfreint la réglementation sur les marchés publics en ne faisant pas d'appel d'offres pour l'organisation de cet événement, confiée au géant de la communication Havas. Cette enquête est ouverte "contre X, pas contre moi", insiste cependant l'intéressée ce dimanche, qui dit par ailleurs :

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Je suis très sereine, pour plusieurs raisons. La première, c'est que je sais que j'ai rien à me reprocher sur ce sujet. Et je suis très confiante [quant au fait] que la justice [...], dans sa sagesse, saura le reconnaître. Après, une fois qu'on a dit ça, c'est dur, c'est pas agréable, c'est pénible. Mais moi je suis concentrée entièrement [...] sur la réforme pour laquelle je suis [nommé]. Je ne suis pas inquiète, je suis sereine. Après chacun dit ce qu'il veut, les commentaires sont libres.

 

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Elle affirme enfin ne pas avoir échangé avec Emmanuel Macron ces derniers jours à ce sujet : "Non, pourquoi, y'aurait besoin ?"

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  • François de Rugy
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# On verra ça, hein

C'est une pratique totalement nouvelle annoncée en début de mandature : tous les postes à responsabilité parlementaire détenus par LREM seront remis en jeu à mi-mandat, y compris la présidence de l'Assemblée nationale. Ce qui rentre *un tantinet* en contradiction avec la Constitution, mais passons. Dans deux ans et demi, le perchoir aujourd'hui occupé par François de Rugy sera donc de nouveau à prendre. Et alors que le patron des députés LREM Richard Ferrand avait assuré que les sortants ne pourraient pas se représenter pour ces postes, le nouveau président de l'Assemblée semble ne pas forcément l'entendre de cette oreille.

Sur LCI ce 9 juillet, François de Rugy se voit demander s'il a "accepté de ne pas se représenter" à la présidence du palais Bourbon lorsque son mandat sera remis en jeu. Et sa réponse est curieusement évasive :

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Cela n'a pas été dit ainsi dans le groupe mais ça fera partie de la discussion au bout de deux ans et demi, c'est normal.

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On dirait qu'une petite discussion à ce sujet s'impose donc, histoire de tirer tout cela au clair...

# VOST

"On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n'a pas une action résolue contre le réchauffement climatique." Cette phrase d'Emmanuel Macron visant Donald Trump et les États-Unis, prononcée samedi 8 juillet lors d'une conférence de presse en clôture du sommet du G20 à Hambourg, suscite un début de controverse. Tout le monde ne voit pas forcément où venait en venir le chef de l'État. Alors ce dimanche, le député LREM François de Rugy est invité à sous-tirer sa pensée, expliquant que le dérèglement climatique déstabilise certaines régions du monde et peut être source de conflits

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- François de Rugy : Ça a été pointé déjà depuis de nombreuses années, que par exemple la progression du désert dans le Sahel était un facteur de déstabilisation...



- Alexis Brézet (Le Figaro) : Non mais vous croyez que le Bataclan, Kouachi ou le père Hamel ont un lien avec le réchauffement climatique ?



- François de Rugy : Non mais d'accord mais c'est pas ce qu'il a dit. Il a pas dit que c'était le réchauffement climatique qui était le responsable du Bataclan. Moi j'en ai un peu marre aussi qu'on fasse des réductions ou des surinterprétations. Il a dit une chose qui est vraie, c'est qu'il y a des régions du monde qui sont déstabilisées par la crise climatique, par les effets concrets du dérèglement climatique. Au passage d'ailleurs, moi je le dis toujours, ce ne sont pas que des régions éloignées. La France elle-même, dans un certain nombre de régions de France métropolitaine, est touchée directement, aujourd'hui, par les conséquences du dérèglement climatique. Et donc ça, ça peut parfois amener à des réactions de radicalisation, etc. C'est une des causes, bien sûr c'est pas la seule ; les questions identitaires et les questions de radicalisation religieuse sont centrales évidemment, si on parle du terrorisme ou du djihadisme islamiste. Mais fermer les yeux sur les conséquences y compris en effet de déstabilisation de régions, de guerre que cela peut enclencher, de guerre de l'eau, parce que la ressource en eau dans certaines régions du monde va devenir de plus en plus dure [à trouver] et déjà dans une région comme la Syrie et l'Irak, c'est un enjeu majeur, y compris aussi en Israël. Eh bien ça, il faut le regarder en face.

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En 2015, François Hollande avait déjà lié de très près la lutte contre le terrorisme et la lutte contre le changement climatique. Une approche qui est d'ailleurs aussi celle de l'Académie Nationale des sciences américaine concernant la Syrie :





  • Christian Estrosi


# Suivez mes conseils

Christian Estrosi a un message à faire passer au gouvernement : écoutez-moi là où François Fillon ne m'a pas écouté. Invité de BFMTV, celui qui a, en quelque sorte, toujours était le "maire moral" de Nice a réagi à propos de cette intention de l'État de céder pour 10 milliards d'euros de participations, afin de financer l'innovation, comme l'a assuré Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, vendredi 7 juillet. Ayant été lui-même ministre de l'Industrie de juin 2009 à novembre 2010, l'innovation, Christian Estrosi, il s'y connaît, et c'est pourquoi il se permet d'expliquer comment "lui, ministre" aurait agi :

 

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Moi, ministre de l'Industrie, j'ai fait des propositions sur le financement de l'innovation à François Fillon qu'il a retoqué. Bon, c'est comme ça. J'ai de nouveau proposé qu'il les mette dans son programme à l'élection présidentielle, il ne les a pas mis. Au moment de la crise de 2008, j'avais mis le triplement du crédit impôts recherche (CIR). J'ai vu l'efficacité que le triplement du CIR a pu produire en faveur de l'investissement dans les entreprises, je me suis dit : 'Sur l'innovation, il faut faire pareil". C'est une proposition que je fais au gouvernement aujourd'hui.

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On ne sait pas si Edouard Philippe et Bruno Le Maire entendront l'appel de Christian Estrosi, mais pas sûr que la Cour des comptes apprécie, elle qui soulignait il y a peu l'innéficacité du CIR et la multiplication des fraudes que cela engendrait.

# On va pas faire comme les staliniens

Depuis que l'aile gauche de Le Républicains, qui se surnomment les "Constructifs", ont fait alliance avec l'UDI pour former un groupe à l'Assemblée, à droite, la guerre interne est déclarée. A tel point que ce dimanche, Thierry Solère affirme avoir "reçu [sa] convocation d'exclusion par courrier", comme tous ceux qui soutiennent l’exécutif et sa majorité. Un spectacle qui n'est guère au goût de Christian Estrosi, qui se réclame lui du "canal historique" :

 

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J'appartiens au canal historique du RPR, de l'UMP qu'a voulu Jacques Chirac pour faire une barrière sans la moindre porosité avec le FN, j'appartiens au canal historique de cette fondation des Républicains par Nicolas Sarkozy. Un grand mouvement populaire et pas un parti élitiste tel qu'on l'a transformé en quelques mois, replié sur lui-même.

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Alors ne comptez pas sur Christian Estrosi pour entamer une chasse aux Macron-compatibles. Une méthode qui lui rappelle l'époque de l'URSS :

 

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On parle d'exclusion, de dresser des bûchers en place de grève pour éliminer untel ou untel. Chez les staliniens, on disait : 'Le parti se renforce en s'épurant'. Moi, je ne crois pas qu'un parti puisse se renforcer et qu'on puisse préparer les victoires de demain de cette manière.

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Se traiter de "staliniens", voilà une fâcheuse habitude chez les Républicains. En 2015, Nadine Morano dénonçait les "méthodes staliniennes" de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui considérait que "race blanche", ça n'est pas une opinion. Cette même NKM qui dénonçait les "méthodes staliniennes" de son parti l'ayant exclue de sa direction.

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  • Benoît Hamon


# C'est pas que ma faute

Dure année pour le Parti socialiste. Benoît Hamon fait 6% à la présidentielle, puis le parti sort laminé des législatives, passant de 280 députés à 30. Depuis, le grand ménage a commencé, avec la nomination d'une nouvelle direction où Régis Juanico est le seul hamoniste à être encore admis, non sans douleur.

Mais pour Benoît Hamon, tout n'est pas de sa faute. Il en est d'ailleurs convaincu :

 

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C'est une étiquette, un bilan, qui a été sanctionné. Quelle que soit l'identité du candidat, les socialistes n'auraient pas gagné l'élection présidentielle. Je le crois intimement.

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Et celui qui a depuis créé son mouvement politique, le "Mouvement du 1er juillet", d'argumenter :

 

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Cette fin de cycle, elle se traduit par le résultat à l'élection présidentielle, par le résultat aux élections législatives, où tous les députés, quel qu'ait été leur regard sur le quinquennat, ont été sanctionné.

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En mai 2015, l'aile gauche du PS perdait au Congrès face à Jean-Christophe Cambadélis, et Christian Paul, Benoît Hamon et consorts, jugeaient que leur défaite n'était que dans les urnes, car ils l'emportaient "culturellement". En mai 2017, ils ont quasiment tout perdu. Mais ce n'est que partie remise, à en croire Benoît Hamon, qui lance :

 

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La responsabilité que j'ai prise, c'est que, convaincu de cela, il valait mieux semer, planter, pour jardiner ensuite des idées nouvelles. J'ai préféré nous projeter vers l'avant.

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  • Alexis Corbière


# C'est dégueulasse

Ça ne surprendra personne : Alexis Corbière, député La France insoumise, n'est pas en faveur de la politique fiscale que le gouvernement est en train de mettre en placeLui qui "ne possède rien à part un vélo" fait grand cas de ce qui touche aux porte-monnaie de ses concitoyens.

Ainsi, lorsqu'il est questionné sur sa vision de la fiscalité prônée par Edouard Philippe, notamment l'augmentation de la CSG et la suppression de l'ISF (cette réforme-là ayant été reportée à 2019), le député de Seine-Saint-Denis lance :

 

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Les classes moyennes, ceux qui gagnent 3000€ par mois, sont extrêmement sollicités sur le plan fiscal. C'est une évidence que la politique fiscale ne réglera pas leurs problèmes, au contraire. Baisser l'ISF, cadeau pour les plus riches, et augmenter la CSG : c'est honteux, immoral, scandaleux ! Les anciens qui ont voté Macron, si vous nous regardez, il va vous vider les poches. C'est dégueulasse ! C'est 'donne-moi ta montre, je te dirai l'heure'.

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Fidèle à lui-même, Alexis Corbière ne mâche pas ses mots. Mais l'important, c'est qu'il le reconnaît, du moins lors de cette interview.





  • Thierry Solère


# Ma légitimité > ta légitimité

Thierry Solère est partout, tout le temps, à croire qu'il a plusieurs frères-jumeaux. Sa mission : faire valoir sa position de "Constructif", à l'inverse de ses anciens collègues LR qui se placent dans l'opposition à l'exécutif. A cause de cela, Thierry Solère est menacé d'exclusion par le parti LR. Un comble, pour le député, qui y voit un problème de "légitimité" entre lui, réélu député, et ceux qui veulent l’exclure du parti et qui sortent d'une défaite à la présidentielle et d'une déroute aux législatives. Ainsi, Thierry Solère s'exclame :

 

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On a reçu une lettre disant qu'on envisageait des sanctions contre nous [les Constructifs, ndlr]. Ils sont complètement illégitime à ça, je vous rappelle que la direction des Républicains elle est assurée par intérim par des gens qui ont désignés François Fillon au lendemain de la primaire. Elle ne porte aucune légitimité. Moi, je suis député, je viens d'être réélu, donc je porte cette légitimité-là. [...] Des gens qui depuis 20 ou 30 ans gèrent tout ça et ont une vision assez archaïque de la société.

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