Macron évoque un "piège" de "l’appareil" et du "gouvernement" qui s’est refermé sur Hollande pour empêcher sa candidature

Publié à 10h02, le 04 décembre 2016 , Modifié à 10h03, le 04 décembre 2016

Macron évoque un "piège" de "l’appareil" et du "gouvernement" qui s’est refermé sur Hollande pour empêcher sa candidature
© ALAIN JOCARD / AFP

Emmanuel Macron a quitté avec fracas le gouvernement le 30 août. L’ancien ministre de l’Économie n’a pas attendu la décision de François Hollande pour se porter candidat à la présidentielle, sous l’étiquette "En Marche !". Cela ne veut pas dire, pour autant, qu’il compte taper à tout va sur son ancien n+1. Car dans la querelle qui oppose le Président et le Premier ministre, Emmanuel Macron est bien plus à l’aise pour attaquer Manuel Valls, avec qui il se dispute la modernité depuis deux ans.

Ainsi explique-t-il, dans Le JDD du 4 décembre, que certes François Hollande n’était pas le "candidat naturel" du PS, mais que ce dernier n’a pas été aidé par le gouvernement. Bien au contraire, il le tient quasiment pour responsable du renoncement jeudi du Président à briguer un second mandat. Il dit :

 

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Le Président a pris une décision très digne et courageuse, mais cela ne rebat absolument pas les cartes de la primaire. S’il avait été le candidat naturel, il n’y aurait pas eu de primaire. Regardons les choses en face : ces dernières semaines, un piège construit par l’appareil, et jusqu’au sein du gouvernement, s’est refermé sur lui pour qu’il ne soit pas candidat à la primaire.

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Et par "gouvernement", difficile d’entendre autre chose que Manuel Valls, à qui Emmanuel Macron a récemment donné une leçon de loyauté. "Je considère qu’il est même déjà allé trop loin. Quand on est Premier ministre d’un pays dont on dit qu’il est dans une situation historiquement grave, on ne tient pas ses propos sur le président de la République", avait-il grondé il y a tout juste une semaine.

Le fondateur d’"En Marche !" n’accuse pas explicitement le Premier ministre d’avoir tué le père. Mais les silences dans l’échange suivant en disent très long :

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- JDD : Vous vous attendiez à cette décision de Hollande ?



- Emmanuel Macron : [Brusquement, son ton se fait grave et lent.] Je ne m’attendais à rien parce que c’est quelqu’un de secret et d’inattendu.



- JDD : Est-ce Manuel Valls qui l’a tué ?



- Emmanuel Macron : Il appartient à chacun de se faire son idée. C’est François Hollande et ses proches qui le diront.



- JDD : Ils le disent déjà…



- Emmanuel Macron : [Silence.]



- JDD : Ils disent aussi que vous l’avez aidé…



- Emmanuel Macron : Je n’ai jamais manqué de respect au président de la République. J’ai eu des désaccords stratégiques que j’ai toujours assumés ouvertement. J’ai pris mes responsabilités et mes risques. J’aime les combats à visage découvert. Tout le contraire des tireurs couchés.



- JDD : Le tireur couché, c’est Valls ?



- Emmanuel Macron : [Silence.]

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Jeudi 1er décembre, François Hollande a annoncé en direct à la télévision qu’il ne serait pas candidat à sa succession. Une première dans l’histoire de la Vème République. Le chef de l’État, qui a longuement défendu son bilan, a toutefois estimé qu’il n’était pas en mesure de rassembler la gauche ni donc de faire gagner son camp en 2017.

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