Vote pour le mariage homo, mardi : Les députés en désaccord avec la ligne de leur parti

Publié à 16h29, le 30 janvier 2013 , Modifié à 09h17, le 12 février 2013

Vote pour le mariage homo, mardi : Les députés en désaccord avec la ligne de leur parti
Benoit Apparu ne suivra pas la ligne officielle de l'UMP (MaxPPP).

DIVERGENCES - Fidèles à leurs convictions, certains députés ne suivront pas la ligne de leur parti au moment de voter le projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels ce mardi 12 février.

Côté UMP, Christian Jacob a annoncé sur LCI le 29 janvier que "5 à 10% des députés du groupe" pourraient voter en faveur, alors qu’au PS, selon Bruno Le Roux, "trois ou quatre" sont susceptibles de s’y opposer.

Au lendemain de l’ouverture des débats à ce propos au Palais Bourbon ce mardi 29 janvier, Le Lab vous propose un listing des voix divergentes, à droite comme à gauche. Un article qui sera mis à jour.

A l’UMP, deux courants dissidents :

 

(MaxPPP)

Les députés qui voteront pour :

Franck Riester : Cosignataire d’une tribune sur le site internet du Journal du Dimanche avec sa collègue de l’UDI, Chantal Jouanno le 15 décembre, cet élu de Seine-et-Marne –qui a révélé son homosexualité en décembre 2011- a été le premier député UMPà exprimer ouvertement sa volonté de voir cette loi passer. Et longtemps le seul.

Benoist Apparu : Présenté, à droite, comme l’un des députés hésitants sur ce sujet par Franck Riester, le député de la Marne a finalement franchi le pas le 22 janvier dans les colonnes du Parisien. Pour "la reconnaissance de l’amour homosexuel", expliquait-il.

Ceux qui vont s’abstenir :

Lionnel Luca : Le député des Alpes-Maritimes a annoncé sa décision depuis plusieurs mois déjà. Le 12 octobre, dans une interview accordée à Paris Match, il s’est montré ferme : "Je vais m’abstenir". Lionnel Luca expliquait alors n’avoir "aucune envie de participer à un même cinéma", en allusion au Pacs, vivement critiqué par la droite au moment du vote, mais sur lequel elle n’est jamais revenue.

[Edit, 4 février] Bruno Le Maire : Hésitant à ce sujet depuis plusieurs mois déjà, il a annoncé officiellement son choix sur son blog, le 4 février. Une prise de position logique, après une déclaration annonciatrice le 30 janvier au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV/RMC. Sa justification suivait : "Les couples homosexuels doivent avoir les mêmes protections que les couples hétérosexuels."

[Edit, 7 février] Nathalie Kosciusko-Morizet : Comme Bruno Le Maire, la députée de l'Essonne a affiché sa volonté de s'abstenir le 4 février. Dans une interview datée du lendemain dans Libération, elle a précisé qu'il ne s'agit pas d'un "refus de choisir, mais une abstention militante et engagée". Elle veut ainsi montrer son "accord pour l'union de deux personnes de même sexe", et sa "détermination contre la porte ouverte à la PMA et la GPA."

[Edit, 11 février] Edouard Philippe : Le député-maire du Havre a attendu la veille du vote solennel pour officialiser sa prise de position. Dans un billet cosigné avec Nathalie Kosciusko-Morizet, et publié sur le Huffington Post ce lundi 11 février, Edouard Philippe explique son abstention : "Le mariage de personnes de même sexe viendra organiser, dans le droit, un engagement réciproque à fonder une union juridique respectable." Une décision qu'il avait déjà laissée entendre le 18 décembre en commission des lois.

[Edit, 11 février] Pierre Lellouche : Le député de la première circonscription de Paris a également annoncé sa décision le 11 février, soit la veille du vote. Dans un long billet publié sur blog, il détaille les raisons de ce choix pris à la dernière minute, comme "la protection" de "ces enfants qui vivent déjà au sein de familles homosexuelles".

Celle qui votera finalement contre :

[Edit, 12 février] Claudine Schmid : Elle a finalement opté pour la position largement majoritaire au sein de l'UMP. Après s'être abstenue sur le premier article du projet de loi, la députée de la sixième circonscription des Français de l'étranger va finalement voter contre le texte, d'après Le Figaro de ce mardi 12 février. Claudine Schmid avait pourtant longtemps hésité, comme l'avait indiqué Mediapart (lien payant) le 7 février dernier.

Au PS, deux dissidents :

(MaxPPP)

Jérôme Lambert : Le Charentais s’est déclaré dans les colonnes de La Croix, le 29 janvier, en citant le "problème" de "la filiation" qui doit, pour lui, rester "fondée sur l’altérité sexuelle". Il est l'un des rares à afficher cette position au sein du Parti socialiste.

[Edit, 4 février] Bernadette Laclais : Comme son collègue, la députée PS de Savoie émet certaines réserves sur la question de l'adoption. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 8 novembre 2012, puis une autre dans Le Dauphiné Libéré le 29 janvier, elle explique vouloir "remettre l'enfant au coeur des réflexions." C'est pour cela qu'elle ne votera pas ce texte "en l'état", dit-elle.

Au Front de gauche, un opposant :

(MaxPPP)

Patrice Carvalho : Sur les dix députés du Front de gauche, il est le seul qui se dit opposé au projet de loi Taubira. Un point de vue sur le mariage entre couples homosexuels que l’élu de l’Oise ne cache pas depuis plusieurs mois déjà.

Les Ultramarins du groupe GDR :

Selon André Chassaigne, le chef de file communiste du groupe parlementaire Gauche démocrate et républicaine (formé avec les dix élus du Front de gauche), les cinq députés d’outre-mer de gauchene devraient pas se prononcer en faveur du projet de loi. Mais rien ne dit, pour le moment, s’ils voteront contre ou s’ils s’abstiendront.

Et du côté de l’UDI ?

(MaxPPP)

Contrairement à tous les autres partis cités précédemment, l’Union des démocrates et indépendants n’a pas de position définie sur le projet de loi. Le président Jean-Louis Borloo a préféré parler d’une "liberté de conscience, une liberté d'expression et une liberté de vote" pour chacun de ses députés.

A l’UDI, ils sont trois à avoir annoncé de longue date leur intention de voter pour ce texte : Jean-Louis Borloo, Jean-Christophe Lagarde, et Yves Jégo qui ont tous fait leur annonce au dernier semestre de 2012.

[Edit, 7 février] Comme l'annonce Mediapart (lien payant), ils seront suivi par deux députés de Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomes et Sonia Lagarde.

[Edit, 12 février] Le reste du groupe devrait se positionner contre le texte, à l'image de Yannick Favennec qui s'est exprimé sur Twitter :

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