Quand Juppé balance le jour où Baroin lui a confié vouloir "quitter l'UMP" à cause de la "dérive droitière".

Publié à 17h30, le 06 octobre 2016 , Modifié à 17h30, le 06 octobre 2016

Quand Juppé balance le jour où Baroin lui a confié vouloir "quitter l'UMP" à cause de la "dérive droitière".
© © ERIC FEFERBERG / AFP

Les relations entre Alain Juppé et François Baroin étaient déjà difficiles. Elles ne sont pas prêtes de s’améliorer. Dans une interview à Paris Matchen kiosque ce jeudi, le candidat à la primaire de la droite est interrogé sur le choix du sénateur et maire de Troyes de soutenir Nicolas Sarkozy dans l’optique du scrutin de novembre. Les journalistes lui demandent s’il "regrette que François Baroin soit déjà pris". Ce à quoi Alain Juppé répond :

 

 

Sa décision m’a surpris. Je me souviens qu’un jour il est venu me voir pour me dire: 'Je vais quitter l'UMP. Je n’en peux plus de cette dérive droitière'.

Le maire de Bordeaux tente d'appuyer là où ça fait mal. Connu pour ses positions plutôt modérées, François Baroin n’a donc toutefois pas hésité à soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à la primaire, décision officialisée le 5 juin dernier. Au grand dam d’Alain Juppé, qui aurait bien voulu, lui aussi, pouvoir compter sur l’un des principaux ténors du parti Les Républicains. Le maire de Bordeaux estime donc dans Paris Match que le choix de François Baroin semble incohérent par rapport à ses positions.

On ne sait en revanche pas à quelle période fait référence Alain Juppé. Le favori des sondages évoque peut-être les législatives de 2012. Au lendemain du second tour du scrutin,  le 18 juin, plusieurs poids lourds de l’UMP avaient en effet critiqué la "droitisation" du parti, à l’image de François Baroin. Ce dernier avait déclaré sur RTL :  

 

 

L'UMP c’est le refus des extrêmes, l'UMP n'a pas à aller braconner sur telle ou telle terre.

Dans une interview accordée à l’Expressun an plus tard, fin mai 2013, François Baroin en remettait une couche : "Il y a aujourd’hui, à la droite de l’UMP, une trop grande porosité avec les positions traditionnelles de l’extrême-droite, que ce soit sur le protectionnisme, les sujets de société ou encore l’Europe".

Ce n’est pas la première pique d’Alain Juppé adressée à François Baroin. En juin, sur BFMTV, l’ex-ministre des Affaires étrangères avait précisé qu’il ne comptait pas aller à la présidentielle avec un ticket de "premier ministrable". Une allusion direct au fait que François Baroin devrait être le futur Premier ministre de Nicolas Sarkozy dans l'hypothèse où l’ex-chef de l’Etat remporte la présidentielle de 2017. "Je prendrai des gens qui seront animés par le désir de servir plus que par le désir de se venger", avait alors affirmé Alain Juppé. Quant à François Baroin, il avait déclaré en avril qu'il "ne travaillera plus jamais" pour Alain Juppé, "même s'il est élu président". 

La fâcherie entre les deux hommes, qui remonte à 1995 lors du départ contraint du gouvernement Juppé I de François Baroin, se poursuit donc. La suite au prochain épisode. 

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