Sergio Coronado et Daniel Fasquelle répondent aux critiques sur leur live-tweet de l'audition de Jérôme Cahuzac

Publié à 17h02, le 27 juin 2013 , Modifié à 17h16, le 27 juin 2013

Sergio Coronado et Daniel Fasquelle répondent aux critiques sur leur live-tweet de l'audition de Jérôme Cahuzac
Sergio Coronado et Daniel Fasquelle (montage Le Lab via Maxppp)

PAN SUR LES DOIGTS - "Inacceptable". Charles de Courson, le président UDI de la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, n'a pas apprécié que deux députés livrent leurs commentaires en tweetant pendant l'audition de l'ex-ministre. La veille au soir, c'est Jean Glavany, député PS proche de Jérôme Cahuzac, qui jugeait ce comportement "inadmissible".

Absurde, répondent ce jeudi ces députés au Lab. L'UMP Daniel Fasquelle et l'écolo Sergio Coronado s'entendent sur un point : dès lors que l'audition était publique, tout peut se dire sur Twitter. Le député Europe écologie-Les Verts explique :

Si Charles de Courson voulait un conclave, il fallait qu'il s'en donne les moyens et organise un huis clos. Je n'aurais rien trouvé à redire.

En l'occurrence, l'audition était publique. J'ai tweeté comme je le fais depuis l'hémicycle ou depuis mon bureau quand je suis une audition à la télévision.

Daniel Fasquelle établit également une nette distinction entre le huis clos et l'audition publique :

Mes tweets correspondent à ce que j'ai dit durant l'audition, je ne comprends pas où est le problème. C'est très différent d'une réunion interne, à huis clos, où les tweets ne doivent pas fuiter. On doit en revanche pouvoir commenter à chaud une audition publique.

Dans ses tweets, Daniel Fasquelle a commenté l'audition de Jérôme Cahuzac, la jugeant inutile :

Sergio Coronado a quant à lui commenté plusieurs déclarations de l'ex-ministre, notamment lorsque celui-ci a affirmé qu'il n'avait pas encore signé avec une maison d'édition pour son ouvrage de confidences :

Et a résumé à sa façon l'audition :

Autant de commentaires inadmissibles pour Jean Glavany. Invité du Grand journal, le député PS a partagé le point de vue d'Anne Sinclair, directrice éditoriale du Huffington Post, et a estimé qu'ils étaient contraires au "devoir de réserve" des membres de la commission.

Tout aussi absurde, rétorquent les deux parlementaires visés qui ne manquent pas de souligner que le président de la commission a été le premier à commenter l'audition de Jérôme Cahuzac devant la presse, l'accusant même d'avoir "menti"à certains moments.

"Ah bon ? On a fait jurer aux membres de la commission de ne pas s'exprimer ?", s'amuse Sergio Coronado :

Au fond, on nous reproche d'avoir donné notre sentiment. Mais tout le monde le fait. La différence, c'est qu'on le fait sur Twitter.

Daniel Fasquelle est sur le même air ["Un devoir de réserve ? C'est écrit où?"] et juge au contraire qu'il est du devoir du parlementaire de donner son avis :

On ne demande pas aux députés d'être sur la réserve dans une commission mais bien incisifs. On est là pour bousculer les interlocuteurs. C'est donc la moindre des choses de s'exprimer.

Attention à la confusion entre la fonction de magistrat et celle de parlementaire dans une commission.

Les deux hommes ne pensent pas que le débat va s'éterniser. "C'est une rechute après celui qu'on a eu lors du mariage pour tous", estime Sergio Coronado, en référence aux demandes de certains députés  à l'époque d'interdire les tweets dans l'hémicycle. Claude Bartolone avait alors tranché: les tweets ne sont pas interdits de séance.

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