Marine Le Pen défend la préservation de l'État de droit après l'attentat dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray

Publié à 16h01, le 26 juillet 2016 , Modifié à 16h01, le 26 juillet 2016

Marine Le Pen défend la préservation de l'État de droit après l'attentat dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray
Marine Le Pen © Florence Cassisi / AFP

Les politiques réagissent après l'attaque terroriste perpétrée ce mardi 26 juillet, dans une égalise, à Saint-Etienne-du-Rouvray(Seine-Maritime). Certains adressent leurs prières aux victimes. D'autres ciblent le laxisme du gouvernement face au terrorisme islamiste. D'aucuns s'illustrent par leur retenue et appellent à ne pas tomber dans le piège de la guerre de religions...

Marine Le Pen, de son côté, cible "tous ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans".

Cette attaque n'est pas surprenante : à chaque attentat, la présidente du Front national pointe du doigt la responsabilité du Parti socialiste et de Les Républicains.

Cette fois, cependant, la candidate à l'élection présidentielle trouve une nouvelle manière de s'opposer à la droite. Après avoir entendu Nicolas Sarkozy s'insurger contre les "arguties juridiques" qui freinent la lutte contre le terrorisme, Marine Le Pen appelle à… la préservation de l'État de droit.

Dans un communiqué diffusé en début d'après-midi, la présidente du FN écrit :

Les Français demandent, et je me fais leur porte-parole : quand enfin le pouvoir va-t-il prendre les mesures qui s’imposent et mettre fin aux décennies d'aveuglement et de laxisme qui ont conduit la France là où elle est ?



Car il faut rappeler que la réponse est politique et que la préservation de l'Etat de droit, indispensable, et sur laquelle nous ne transigerons pas, passe d'abord par l'application des lois et des peines.

Et Marine Le Pen de rappeler qu'au "nom du contrat social qui fonde notre République, le gouvernement est le seul et unique dépositaire de la légitimité et du pouvoir de protéger le peuple contre les actes commis contre lui".

En creux, on devine les attaques que pourrait lancer la présidente du FN. Selon Le Point, l'un des deux terroristes était connu des services antiterroristes. Il avait notamment été arrêté en Turquie en mars 2015 alors qu'il tentait de gagner la Syrie, puis condamné. Il était assigné à résidence et devait porter bracelet électronique.

Marine Le Pen se pose donc en garante de l'État de droit, du "contrat social", de la "cohésion nationale" et de la "paix civile". Mais un État de droit qui applique le droit, donc. La responsabilité du gouvernement "serait historique s'il se maintenait dans une inaction qui pourrait entraîner la mise à mal de la cohésion nationale ou pire de la paix civile", ajoute-t-elle.

Mi-juillet, quelques jours après l'attentat de Nice, plusieurs élus Les Républicains avaient remis en cause l'État de droit. "Si vous aviez vu les cadavres sur la Promenade des Anglais, je crois que vous ne me poseriez pas cette question, parce que eux ils n'en parlent plus de l’État de droit, madame", avait ainsi déclaré député LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti.

"Votre réponse à vous, c'est laquelle ? Convention européenne des droits de l'homme. Attention, nous allons porter atteinte à leurs libertés personnelles. Attention, on ne peut pas prendre de mesures privatives de liberté. Attention, ce n'est pas compatible avec la Constitution. Mais changez le droit !" avait quant à lui lancé le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez à Manuel Valls. David Douillet, député LR des Yvelines, avait quant à lui fustigé la gauche qui est "figée dans une posture en se réfugiant systématiquement derrière cette sacro-sainte Constitution".

Quant à Nicolas Sarkozy, il a expliqué, ce mardi, qu'il fallait se monter "impitoyable" dans la lutte contre le terrorisme. "Nous devons être impitoyables. Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles", a déclaré l'ancien chef de l'État lors d'une déclaration télévisée.

Marine Le Pen n'embraye donc pas sur ce chemin. Son objectif est plutôt de cibler les bilans de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Depuis 2007, "la dérive islamiste n'a connu aucune entrave et la montée de la délinquance qui lui sert de vivier aucun ralentissement ; nous connaissons aujourd'hui les conséquences de l'inaction de tous les gouvernements successifs", ajoute-t-elle avant de répéter ses propositions, comme elle l'avait fait le 15 juillet, au lendemain de l'attentat perpétré sur la Promenade des Anglais, à Nice.

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