Pour critiquer Philippot, Marine Le Pen reprend l'un des arguments favoris de... Philippot contre ses opposants

Publié à 15h50, le 29 septembre 2017 , Modifié à 16h36, le 29 septembre 2017

Pour critiquer Philippot, Marine Le Pen reprend l'un des arguments favoris de... Philippot contre ses opposants
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Image Etienne Baldit


COPYRIGHT - Lorsqu'il était encore le tout-puissant numéro 2 du Front national, Florian Philippot avait un argument tout près à dégainer à chaque question sur les critiques internes au parti : ceux qui les émettaient n'étaient que des aigris frustrés de ne pas avoir reçu d'investiture FN pour une quelconque élection. Ironie de l'histoire, c'est aujourd'hui exactement le même argument qu'utilise Marine Le Pen contre son ancien lieutenant et les fidèles qui le suivent dans ses nouvelles aventures.

Dans La Voix du Nord vendredi 29 septembre, la présidente du FN est interrogée sur la transformation de l'association de Florian Philippot, Les Patriotes, en parti politique. "Que sont Les Patriotes ? Un club de potes. Or, un parti ce n’est pas un club d’amis", flingue d'abord Marine Le Pen, dans un nouvel exemple de la violence qui s'exprime au Front dès qu'une rupture est actée.

Marine Le Pen évoque ensuite la scission du groupe FN au Conseil régional du Grand Est : 11 des 46 élus frontistes, dont Florian Philippot, y ont créé leur groupe Les Patriotes. La candidate à la présidentielle dégoupille :

On a là six personnes, dont son père [Daniel Philippot, ndlr], qui expriment une frustration en terme d’investitures aux élections.

On passera sur la petite vacherie sur le côté familial de la chose, qui ne manque pas de sel venant de l'une des trois représentantes de la dynastie Le Pen qui règne sur le Front national depuis 40 ans. Mais on ne peut réprimer une grosse impression de déjà-vu à la lecture du second argument de Marine Le Pen, concernant une possible "frustration en terme d’investitures aux élections" des fidèles de Florian Philippot.

Jugez plutôt, en vous remémorant ce que ce dernier disait des frontistes qui protestaient contre l'éviction de Jean-Marie Le Pen, à l'été 2015 :



Ce sont tous les gens qui il y a trois semaines grattaient à notre porte pour être investis aux élections régionales de décembre, et puis comme ils ont vu qu'on voulait pas d'eux parce que voilà, il y a d'autres personnes plus compétentes, eh bien aujourd'hui subitement ils trouvent tous les défauts du monde au Front national de Marine Le Pen. Voyez, donc tout cela n'est pas très crédible, ça sent le ressentiment. Non, il y a un mouvement unanime, uni derrière Marine Le Pen sa présidente [...]. En général, quand on n'est pas investi, on devient aigri (rire).

Il faut dire qu'en tant que vice-président du FN chargé de la stratégie et de la communication, Florian Philippot a, ces dernières années, mis en musique les idées de la présidente du parti et développé ses principaux argumentaires. Si l'homme est parti, les vieilles habitudes ne meurent visiblement pas aussi vite... Il ne manquerait plus que Marine Le Pen se mette à dénigrer Florian Philippot en le qualifiant de "rageux", et la boucle serait bouclée.

À noter que ce procès en frustration liée à une non-investiture n'est pas une technique réservée au Front national :





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