Sarkozy s'interroge sur le cas Guaino auprès de Fillon : "Tu crois vraiment qu'il est sarkozyste ?"

Publié à 17h54, le 20 mai 2015 , Modifié à 20h02, le 20 mai 2015

Sarkozy s'interroge sur le cas Guaino auprès de Fillon : "Tu crois vraiment qu'il est sarkozyste ?"
Etre ou ne pas être sarkozyste, telle est la question © Montage le Lab via AFP
Image Etienne Baldit


DOCTEUR HENRI ET MISTER GUAINO - Avant, il était le plus sarkozyste des sarkozystes. Mais depuis quelques temps, Henri Guaino n'hésite plus à se démarquer des positions de Nicolas Sarkozy. Ce qui semble tracasser ce dernier.

Avant la composition de l'organigramme des futurs "Républicains", le président de l'UMP a discuté du cas du député des Yvelines avec François Fillon, rapporte L'Express mercredi 20 mai. Et si leurs relations ne sont pas au beau fixe, cela n'a pas empêché Nicolas Sarkozy d'interroger son ancien "collaborateur" de but en blanc, selon l'hebdomadaire :



Tu crois vraiment qu'il est sarkozyste ?

Il faut dire qu'Henri Guaino s'est lâché, dernièrement. Farouchement opposé à l'instauration de menus uniques dans les cantines scolaires (défendus tout aussi farouchement par le successeur de Jean-François Copé), l'ancien lieutenant fidèle avait notamment estimé, en bureau politique de l'UMP :



Il ne faut pas dresser les gens les uns contre les autres, on ne va pas reconstruire une nation de cette façon

Une attaque répétée peu ou prou dans les mêmes termes mais cette fois publiquement, dans les colonnes de Libération quelques jours plus tard :



[En] attisant les feux de la colère, [on ne fait] que nourrir la défaite morale qui précède la défaite politique.

Une remarque en passant, sans citer Nicolas Sarkozy, mais c'était tout comme.

Avant cela, avant même que Nicolas Sarkozy ne revienne dans l'arène politique, Henri Guaino s'était élevé contre sa stratégie de reconquête de l'UMP, qu'il estimait pas au niveau d'un ancien chef de l'État. Bien évidemment, il l'avait ensuite soutenu dans sa démarche, allant jusqu'à reprendre du service en tant que plume et lui donner quelques petits conseils pour sa campagne.

Malgré toutes ces critiques, il y a donc peu de chances qu'Henri Guaino fasse défection. Car qui rejoindre ? François Fillon, dont il estime qu'il s'est éloigné du gaullisme qui lui sert de référence absolue ? Alain Juppé, dont il fustige "l'épouvantable arrogance" ?

Non, vraiment, il est aussi bien avec Nicolas Sarkozy. Enfin, tant qu'il reste à l'UMP. Et qu'il ne cède pas aux sirènes du Front national et notamment de Florian Philippot, qui estime que son "courant de pensée souverainiste" est plutôt compatible avec la ligne frontiste.

Du rab sur le Lab

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