Attentats : François Hollande ne voulait surtout pas froisser Nicolas Sarkozy

Publié à 16h24, le 17 janvier 2015 , Modifié à 16h25, le 17 janvier 2015

Attentats : François Hollande ne voulait surtout pas froisser Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy, François Hollande et Carla Bruni-Sarkozy sur le perron de l'Élysée, dimanche 11 janvier © MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

UNION NATIONALE - Du respect entre chefs d'État, actuels et passés. En première ligne pendant la gestion des attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher, François Hollande n'en a pas pour autant oublié de ménager son prédécesseur à l'Élysée. Dès mercredi 7 janvier, le président de la République a ainsi témoigné de sa considération envers Nicolas Sarkozy, comme le rapporte Le Monde, samedi 17 janvier.

Après son allocution télévisée, François Hollande commence, entouré de son staff, à envisager la suite politique à donner aux événements, désireux de "maintenir cet esprit d'unité nationale", raconte le quotidien. Après avoir appelé Angela Merkel, David Cameron, Barack Obama et Vladimir Poutine, il prend contact avec Nicolas Sarkozy, qu'il "entend traiter avec le plus grand soin", selon le journal du soir.

Il "compose lui-même le numéro de son prédécesseur et adversaire", écrit Le Monde, qui rapporte ce que François Hollande dit alors à Nicolas Sarkozy :

"

Tu fais comme tu veux, mais je te propose de te recevoir en premier. Dans le format que tu veux.

"

Dès le lendemain, le président de l'UMP rencontre donc son successeur au Château. Une volonté de ne pas froisser Nicolas Sarkozy, symbolique de la concorde nationale, qui se manifestera également dimanche 11 janvier lorsque, reçu à nouveau sur le perron de l'Élysée, le chef de l'opposition obtiendra de François Hollande de rester sur place afin d'accueillir, en même temps que le président de la République et devant photographes et caméras, les anciens Premiers ministres de droite François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et Édouard Balladur.

Le président de l'UMP, qui ne se connaît pas d'autre interlocuteur que François Hollande (et surtout pas Jean-Christophe Cambadélis), n'a pu qu'en être touché. D'ailleurs, les marques de respect ont été réciproques durant cette période de crise.

Au lendemain de la marche historique en mémoire aux victimes des attentats, Nicolas Sarkozy a en effet décerné quelques bons points à François Hollande. Lundi 12 janvier sur RTL, il estimait ainsi que le chef de l'État avait "fait ce qu'il fallait faire" depuis l'attaque contre Charlie Hebdo. Pas un hommage appuyé, mais la reconnaissance de l'action de celui qui l'a privé d'un second mandat.

La compétition entre les deux hommes n'est pas terminée pour autant. Il n'y a pas si longtemps, François Hollande confiait en privé son envie de disputer un "match retour" contre Nicolas Sarkozy. Début décembre, ce dernier estimait pour sa part que "François Hollande est politiquement mort, mort de chez mort".

Le retour à un affrontement plus direct entre les anciens adversaires de 2012 n'est qu'une question de temps.

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