Emmanuelle Cosse, la patronne d’EELV, pas enthousiasmée par la main tendue de Jean-Luc Mélenchon

Publié à 16h31, le 23 janvier 2015 , Modifié à 17h50, le 23 janvier 2015

Emmanuelle Cosse, la patronne d’EELV, pas enthousiasmée par la main tendue de Jean-Luc Mélenchon
Emmanuelle Cosse et Jean-Luc Mélenchon © Montage AFP

LIGNE DE CRÊTE - Entre les deux tendances qui structurent Europe Ecologie-Les Verts (EELV), soutien ou contestation de l’exécutif, pas toujours facile de savoir où se situe Emmanuelle Cosse. Et pour cause, concilier les points de vue contraires du pro-gouvernement Jean-Vincent Placé et de Cécile "en voie de radicalisation" Duflot tient parfois du numéro d’équilibriste.

Au cours d’une rencontre avec quelques journalistes jeudi 22 janvier, à laquelle participe le Lab, Emmanuelle Cosse livre pourtant quelques indications sur son positionnement personnel. Concernant Jean-Luc Mélenchon d’abord. Ses récurrentes mains tendues aux écologistes lui inspirent un enthousiasme, disons, modéré. Ciblés, le parler "cru et dru" du fondateur du Parti de gauche (PG) et ses appels à en découdre avec la majorité :

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J’ai une divergence de point de vue avec Jean-Luc Mélenchon : je ne crois pas à la guerre des gauches.

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Une divergence de taille, puisque l'eurodéputé refuse aujourd’hui tout compromis électoral avec ceux qu'il surnomme les "Solfériniens". En guise de contre-exemple, "Emma" Cosse se félicite d'ailleurs de ses relations de travail avec toutes les tendances de la gauche au Conseil régional d’Ile-de-France, dont elle est vice-présidente en charge du Logement (et dont elle pourrait briguer la tête aux régionales de fin 2015, même si rien n’est encore décidé) :

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Il faut savoir se frotter à des socialistes avec qui on n’est pas d’accord, comme je me frotte à des communistes qui ne sont pas d’accord avec moi. Ma position, c’est d’être pour le rassemblement de tous ceux qui sont ouverts à la discussion.

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Mais pas à n’importe quel prix. La cheffe des Verts se veut lucide :

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Certains au PS ou au Front de gauche voudraient nous utiliser pour s’adjoindre un supplément d’âme écologiste.

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Une mise-en-garde à l’adresse de ceux qui, comme Cécile Duflot, ont entamé un début de rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon ? Pas du tout, assure Emmanuelle Cosse, qui juge que "bien sûr", l’ex-patronne des Verts a bien fait de se rendre lundi 19 janvier au meeting de soutien à Syriza, la gauche radicale grecque, aux côté des mélenchonistes et des communistes.

Ce qui n’empêche pas la secrétaire nationale de prendre (un peu) ses distances avec cette grand-messe de la "gauche alternative", en accusant à mots couverts le Front de gauche de tirer la couverture à soi :

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J’ai dit que j’étais mal à l’aise avec l’idée qu’on utilise l’expérience grecque pour laisser entendre qu’on y est pour quelque chose.

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Jean-Vincent Placé, qui s’active en coulisses pour un retour des Verts aux responsabilités, ne devrait pas triompher trop vite pour autant. Rien n’est gravé dans le marbre, prévient la secrétaire nationale d’EELV, qui pose ses conditions :

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Moi je pense toujours que les écolos ont vocation à être au gouvernement, mais seulement avec un contrat de gouvernement et un plan d’action clair. Et pas au détriment de l’écologie.

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Ce même 22 janvier, paraissait sur Mediapart une tribune collective appelant à une "alternative à gauche" et critiquant un président qui "a mis en oeuvre une politique qu'il dénonçait hier". Un texte paraphé par Jean-Luc Mélenchon et Emmanuelle Cosse, mais aussi par une multitude de personnalités associatives ou de la société civile. Signe que pour la cheffe des écolos, l'option d'un tête-à-tête avec le Front de gauche n'est pas privilégiée.

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