Stigmatiser le FN ? Jean-Marc Ayrault prend le contre-pied de Manuel Valls

Publié à 10h00, le 16 mars 2015 , Modifié à 10h10, le 16 mars 2015

Stigmatiser le FN ? Jean-Marc Ayrault prend le contre-pied de Manuel Valls
© PATRICK KOVARIK / AFP

JM LES BONS TUYAUX - Le credo de Manuel Valls et de son gouvernement pour les élections départementales est simple : faire du FN l’ennemi public numéro 1 et stigmatiser Marine Le Pen, comme l’a revendiqué le Premier ministre. "Le vrai sujet de ces départementales, c'est le score que le FN peut faire", a renchéri la secrétaire d’Etat Laurence Rossignol.

Erreur, répond en substance ce lundi 16 mars Jean-Marc Ayrault, peu loquace dans les médias depuis son départ de Matignon mais qui accorde ce lundi une interview à Ouest-France à quelques jours du premier tour des élections départementales. Car l’ancien Premier ministre prend le contre-pied de son successeur et distille ses petits conseils.

"Le FN s’étend, se nationalise, mais en nombre de voix, il ne progresse pas partout. C’est surtout l’abstention de gauche qui progresse et de nombreux départements qui risquent de basculer à droite", commence par expliquer celui qui est redevenu, non sans mal, simple député. Il ajoute :

Nous devons faire de la pédagogie sur ce que nous faisons, démonter point par point les propositions de l’UMP et du FN et écouter les messages qui nous sont adressés. Et ce qui doit être au centre de cette élection, ce n’est pas le Front national, c’est le choix de majorités départementales pour animer les politiques publiques de solidarité sociale et territoriale, l’éducation… 

Sans jamais se départir de sa fidélité au chef de l’Etat, Jean-Marc Ayrault contredit rarement le gouvernement, si ce n’est sur la réforme territoriale et la délimitation de la Bretagne, lui qui était "partisan d’une fusion Bretagne-Pays-de-la-Loire".

Cependant, il explique malicieusement que LUI n’a jamais eu à utiliser le 49.3, comme l’a fait le gouvernement sur la loi Macron. Et rappelle que lorsqu’il était le patron du gouvernement, il n’y avait ni "frondeurs" ni rupture avec les Verts. En gros, c’était mieux avant. Il développe :

Je n’ai pas eu à utiliser le 49-3. Je n’avais pas de "frondeurs" et les Verts étaient au gouvernement. On aurait pu, sur la loi Macron, avoir un dialogue plus fructueux entre la majorité parlementaire et l’exécutif.

Et comme demandé par les frondeurs, Jean-Marc Ayrault se rappelle également à leurs bons souvenirs en demandant au gouvernement d’avoir en perspective "la réforme fiscale" et "le prélèvement à la source".

Dernière petite pique de son interview à l’égard de l’actuel Premier ministre de François Hollande ? Un "bisou" à Martine Aubry, qui préfère déjeuner avec lui que voyager avec Manuel Valls. "Il faut aussi savoir écouter des voix comme celle de Martine Aubry", lance-t-il.

A bon entendeur.

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