Le multiplex politique du dimanche : Mélenchon VS Parisot, mais aussi Bartolone et Bricq

Publié à 17h45, le 02 décembre 2012 , Modifié à 00h01, le 03 décembre 2012

Le multiplex politique du dimanche : Mélenchon VS Parisot, mais aussi Bartolone et Bricq
Jean-Luc Mélenchon, Laurence Parisot, Claude Bartolone et Nicole Bricq. (Photos MaxPPP)

MULTIPLEX POLITIQUE - Laurence Parisot, la patronne des patrons et Jean-Luc Mélenchon, le tribun d'extrême gauche se sont affrontés ce dimanche 2 décembre par médias interposés.

Ils étaient tous deux invités des traditionnelles interviews politiques dominicales en simultané. Tout comme Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale et Nicole Bricq, la ministre du commerce exterieur.

L'essentiel à retenir :

> Laurence Parisot défend Lakshmi Mittal, considère la nationalisation comme une "bombe atomique", pense que le gaz de schiste est "un atout incroyable", s'inquiète de l'UMPlosion et fait un paralèlle entre la France d'aujourd'hui et celle des années 1930.

> Jean-Luc Mélenchon prend la défense d'Arnaud Montebourg en critiquant Lakshmi Mittal, "le serpent qui s'avance" et Jean-Marc Ayrault "le tireur de ficelles" tout en ayant recours à un proverbe berbère et en vannant le maire de Londres sur sa coupe de cheveu.

> Claude Bartolone assure qu'il n'est "pas question" de reculer pour la loi légalisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels et espère que la loi sur le non-cumul des mandats sera appliquée avant les municipales de 2014.

> Nicole Bricq dit ouvertement qu'elle "ne fait pas confiance à priori à monsieur Mittal".

> L'invité surprise : Jean-François Copé, le président proclamé mais contesté de l'UMP a fait une proposition en plein milieu du carrefour politique du dimanche soir : organiser un double référendum impliquant, de facto, qu'il reste président de l'UMP au moins jusqu'en 2014. Une proposition immédiatement rejetée par le camp Fillon.

Le Lab s'est dédoublé pour suivre en direct ces interventions afin de vous proposer une synthèse au fur et à mesure de la soirée pour vous puissiez briller, lundi matin, à la machine à café.

  1. Le multiplex dominical du Lab

    > Laurence Parisot (Medef) - C Politique - France 5

    - Elle fait le bilan

    La présidente du Medef devrait quitter ses fonctions au cours de l'été 2013. C'est donc presque l'heure du bilan pour elle :

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    C'est huit ans de responsabilités, c'est huit ans d'engagement, c'est huit ans de volonté permanente de construire, de faire avancer notre pays. Ces huit ans ne sont pas encore terminés.

    "

    - Bravo Hollande

    Laurence Parisot décerne un satisfecit au chef de l'Etat :

    "

    François Hollande sait parfaitement que la solution à la crise passe par les entreprises, d'où le pacte de compétitivité.

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    - Le parallèle historique

    La patronne du Medef commence à voir des ressemblances entre la France de 2012 et l'état de l'hexagone juste avant la Seconde Guerre Mondiale :

    "

    Il faut faire attention à ne pas se retrouver dans des conditions similaires à celles des années 30, or il y a beaucoup de facteurs qui y ressemblent : une situation économique fragile, une situation sociale très douloureuse pour beaucoup, de la démagogie à tout bout de champ, une situation politique éclatée.

    "

    - Coucou l'opposition ?

    L'UMPlosion inquiète la patronne du Medef :

    "

    La situation de l'UMP fait que ce parti important - qui représente un courant de pensée significatif dans ce pays - ce parti ne peut pas contribuer à l'animation du débat public en ce moment, et ça c'est assez dommage.

    "

    -Le gaz de schiste, c'est super

    Le patronat salue la volonté de François Hollande de faire des recherches pour trouver une autre façon d'extraire le gaz de schiste que par fracturation hydraulique :

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    Nous avons peut-être, là, sous nos pieds, un atout incroyable qui s'appelle le gaz de schiste.

    "

    - Nationaliser = bombe atomique

    Laurence Parisot persiste et signe. "Déplorable", "vraiment scandaleux" qu'Arnaud Montebourg veuille nationaliser Florange a-t-elle répété toute la semaine. Ce dimanche elle va plus loin :

    "

    De tels propos, aucun gouvernement au monde aujourd'hui ne les tient. [...] On ne peut pas s'adresser à l'un des plus grands investisseurs de la planète ainsi. [...]

    "
    "

    Ce n'est pas raisonnable, c'est utiliser une bombe atomique dont les effets pourraient être catastrophiques au-delà même du dossier Mittal. [...] Je ne cherche pas à défendre les intérêts particuliers d'ArcelorMittal, je cherche à défendre l'intérêt global de notre économie

    "

    -Le point Lorraine

    La patronne des patrons, titulaire d'une maitrise de droit public à l'université de Nancy, assure pouvoir comprendre les sentiments des ouvriers lorrains :

    "

    Je comprends l'attachement qu'un métallo peut avoir à l'égard de son métier, de son usine. Je comprends d'autant plus ces sentiments que je suis Lorraine.

    "

    > Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) - BFM Politique - BFM TV / Le Point / RMC

    - Sa vision de #SantaBarbara

    L'ancien candidat à la présidentielle pense que la guerre ouverte entre Jean-François Copé et François Fillon fait partie d'un mouvement plus global qui entraînera aussi l'implosion du PS.

    "

    La crise de l'UMP est un signe de la désintégration du système politique global fondé sur l'austérité : le PS subira la même chose.

    "

    - Le réquisitoire contre Mittal

    "

    Je crois que monsieur Mittal n'est pas le bienvenue en France. Il ne l'est pas depuis le premier jour.

    "

    lance Jean-Luc Mélenchon, reprenant les termes d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et estimant toujours que la "nationalisation est indispensable" :

    "

    Mittal ment continuellement. [...] Quand on regarde le communiqué de Mittal, on voit déjà le serpent qui s'avance !

    [...] Monsieur Mittal n'est rien d'autre que le fondé de pouvoir de la banque Goldman Sachs, qui le tient à la gorge, et des agences de notation, qui le menancent de baisser la note de ses emprunts s'ils ne liquident pas le personnel

    "

    - Méluch'à la rescousse de Montebourg

    Le ministre du Redressement productif a été désavoué vendredi sur ce dossier Arcelor-Mittal, obligeant le premier ministre à envoyer un communiqué de mots doux samedi.

    Ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon prend sa défense :

    "

    On ne peut pas prendre Montebourg comme tête à claques et ménager le brave monsieur Ayrault qui est quand même le tireur de ficelles de toute cette histoire.

    "

    - Le faux compliment à la patronne du Medef

    Le tribun d'extrême gauche fait mine de complimenter Laurence Parisot, pour mieux critiquer le gouvernement socialiste qui suivrait, selon lui, une politique qui plairait avant tout au patronnat :

    "

    On n'a pas parlé de nationalisation aussi longtemps que madame Parisot n'a rien dit. Quand madame Parisot a dit que la nationalisation était une absurdité, les journaux économiques de droite ont embrayé et il n'y a pas de nationalisation.

    C'est elle le vrai Premier ministre au fond. C'est elle qui fait la pluie et le beau temps.

    "

    - Le mot doux à Hollande

    Et pendant ce temps là, selon lui :

    "

    François Hollande, comme d'habitude, compte les points.

    "

    - Le proverbe du soir

    Accusant à nouveau Lakshmi Mittal d'être "un menteur", le co-patron du Parti de Gauche cite "un proverbe berbère" :

    "

    La deuxième fois que tu te fais rouler par le même, c'est de ta faute.

    "

    - Il vanne le maire de Londres

    Répondant à Boris Johnson, le maire de Londres, qui a déclaré, en visant Arnaud Montebourg "les 'Sans-culottes' semblent avoir capturé le gouvernement à Paris", Jean-Luc Mélenchon répond : 

    "

    Pour ce qui est des coiffeurs, lui devrait venir à Paris. [...] C'est un réactionnaire anglais classique.

    "

    > Claude Bartolone (PS) - Tous politiques - France Inter / Le Monde / AFP

     

    - Un invité de remplacement

    Tous Politiques devait recevoir ce dimanche Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif a décommandé vendredi, quelques heures avant d'être désavoué par le premier ministre. Le lendemain, samedi 1er décembre, il était l'invité journal de 20H de TF1.

    C'est donc Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale qui a été chargé de jouer l'invité de remplacement sur le service public pour assurer le service après-vente du compromis annoncé par Jean-Marc Ayrault.

    - Sur le mysterieux repreneur fantôme de Florange

    La question que tout le monde se pose, est la suivante :  

    Pourquoi avoir annoncé mercredi 28 lors des questions au gouvernement qu'un mystérieux repreneur était prêt à investir 400 millions d'euros dans Florange avant d'assurer deux jours plus tard qu'il n'y avait "pas de repreneur crédible et fiable" ?

    Réponse de Claude Bartolone :

    "

    Parce que sur les différents contacts entre ce repreneur le premier ministre et la présidence de la République, on s'est rendu compte que le projet de nationalisation était moins stable et viable que ce que propose aujourd'hui Mittal.

    "

    - Un petit peu de géométrie

    Le président de l'Assemblée nationale assure retrouver dans ce dossier Arcelor-Mittal "le triangle vertueux" qui a été dessiné par le président de la République depuis son élection".

    Claude Bartolone détaille : "D'abord la necessité de relance européenne", "deux : la conférence sociale", "trois : le choc de compétitivité".

    - Opération calinothérapie

    Claude Bartolone loue "le côté puncheur" du ministre du Redressement productif avant de lui tresser des lauriers :

    "

    Si les choses ont bougé, j'en suis persuadé, sur ce dossier, c'est parce qu'il y a eu, aussi, Arnaud Montebourg et je crois que dans un gouvernement il faut savoir jouer de toutes les touches.

    "

    - Suspens sur le RUMP

    Le président de l'Assemblée Nationale est ensuite interrogé sur les modalités techniques de la formation annoncée d'un groupe parlementaire "Rassemblement UMP" (RUMP), rassemblement des élus pro-Fillon, en dissidence du groupe UMP.

    "

    Mardi matin, je verrai s'il y a un président, en l'occurrence Christian Jacob qui viendra représenter l'UMP ou s'il aura à ses côtés François Fillon. Au moment où je vous parle, je ne sais pas. Nous verrons.[...] Cela va dépendre d'eux.

    "

    - Sur le rapport Jospin

    Le rapport de la commission Jospin, actuellement sur le bureau de François Hollande, propose douze mesures pour l'Assemblée nationale.

    Concernant l'introduction d'une dose de proportionnelle, Claude Bartolone a les idées très claires.

    "

    10%. Je veux que l'ensemble des courants soient représentés.[...] Mais je suis aussi pour une stabilité.

    "

    Sur le non-cumul des mandats, le président de l'assemblée répète trois fois "Nous allons le faire".

    "

    Le texte [de loi] va être présenté. Je souhaite qu'il puisse se faire dans les meilleurs délais possibles. [...] Il faut que la règle soit connue d'ici les prochaines élections municipales [en 2014].

    "

    Une règle "applicable" précise le député de Seine-Saint-Denis qui rajoute un "codicille" en précisant qu'il souhaite "avoir la certitude que les parlementaires qui choisissent un mandat local" puisse être remplacés par leurs suppléants. L'objectif étant d'éviter "une trentaine ou plus" d'élections partielles.

    - Le "président de l'entre deux"

    Claude Bartolone poursuit :

    "

    J'ai eu l'occasion de le dire [à François Hollande] , je suis le président de l'Assemblée de l'entre-deux. De l'Assemblée des cumulards à l'assemblée du non-cumul.

    "

    - Fermeté sur le mariage homo

    Le projet de loi sur le mariage homosexuel doit être examiné fin janvier.

    "

    Lorsque ce texte arrivera, nous aurons eu la possibilité d'éclairer. Mais il n'est pas question pour l'Assemblée nationale de reculer sur ce texte. Il va venir. [...]Les travaux de l'Assemblée vont redémarrer le 15 janvier, fin janvier on y sera.

    "

     Et Claude Bartolone de se réjouir :

    "

    Vous savez le règne des puissants, des rois, du pouvoir politique, le règne des notaires ou des belles mères, c'est terminé !

    "

    Un passage, isolé par France Inter, à écouter ci-dessous :

    > Nicole Bricq (PS) - Internationales - TV5 Monde / RFI

    Une seule déclaration de la ministre du Commerce Extérieur dans le radar du Lab en cette dense soirée politique : Nicole Bricq répète trois fois qu'elle ne fait absolument pas confiance à Lakshmi Mittal pour honorer sa promesse d'investissement de 180 milllions d'euros sur cinq ans.

    A lire et écouter en cliquant par ici.

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