Quand Jean-Marie Le Pen évoque un "Führer" qui fait "l’évangile" au FN

Publié à 21h53, le 11 juin 2015 , Modifié à 06h44, le 12 juin 2015

Quand Jean-Marie Le Pen évoque un "Führer" qui fait "l’évangile" au FN
Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Vous avez aimé les "méthodes staliniennes" attribuées à Marine Le Pen par son père ? Vous adorerez l’analogie entre la patronne du Front national et le "Führer". Dans un entretien au Figaro publiée ce jeudi 11 juin, Jean-Marie Le Pen évoque effectivement sa fille en usant du terme utilisé pour désigner la figure d’Adolf Hitler.

Tout à sa dénonciation de l’hégémonie de Marine Le Pen au sein du FN, le "Menhir" déclare :

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Elle a été réélue [à la tête du parti, au congrès de Lyon, fin 2014, NDLR] parce qu’elle était seule candidate mais il est quand même acceptable que, dans un mouvement, ce ne soit pas la parole d’un Führer qui fasse l’évangile.

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L’allusion apparaît certes discrète, mais l’usage de ce mot allemand ne semble pas anodin dans la bouche de celui qui émailla toute sa carrière politique de provocations sémantiques sur le Troisième Reich et la deuxième guerre mondiale (et notamment du fameux "détail de l’Histoire").

Rappelons enfin que l’ire de Jean-Marie Le Pen à l’égard de sa fille trouve justement son origine dans une énième polémique liée à cette période historique : début mai, le fondateur du FN avait été suspendu de sa formation politique après avoir, dans les médias, refusé de se dédire sur le "détail" des chambres à gaz et défendu la mémoire du maréchal Pétain.

Dans la même interview, Jean-Marie Le Pen estime que le FN n'est pas un "parti démocratique": "il est autoritaire, pour ne pas dire dictatorial puisque seule la volonté exprimée par Marine s'impose, sans discussion." Le père veut par ailleurs démontrer une fois de plus que Florian Philippot tire les ficelles. Et pour cela, il n'hésite pas à parler des "lacunes" de sa fille :

 

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Elle est une communicante remarquable, c'est vrai, mais en dehors de cela, il y a des lacunes considérables que comble, tant bien que mal, Monsieur Philippot, seul à pouvoir le faire puisqu'il s'est rendu indispensable.

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Vendredi 12 juin, Jean-Marie Le Pen sera d’ailleurs présent au Tribunal de grande instance de Nanterre pour contester sa mise à pied du Front national.

>> À relire : "C'est un piège, une manœuvre" : Jean-Marie Le Pen dénonce le "congrès postal" qui doit l'écarter du FN

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