Cambadélis, Le Foll, Placé, Valls : le multiplex politique du dimanche 5 mai

Publié à 17h05, le 05 mai 2013 , Modifié à 21h26, le 05 mai 2013

Cambadélis, Le Foll, Placé, Valls : le multiplex politique du dimanche 5 mai

MULTIPLEX POLITIQUE – Ce dimanche 5 mai, la gauche de gouvernement squattait les interviews dominicales et les plateaux télés avant que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n’intervienne au JT de 20 heures de TF1.

L’occasion, si ce n’est de célébrer le premier anniversaire de l’accession de François Hollande à l’Elysée, de faire le service après-vente des mesures et lois engagées lors de cette première année du quinquennat. Une forme de bilan.

Ainsi, au programme, deux ministres et deux parlementaires de la majorité, alors que le Front de gauche a manifesté pour "un coup de balai" et une VIe République : Jean-Christophe Cambadélis a ouvert le bal sur France 5, suivi de Stéphane Le Foll sur BFM TV, Jean-Vincent Placé sur France Inter et Manuel Valls sur RTL.

Le Lab s'est plié en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en proposer des "morceaux choisis" afin de briller, lundi matin, à la machine à café.

  1. Cambadélis, Le Foll, Placé et Valls dans le multiplex dominical

    >> Jean-Christophe Cambadélis, député PS, C Politique, France 5

    #Liberté

    "Sniper" du PS, et même contre son propre camp, Jean-Christophe Cambadélis assume et revendique sa liberté de parole :

    Je suis libre de mes propos. Bien plus que mes camarades.

    Etre libre, ca ne veut pas dire ne pas etre solidaire.

    #Regrets

    Une liberté de parole qui, dit-il, provient de l’échec de Lionel Jospin en 2002, une époque où il n’a "pas osé" :

    Après 2002, je voyais s’amonceler des nuages et je n’ai rien dit. Je n’ai pas osé, je n’ai pas su. Je me suis fait une promesse : si un jour on revient au pouvoir, je m’exprimerai.

     

    #AMERTUME

    Ni ministre, ni patron du PS, défait par Harlem Désir, le député de Paris reconnait avoir une certaine amertume de ne pas faire partie des têtes de pont du casting de la majorité :

    Un peu d’amertume parce que je pense que j’aurais été utile au PS, au gouvernement et au président de la République.

     
    #Mélenchon

     
    Jean-Luc Mélenchon n’est pas tendre avec François Hollande et la majorité socialiste. "Une faute majeure", selon Jean-Christophe Cambadélis qui pointe le manque de critiques du leader du Front de gauche envers la droite :
     
     

    Il se trompe de colère. Pas une insinuation, pas une phrase sur la politique de la droite. La responsabilité de la situation, ce sont aussi les droites en Europe. Il a décidé que l’ennemi principal serait le Parti socialiste. C’est une faute majeure.

     

    #SANG-FROID
     
    La première année du quinquennat de François Hollande est-elle un échec, comme l’affirme la droite avec son affiche ? Pas du tout, rétorque le député PS pour qui François Hollande "tient bon" :
     
     

    Il tient bon. La grande qualité de François Hollande, c’est le sang-froid. Le succès, on ne peut pas le mettre auj. On est dans l’entre-deux, au bout d’un an. 

     
    #CRITIQUES
     
    Sans langue de bois, Jean-Christophe Cambadélis juge les « couacs » qui ont émaillé cette première année du quinquennat :
     

    Le gouvernement a raison sur le fond et très tort sur la forme. 
     
    A partir du moment où il y a des débats et que les choses sont tranchées, les ministres devraient s’y tenir. Ca, ca conduit à ce qu’il y ait une mauvaise visibilité de ce qui est fait.
     
    C’est un problème d’attitude du ministre. Ils défendent ce qu’ils font, n’aiment pas être contredits dans des décisions du Premier ministre, qui me semble meilleur qu’on ne veut le dire.

     

    #MERKEL BASHING
     
    A l’origine du texte, "'un brouillon", explique-t-il, du PS anti-Merkel, Jean-Christophe Cambadélis a justifié les divergences de point de vue entre François Hollande et la chancelière allemande :
     
     

    C'est pas compliqué de comprendre qu'une chancelière conservatrice et un président socialiste ne sont pas sur la même longueur d'onde.
     
    Il ne me semble pas anormal que le Parti socialiste soutienne le SPD.

     
    #AYRAULT
     
    Pour Jean-Christophe Cambadélis, il n'y aura pas de deuxième phase du quinquennat. Le député PS pense que Jean-Marc Ayrault restera à Matignon durant toute la mandature de François Hollande.
     
     
    >> Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, BFM Politique, BFM TV

    #Mélenchon

    Comme Jean-Christophe Cambadélis, les éléments de langage de Stéphane Le Foll contre Jean-Luc Mélenchon, "qui n’est pas un adversaire aujourd’hui", sont les mêmes. Des critiques à l’unisson contre le manque de critique envers la droite.

    Il a un discours qui était attendu. Il n’a pas été question de la droite. Tout est porté contre la responsabilité de la gauche.

    #BILAN

    Avant que Jean-Marc Ayrault ne passe au JT de 20 heures de TF1, Stéphane Le Foll, hollandais historique, a défendu le Premier ministre et justifié cette intervention cathodique, à la veille du premier anniversaire de l’élection de François Hollande :

    Le Premier ministre s’exprime ce soir parce qu’il y a un anniversaire.

    Il est normal que le Premier ministre s’exprime pour faire le bilan de l’action gouvernementale qui a été conduite. 

    #CAP

    En proche du chef de l’Etat et "idéologue du hollandisme", Stéphane Le Foll a rappelé, comme l’avait annoncé François Hollande, que la France doit d’abord affronter "deux ans d’efforts". "C’est transparent, le cap a été fixé", insiste-t-il.

    #CAHUZAC

    Après que le JDD a révélé que Jérôme Cahuzac envisageait de se présenter à la législative partielle qu’il a provoqué en tant que candidat libre, Stéphane Le Foll a répété que ce qu’il avait fait était "inadmissible". Et fait comprendre qu’une candidature ne serait pas une bonne idée :

    Les commentaires ont tous été faits. Ce qu’il s’est passé est inadmissible.
     

    Il doit prendre les décisions qui sont à la hauteur de ce qu’il a fait.

     
    #HARLEM DESIR
     
    Stéphane Le Foll a apporté un soutien clair et franc à Harlem Désir, qu’il avait soutenu pour prendre la tête du Parti socialiste, reconnaissant que sa situation n’était "pas facile". "On ne change pas de casting", affirme-t-il, lui qui a été pressenti pour tenir ce rôle de Premier secrétaire du PS :
     
     

    La situation pas facile pour Harlem Désir. Je le soutiens. Il n’est pas isolé. Ce soutien à Harlem ne souffre d’aucune discussion. Il a été élu par les militants, il faut le soutenir.
     
     
    Il a pris ce parti dans un moment très particulier. Tout ca nécessite un temps de mise en adéquation. Il faut être discipliné et offensif pour gagner ensemble.

     

    #3%

    La commission européenne a décidé de laisser à la France un délais pour le retour aux 3%. Pour la droite, c’est un désaveu de la politique menée par François Hollande. Pour Stéphane Le Foll, Bruxelles devient "lucide" :

    La commission n’est pas inquiète, elle devient lucide.

     

    >> Jean-Vincent Placé, sénateur EELV, Tous politiques, France Inter 

    #TENSION AMICALE

    Eva Joly dans la manifestation "coup de balai" de Jean-Luc Mélenchon d’un côté. Et Cécile Duflot et Pascal Canfin au gouvernement de l’autre.

    Incohérence de EELV ? Pas pour Jean-Vincent Placé qui s’estime "à l’aise" avec cette situation et qui s’amuse de cette "tension amicale", référence aux relations franco-allemandes plutôt compliquées ces derniers jours :

    On est tout à fait à l'aise d'avoir Eva Joly qui est dans la rue et Cécile Duflot au gouvernement. 

    Cette tension amicale c'est à nous de la gérer et de peser davantage soit au gouvernement, soit au Parlement soit dans la manifestation sociétale.

    #PARADOXE

    Tout en reconnaissant avoir "des convergences" avec la manifestation "contre l'austérité, contre la finance, pour une VIe République", Jean-Vincent Placé a expliqué ne pas avoir défilé car les "attaques ad nominem sur le chef de l'Etat sont contreproductives". Un grand écart du sénateur écolo qu’il tente de justifier :

    C'est vrai que tout à la fois, nous voulons être une écologie responsable, institutionnelle, qui participe au gouvernement (...) nous voulons une majorité qui réfléchisse, qui discute et pas une majorité qui obéit au doigt et à l'œil aux volontés parfois changeantes du président de la République et tout à la fois il y a cette volonté d'être solidaire, d'être loyal, de faire avec ce gouvernement.

    Je soutiens François Hollande, je suis très content qu'il soit élu et je suis très content que Sarkozy ne soit pas là.

    #GAUCHE PLURIELLE ?

    Le sénateur écolo de l'Essonne s'est également prononcé pour un nouveau pacte majoritaire intégrant les communistes à la majorité gouvernement. Ainsi s’est-il dit favorable à "une coalition à gauche, socialiste-écologiste-communiste".

    #PAS CONTENT

    Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes a néanmoins lancé quelques critiques à l’égard du chef de l’Etat, critiquant la solitude des décisions élyséennes : 

    Il a réinventé une forme de Ve République autoritaire. Il décide beaucoup tout seul. 

    François Hollande laisse beaucoup faire, laisse beaucoup dire et à la fin il arbitre tout seul. C'est ça la réalité.

    #AMNISTIE SOCIALE

    Gros point de divergence entre la majorité, notamment sénatoriale, et le gouvernement, la loi du Front de gauche sur l’amnistie des syndicalistes, dite amnistie sociale. Un texte que défend Jean-Vincent Placé :

    Pendant un mois on travaille dessus. On discute avec le gouvernement et à la fin nous votons avec les radicaux de gauche, avec le groupe socialiste, Pierre Laurent sénateur du parti communiste, on vote sous l'aimable sagesse de la garde des Sceaux. 

    Ca arrive à l'Assemblée nationale, qui décide ? Le président de la République, et il dit ‘non je n'en veux plus pour des raisons qui peuvent se discuter’. Mais quand même c'est une drôle de façon de décider dans notre pays et c'est pourquoi l'idée de la VI République est intéressante.

     

    #COUCOU MONTEBOURG

    Si Arnaud Montebourg persiste à déclarer que l’outil de la nationalisation partielle ou temporaire demeure un moyen d’action pour le gouvernement, Jean-Vincent Placé se montre nettement plus prudent :

    L'idée de nationalisation partielle, à Florange ou Saint-Nazaire, ça m'a toujours laissé perplexe.

     

    >> Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, Le Grand Jury, RTL

    #COMPTAGE

    La manifestation à l’appel de Jean-Luc Mélenchon et du Front de gauche ce dimanche a-t-elle été un succès ? La traditionnelle bataille des chiffres est lancée. Ils étaient ainsi 30 000 selon la police, qui ne devait pas s’exprimer. Et  180 000 selon les organisateurs du Front de gauche.

    Manuel Valls a du s’expliquer sur le fait que la préfecture de Paris a finalement livré les résultats de son propre comptage :

    Ca aurait été peu compris que la préfecture de police de Paris ne donne pas les chiffres. Il fallait donner des chiffres précis, exacts
    .

     

    #MELENCHON

    Interrogé sur le coup de force tenté ce dimanche par Jean-Luc Mélenchon, qui s’est proposé pour devenir Premier ministre, Manuel Valls a jugé que le leader du Front de gauche "se situe plutôt dans l’opposition" :

    Mélenchon, c'est la gauche du remord. C'est une gauche allégée de l'exercice du pouvoir.

     

    #SOCIAL-DEMOCRATIE
     
    Manuel Valls n’y va pas par quatre chemins, le jour où le Front de gauche manifeste pour "un coup de balai" et une 6e République. Pour le ministre de l’Intérieur, ancien directeur de la communication de la campagne présidentielle de François Hollande, le PS au pouvoir doit assumer son orientation sociale-démocrate :
     
     

    Assumons tous pleinement ce cap social-démocrate réformiste. Ce sont des noms.
     
     
    Je suis convaincu qu’il y a dans ce pays une majorité pour une gauche réformiste, profondément républicaine et européenne.

    #Dailymotion
     
    Le sujet a provoqué un nouveau cafouillage à Bercy. Notamment entre Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici, mais aussi entre Fleur Pellerin et le ministre du Redressement productif.
     
     
    Sur ce sujet, Manuel Valls est clair et apporte son soutien à la position tenue par Arnaud Montebourg, estimant qu’il avait "eu raison" de s'opposer au rachat de Dailymotion par Yahoo.
     
     
    Cependant, il précise : 
     
     

    Le message doit être clair : les entreprises étrangères sont les bienvenues en France. Nous avons besoin d’investisseurs.

     

    #MARIAGEPOURTOUS
     
    Alors que des cortèges d’opposants au mariage homosexuels défilaient encore ce dimanche 5 mai dans les rues de plusieurs villes françaises, Manuel Valls rappelle qu’elle "s’appliquera à chacun".
     
     
    Et affirme que la droite ne reviendra pas sur ce texte :
     

    Cette loi n’enlève aucun droit. Ces manifestations vont continuer mais la loi a été votée. Elle sera, quand le CC aura pris sa décision, promulguée par le président et s’appliquera à chacun.
     

    On ne reviendra pas sur ce texte là. Si demain la droite revient au pouvoir, elle le dit déjà mezzo voce, elle ne reviendra pas sur ce changement qui épouse les évolutions de la société.

     
    #C’est nous les plus forts
     
    Comme Jean-Marc Ayrault sur TF1, Manuel Valls a estimé que le gouvernement auquel il appartient avait plus réformé en un an que la droite sous les deux précédents quinquennats :
     
     

    En un an, nous avons accompli plus de réformes que ne l'auront fait Sarkozy et Chirac ces 10 dernières années. Ces bases là sont essentielles pour l'avenir. Avec une notion : la volonté de justice.

     

    #AFFAIRE GUEANT
     
    Les révélations concernant Claude Guéant ont posé de nombreuses questions sur une éventuelle utilisation d’argent en ilquide au ministère de l’Intérieur.
     
    Ce que ne nie pas Manuel Valls, mais dont il explique la légitimité :
     
     

    Il y a des frais d’enquête et de surveillance qui représentent un peu moins de 10 millions d’euros qui sont clairement identifiés dans le budget, qui aident notamment les enqueteurs, quand il s’agit de rémunérer, par exemple, un indicateur.

     
     
    Quant à Claude Guéant, son prédecesseur Place Beauvau, Manuel Valls explique avoir demandé "à l’inspection générale de l’administration pour faire une enquête en profondeur sur ces pratiques". Et refuse de commenter les explications de ce proche de Nicolas Sarkozy.
     
     
    Et d’ajouter :
     
     

    Il n'y a aucune prime en liquide distribuée aux membres du cabinet du ministre de l'Intérieur.

     

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