Cartographie de la droite et du centre en mode Seigneur des anneaux

Publié à 10h58, le 28 décembre 2017 , Modifié à 11h38, le 28 décembre 2017

Cartographie de la droite et du centre en mode Seigneur des anneaux
Emmanuel Gandalf Macron. © @GuillaumeTC
Image Loïc Le Clerc


Dans un trou vivait un hobbit… Pas sûr que les milliers de pages du chef-d'oeuvre de Tolkien suffisent à raconter l'histoire de la droite et du centre, pas même pour en faire un état des lieux en cette fin d'année 2017.

Alors, ici, au Lab, on s'est dit qu'on allait tenter de vous en faire un résumé en mode Seigneur des anneaux. (Si vous avez la flemme de lire, parcourez seulement la Carte de la Terre de la Droite et du Centre, à voir ci-dessous)




[Cliquez ici pour agrandir]



Et si vous n'êtes pas super-familier avec la Terre du Milieu, voici un petit outil pour comparer notre carte et celle où vagabonde Frodon.



[Cliquez ici pour agrandir]





  • Chapitre 1 : La République en marche

Si vous sortez d'un coma de plusieurs mois, sachez que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron est devenu président de la République (vous ne devinerez jamais qui dirige les Etats-Unis) et que son parti, En marche, devenu La République en marche, a écrasé les législatives, obtenant plus de 300 députés.

Le pari du plus jeune des présidents fut le suivant : mettre un coup de pied dans la fourmilière du clivage gauche-droite. Pari gagné, LREM rassemble non seulement des personnes de la société civile, mais aussi des transfuges du PS (dont Manuel Valls, Gérard Collomb ou Jean-Yves Le Drian) et de LR, sans compter son allié indéfectible, le MoDem, ou son choix de Premier ministre : le maire ex-LR du Havre Edouard Philippe. Un juppéiste à Matignon, un écolo (François de Rugy) au Perchoir : le Nouveau Monde est né.



  • Chapitre 2 : Les Républicains

Jacques Chirac et Alain Juppé avaient ambitionné d'unir la droite et le centre au sein de l'UMP. En 2017, LR, c'est tout l'inverse. Déjà, le centre n'est plus là, il est "en marche" (blague réservée à l'année 2017). Reste un parti que Laurent Wauquiez a repris en main, faisant trop pencher la balance à droite au goût de certains. Face au Nouveau Monde, voici le RPR. Réaction : plusieurs LR ont rallié LREM (Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Bruno Le Maire, Thierry Solère), mais une autre frange a choisi de s'allier avec l'UDI dans un parti, "Agir, la droite constructive", un ensemble assez hétéroclite (voir chapitre 3). Et puis il y a Xavier Bertrand, qui est tout simplement parti, "définitivement", au lendemain de l'élection de Laurent Wauquiez, sans pour autant rejoindre qui que ce soit.

D'autres leaders, tels Christian Estrosi ou Valérie Pécresse, ont créé leur propre mouvement en parallèle de leur appartenance à LR, respectivement La France audacieuse et Libres !. Quant à Alain Juppé, après sa défaite à la primaire face à François Fillon (dont le mouvement Force républicaine a été réactivé par Bruno Retailleau), lui-même défait à la présidentielle, il a perdu une énième bataille lorsque son candidat, Maël de Calan, a pris une tôle face à Laurent Wauquiez pour la présidence de LR. Depuis, "Pé-ju" mène une retraite tranquille en Gironde, lorgnant vers Emmanuel Macron pour les prochaines élections européennes.



  • Chapitre 3 : L'UDI et les Constructifs

Au Centre, c'est le dawa. Outre le mastodonte LREM, ça s'agite un peu partout. Au centre-droit, l'UDI a donc divorcé d'un LR trop droitier. Au Parlement, des groupes "Les Constructifs" ont été mis sur pied, mêlant UDIstes et LR-centristes. Qu'importe que tous ne votent pas à l'unisson, la dynamique est là. Alors, Franck Riester et plusieurs de ses petits camarades ont fondé un nouveau parti : "Agir, la droite constructive". Sauf que là, l'UDI ne s'est pas mouillée. Voilà donc deux partis pour le même espace politique. Et puis, il y a Les Centristes qui sont partis, tout comme les radicaux… Mais croyez le patron Jean-Christophe Lagarde, avec ces départs, l'UDI est "maintenant unifiée".



  • Chapitre 4 : Les Radicaux

Ils font moins de bruit que les autres, et pourtant… En décembre 2017, le Parti radical valoisien et le Parti radical de gauche ont fusionné, actant ainsi la renaissance du plus vieux parti de France, renommé pour l'occasion Mouvement radical. Leur ligne reste à définir, mais, à l'instar des Constructifs, on peut attendre qu'ils se positionnent en indépendance de la majorité, tout en votant régulièrement ses projets de loi. Bien évidemment, cette fusion n'a pas été du goût de tous. Certains, Valoisiens ou radicaux de gauche, ont quitté le navire. Les premiers restant à l'UDI, dont leur parti était membre, les seconds… eh bien, on ne sait pas trop où ils sont maintenant.



  • Chapitre 5 : Les ex-socialistes

Après une petite traversée du désert (défaite à la primaire face à Benoît Hamon, élection législative *compliquée*), l'ancien Premier ministre Manuel Valls s'en sort en tant que député apparenté à LREM. Il survit. D'autres socialistes ont fait allégeance à Emmanuel Macron. Certains depuis la campagne présidentielle, comme Christophe Castaner, d'autres après avoir expérimenté quelques mois dans l'opposition, comme le néo-secrétaire d'Etat Olivier Dussopt.



Bref. La droite et le centre sont plus morcelés que jamais. Et comme disait Gandalf : "La bataille du Gouffre de Helm est terminée. Celle pour la Terre du Milieu ne fait que commencer."



#

Du rab sur le Lab

PlusPlus