"Planqué", "Glandu", "Péquenaud" ... Jean-Luc Mélenchon part en guerre contre le journaliste Stefan de Vries

Publié à 06h41, le 05 décembre 2013 , Modifié à 07h54, le 05 décembre 2013

"Planqué", "Glandu", "Péquenaud" ... Jean-Luc Mélenchon part en guerre contre le journaliste Stefan de Vries
Jean-Luc Mélenchon en mai 2013 (Maxppp).
Image Paul Larrouturou

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Le club des journalistes ayant essuyé les foudres de Jean-Luc Mélenchon accueille un nouveau membre.  Après L'ExpressLe ParisienLe MondeLibération ou la BBC (liste non exhaustive), l'élu de la semaine est correspondant de plusieurs publications néérlandaises à Paris et se nomme Stefan de Vries.

Motif du courroux de Jean-Luc Mélenchon? Ce tweet émis dimanche 1er décembre, juste avant le début de sa manifestation pour une "révolution fiscale" :



Stefan de Vries explique au Lab qu'il voulait "juste s'amuser à montrer la mise en scène de TF1 et la connivence avec le Front de Gauche" en prenant en photo sa télévision puis, depuis sa fenêtre, un plan large de Jean-Luc Mélenchon devant la caméra de TF1, au milieu d'une rue peu remplie. [cliquez sur le tweet pour voir cette seconde image]

Comme le relatait Le Lab lundi 2 décembre, cette twitpic s'est tellement propagée que le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a annoncé qu'il discuterait de ce duplex controversé "lors de la prochaine réunion du groupe de travail Déontologie".  

>> Une première salve

Quand Jean-Luc Mélenchon voit rouge, il ne fait jamais semblant. Il écrit ainsi mardi 3 décembre dans un billet de blog consacré aux "complotistes du dimanche" :

Une photo prise depuis sa fenêtre par un "journaliste de France 24" qui, en toute déontologie, la diffuse sans contextualisation, sans recouper ses sources et sans être venu demander quelque information que ce soit, alors même que nous étions sous son balcon. Un glandeur, un vrai ! Inutile de dire qu’un tel journaliste est une valeur sure de l’information officielle.

"Il a reçu un prix professionnel : celui de l’Union Européenne, une référence en matière d’honnêteté intellectuelle", poursuit l'eurodéputé français de la circonscription Sud Ouest.

>> Une deuxième salve

Invité mardi soir du Grand Journal de Canal Plus, le tribun en remet une couche contre le journaliste qualifié à l'antenne, sans qu'il puisse répondre, de "planqué", de "glandu de première", et même de "péquenaud".

Et le co-président du Parti de Gauche répète :

Quand on est journaliste, on descend, on va voir les collègues. Mais non, il ne fait pas ça, il est trop au chaud chez lui. Il fait sa petite photo. Il l’a met sur Twitter. Tout le monde s’en fout de son tweet. 25 retweets.

>> Un déjeuner annulé

Antoine de Caunes lui demande alors : "Mais vous deviez déjeuner avec lui non ?"

Selon les informations du Lab, l'eurodéputé devait en effet déjeuner mardi, à 13 heures, au restaurant le Poulpry, derrière le musée d'Orsay, à Paris, invité de l'association Europress et de l'antenne parisienne du Parlement européen. Et à sa table, parmi la vingtaine de journalistes spécialistes des questions européennes, un certain Stefan de Vries.

Un déjeuner annulé au dernier moment, en fin de matinée mardi, "pour des raisons personnelles". Contacté par le Lab, l'entourage de Jean-Luc Mélenchon indique que "ce déjeuner important est seulement reporté" et que "cela n'a rien à voir avec la présence de Stefan de Vries que Jean-Luc Mélenchon ne connaissait pas au moment d'annuler". 

Pourtant, quelques heures plus tard, quand le présentateur du Grand Journal demande à l'eurodéputé : "Mais vous deviez déjeuner avec lui non ?"; Jean-Luc Mélenchon répond : "Ce n’est pas demain la veille que je vais manger avec lui".

>> La réponse du journaliste 

Interrogé mercredi par Le Lab, Stefan de Vries se dit "étonné". "Etonné de voir, au moment même où il est censé déjeuner avec nous, qu'il poste une photo sur Twitter, se baladant dans Paris" et "étonné de ces attaques contre moi alors qu'il ne me connaît pas et ne sait pas comment je fais mon travail".

Stefan de Vries poursuit :

Cette image était simplement marrante pour moi, avant qu’elle ne prenne une ampleur énorme. J’ai juste voulu montrer la force d'une image.Mélenchon tape très fort et tente de m’intimider mais cela ne marche pas.Ce qui est très malin de sa part, c’est que maintenant c’est moi le méchant.

Du rab sur le Lab

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