Depardieu, invité d'honneur du multiplex politique du dimanche 16 décembre

Publié à 17h36, le 16 décembre 2012 , Modifié à 09h24, le 17 décembre 2012

Depardieu, invité d'honneur du multiplex politique du dimanche 16 décembre
Benoît Hamon, Christian Jacob, Bernard Cazeneuve et Laurence Parisot. (Photos MaxPPP)

MULTIPLEX POLITIQUE - La gauche tape sur Depardieu, la droite va bientôt faire la paix et le gouvernement va, à un moment, prendre position clairement pour ou contre la procréation médicalement assistée (PMA).

Tels sont les trois principaux enseignements en écoutant Laurence Parisot, Benoît Hamon, Christian Jacob, Bernard Cazeneuve et Laurent Fabius, ce 16 décembre.

Comme chaque semaine, Le Lab s'est plié en quatre pour suivre en direct et en simultané les interviews politiques du dimanche soir afin de vous proposer une synthèse au fur et à mesure de la soirée pour vous puissiez briller, lundi matin, à la machine à café.

Voici donc ce qu'il faut retenir pour ceux qui n'auraient pas le temps de lire l'intégralité de notre multiplex politique :

> La patronne du Medef, Laurence Parisot a défendu à la fois Gérard Depardieu et Jean-Marc Ayrault. Et plaidé pour un allongement de l'age légal de départ à la retraite à "au moins 63 ans".

> Le ministre délégué à l'économie sociale et solidaire, Benoît Hamon, a longuement fustigé Gérard Depardieu avant de faire entendre sa petite musique, souhaitant une "expérimentation" du récépissé de contrôle d'identité enterré par Manuel Valls et faisant un mea culpa sur la communication du gouvernement concernant le dossier Florange.

> L'interview de Christian Jacob a surtout été marquée par la présence de Jean-François Copé, au premier rang, dans le public du studio. Le président du groupe UMP à l'Assemblée estime que "les conditions sont réunies" pour faire la paix avec François Fillon. Un début de fumée blanche dans la crise de l'UMP, confirmé quelques minutes plus tard, dans un communiqué de ce dernier. 

> Bernard Cazeneuve, ministre délégué aux Affaires européennes, annonce que le gouvernement va prendre position lors du vote à l'assemblée d'un éventuel amendement parlementaire sur la PMA dans le projet de loi légalisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels.

[Bonus] Laurent Fabius a jugé "déplorable", "triste" et  "pas très civique"l'exil belge de Gérard Depardieu et prédit  que le voyage en Algérie de François Hollande mercredi et jeudi serait "un succès".

  1. Le multiplex dominical du Lab

    Sur lelab.europe1.fr

    > Benoît Hamon (PS) dans C Politique sur France 5

    - Le retour du récepissé

    Manuel Valls a toujours été contre le récépissé de contrôle d'identité mis en avant pendant la campagne de François Hollande comme façon de lutter contre le contrôle policier au faciés. "Une tracasserie administrative supplémentaire" a jugé le ministre de l'Intérieur semblant enterrer ce projet, lui préférant un retour du matricule des policiers.

    Mais ce dimanche, son collègue Benoît Hamon le ressort des limbes et demande des tests grandeur nature :

    Je pense que sur ce sujet il faudra faire une expérimentation. [...] Nous verrons si je serai entendu sur ce sujet ou pas.

    Une position que le ministre partage avec sa collègue Cécile Duflot et la maire de Lille Martine Aubry

    - Le point Depardieu

    Dans une lettre adressée à Jean-Marc Ayrault,  Gérard Depardieu explique les raisons de son départ en Belgique et sa décision d’abandonner la nationalité française. 

    Benoit Hamon fustige longuement sur France 5 une "démarche purement égoïste".

    Il dit que sa patrie c'est le monde et l'Europe.

    Sa patrie ça a l'air d'abord d'être son compte en banque et puis un petit peu l'Europe et ensuite le monde.[...]

    Reconnaissons sa démarche pour ce qu'elle est, purement égoiste. [...]

    Ça ne me fera pas lâcher le début d'une goutte de larme.

    "Le bonhomme me déçoit profondément" ajoute le ministre avant de répéter sa formule, visiblement préparée, "sa patrie c'est d'abord son compte en banque".

    - le point méthodo 

    Comment faire pour incarner l'aile gauche du PS sans trahir la solidarité gouvernementale les (nombreuses) fois où les arbitrages ne lui sont pas favorables ?

    Benoît Hamon répète qu'il exprime ses "nuances" en conseil des ministres plutôt que sur les plateaux télés : 

    Je suis ministre du gouvernement.

    Quand j'ai des convictions et qu'elles expriment des nuances avec un tel ou un tel, je les exprime dans le cadre du gouvernement.

    Si c'était dehors, ce serait juste le foutoir.

    - Le point PMA 

    Benoit Hamon est pour la légalisation de la procréation médicalement assisté. Mais pas maintenant.

    Je suis favorable à la PMA mais je ne pense pas, à titre personnel, qu'il faille que la PMA soit traitée dans ce texte de loi qui doit se concentrer sur le mariage pour tous et l'adoption.

    - le mea culpa sur Florange

    Celui qui a soutenu Arnaud Montebourg dans sa volonté de nationaliser Florange a un regard critique sur la communication du gouvernement et ne se prive pas de le dire :

    On a collectivement une responsabilité dans le fait que c'est mal reçu par les salariés. Ils expriment de la colère, du mécontentetement.

    Les Français n'ont pas forcément compris ce qu'étaient nos positions.

    Donc collectivement on aurait sans doute pu mieux faire.

    > Christian Jacob (UMP) dans Le Grand Jury sur RTL

    <img src="http://i.imgur.com/9WkAr.jpg" alt="" width="100%" />

    - Tout l'UMP de Copé est à RTL 

    Jean-François Copé est venu en studio, au premier rang, assister au Grand Jury de son fidèle Christian Jacob... Tout comme Rachida Dati, Patrick Balkany et Luc Chatel.

     

    - Le point Depardieu

    Le seul invité UMP de notre multiplex politique ce dimanche se montre moins critique envers l'exil belge de Gérard Depardieur qu'envers le jugement de Jean-Marc Ayrault qui a estimé ce départ "minable".

    Je n'approuve pas [le départ de Gérard Depardieu]. Je le regrette. Mais je suis choqué par les déclarations du premier ministre et son gouvernement. Et sur le fond, [...] Les taxes à tous les niveaux.

    Le patron du groupe UMP à l'Assemblée National ajoute : 

    On en parle moins quand c'est Yannick Noah. Il est de gauche donc en parle moins.

    - La situation à Santa Barbara

    L'entourage de Jean-François Copé a indiqué dans l'après-midi à l'AFP que le président proclamé de l'UMP était prêt à revenir sur le principal point de blocage qui l'oppose à François Fillon : la date d'un nouveau scrutin.

    L'ancien Premier ministre le demandait "avant l'été", le président contesté insistait sur une élection "après les municipales de 2014". Comme ce qui semblait se dessiner ces derniers jours, c'est finalement septembre 2013 qui pourrait être retenu. Si François Fillon renonce à son groupe parlementaire...

    Christian Jacob assure donc quelques minutes plus tard, sous les yeux de Jean-François Copé, qui affiche un large sourire : 

      

    Les conditions sont réunies pour qu'on arrive à cet accord. On attend la réaction de François Fillon et je ne doute pas qu'elle soit favorable.

    La réponse de François Fillon ne se fait effectivement pas attendre. Un communiqué tombe quelques secondes plus tard, pendant la coupure pub de l'émission. L'ancien premier ministre "se félicite que le principe d'un nouveau vote dans un délai raisonnable soit désormais accepté par Jean-François Copé" et se dit (presque) prêt à dissoudre son groupe parlementaire.

    >>> Un communiqué à lire intégralement par ici

    - 19h03- Ce moment de gêne 

    Je vous propose qu'on essaie de profiter de la présence de Jean-François Copé dans le public pour avoir, peut être, une toute première réaction. S'il le souhaite.

    tente Jérôme Chapuis, le présentateur de l'émission, en voulant troquer Christian Jacob contre Jean-François Copé.

    Le président contesté de l'UMP décline : 

    C'est une manière un peu bizarre de me tendre le micro. C'est très sympathique mais c'est le Grand Jury de Christian Jacob et mon amitié pour lui fait que c'est à lui et à lui seul de parler. 

    -  L'attaque contre Taubira 

    Faisant à la fois référence à l'affaire dite des sondages et aux lettres de François Hollande et Manuel Valls en soutien à Valérie Trierweiler dans le procès du livre La Frondeuse, le député UMP lance : 

    Au-delà de monsieur Ayrault, c'est madame Taubira qui fait pression sur les juges. 

    Christian Jacob a alors un trou. Il cherche le nom d'une affaire. "L'affaire des sondages ?" tentent de l'aider ses intervieweurs.

    Oui, sur l'affaire des sondages en étant parraine [sic] du groupe anticor. En ayant parrainé ce groupe qui porte plainte. Elle le soutient par son action de parrainage. 

    Exactement la même accusation que Patrick Buisson, le conseiller de Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, dans Le Figaro, le 12 novembre.

    Puis Christian Jacob évoque une autre affaire.

    A partir du moment où un président de TGI reçoit un courrier du président de la République, je pense que ça peut ressembler à une pression.

    > Bernard Cazeneuve (PS) dans Tous politiques sur France Inter

    <a href="http://touspolitiques.franceinter.fr/emissions/bernard-cazeneuve"><img src="http://i.imgur.com/QuiqT.jpg" alt="" width="100%" /></a>

    - Le point PMA

    Le ministre commence par rappeller les engagements de campagne du candidat Hollande devenu président de la République : légaliser le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. Mais la procréation médicalement assistée n'est volontairement pas dans le projet de loi :

    Parmi les propositons du gouvernement il n'y avait pas la PMA. Donc le parlement souhaite dans le cadre de ses prérogatives souveraines proposer des amendements. Il le fera.

    Oui mais quel sera la position du gouvernement ? Pour rappel, Najat Vallaud-Belkacem affirmait mercredi 12 décembre , interrogée par le Lab, que le Gouvernement Ayrault n'avait "pas l'intention de bloquer à tout prix" la PMA. 

    Il y a le temps du débat parlementaire et avant le temps du débat parlementaire il y a le temps des arbitrages. Ces arbitrages, à ma connaissance, n'ont pas été rendus.

    Le ministre assure alors qu'il n'y a "pas de confusion" car François Hollande "a tranché" et que le gouvernement aura bientôt une position claire.

    Au moment où le parlement souverain s'exprimera sur ces sujets là et fera connaître son vote, le ministre qui sera au banc aura - comme c'est toujours le cas quand un amendement est proposé à l'adoption - à émettre l'avis du gouvernement.

    "Rassurez vous, il y aura un avis" du gouvernement répète Bernard Cazeneuve :"lorsque les ministres seront au banc du gouvernement ils auront à le donner. Donc il y aura un avis. Et cet avis fera, j'imagine, dans les jours ou semaines qui viennent, l'objet d'arbitrages."

    Et une troisième fois, pour bien appuyer son propos :

    Vous avez raison de dire qu'un ministre au banc du gouvernement donne l'avis du gouvernement. 

    Par conséquent il aura à le donner au moment où le texte passera.

    - Le petit mea-culpa sur Florange

    Interrogé sur la colère des syndicats de ArcelorMittal, le ministre délégué aux affaires européennes reconnait "un peu d'incompréhension" :

    Parfois aussi parce que, il faut le dire, nous n'avons peut-être pas été dans la communication autour de ce dossier aussi efficaces que nous aurions du l'être.

    Il faut le reconnaître pour que cela ne se reproduise pas.

    - Soutien appuyé à Cahuzac

    Bernard Cazeneuve a longuement loué à la fin de l'émission les "qualités personnelles", "la force d'engagement" et la "puissance de travail" du ministre du Budget dans la tourmente

      

    Je connais Jérôme Cahuzac depuis très longtemps et j'ai n'ai absolument aucun doute sur son intégrité. [...]

    Je ne sais pas d'où viennent ces accusations. Pour le connaître depuis longtemps je ne peux pas imaginer une minute qu'elles soient fondées. 

    Mediapart affirme que le ministre du Budget a "détenu pendant de longues années un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève", clôturé en 2010 et transféré à Singapour.

    Edwy Plenel, président et co-fondateur du site d'information Mediapart, s'est dit prêt à faire son "offre de preuves" devant un tribunal.

    > Laurence Parisot dans BFM Politique

    <a href="http://www.francetvinfo.fr/direct-le-ministre-delegue-benoit-hamon-est-l-invite-de-cpolitique_188221.html"><img src="http://i.imgur.com/UAqZb.png" alt="" width="100%" /></a>

     
    - Parisot défend Depardieu...

    La présidente du Medef  indique  "avoir été choquée par tout ce qui a été dit" ces derniers jours sur l'acteur Gérard Depardieu qui est "un immense talent", dont "on devrait être fier".  Puis elle élargit, comme Christian Jacob, en passant de la polémique à la politique fiscale du gouvernement : 

    Tout ceci nous empêche de regarder le fond du sujet, ce n'est pas le grand acteur Gérard Depardieu, c'est qu'il y a aujourd'hui dans notre pays une folie fiscale à l'oeuvre.

      

    -... et Jean-Marc Ayrault

    Concernant les déclarations du Premier ministre, qualifiant de "assez minable" le départ de Gérard Depardieu pour la Belgique, Laurence Parisot prend la défense...de Jean-Marc Ayrault.

    Il ne faut pas déformer ce qu'avait dit le Premier ministre qui n'a jamais dit que Gérard Depardieu était minable. Il a parlé du geste, du comportement, mais il n'a pas parlé de l'homme.

     - La retraite à "au moins 63 ans"

    Dernier point à retenir de cette intervention domincale, Laurence Parisot juge insuffisante la réforme menée sous le mandat Sarkozy qui a porté de 60 à 62 ans l'âge minimum et à 65 ans l'âge requis pour bénéficier d'une pension à taux plein.

    Nous disions déjà en 2010 qu'il faudrait au moins 63 ans, et je le redis aujourd'hui.

    Il faudra à nouveau repousser l'âge légal de départ à la retraite, allonger la durée de cotisations.

    Et la patronne des patrons d'argumenter :

    Est-ce que nous, en France, on peut être les seuls à rester à 62 ans, alors que nos voisins espagnols, italiens, anglais allemands, sont suivant les cas entre 65 et 67 ans ? Non, ce n'est pas possible.

    Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a restauré pour certaines catégories limitées de salariés la possibilité de partir à 60 ans, finançant cette mesure par une augmentation des cotisations.

    Le programme socialiste pour la présidentielle se prononçait pour un allongement de la durée de cotisations nécessaire pour une pension à taux plein, qui est actuellement de 41 ans.

    [BONUS] Fabius condamne lui aussi Depardieu

    Le ministre des Affaires Etrangères était l'invité de l'émission Internationales sur TV5 Monde et RFI.

    - Depardieu "pas très civique"

    L'exil belge de Gérard Depardieu est "déplorable" et "triste" pour le locataire du Quai d'Orsay. 

    Sur le plan juridique c'est légal mais on peut dire que ce n'est pas très civique.

    Je ne veux donc pas ajouter mon commentaire aux commentaires. Je crois que chacun se fera son jugement.

    - Hollande n'a pas encore décollé mais son voyage est déjà un "succès"

    Le voyage mercredi 19 et jeudi 20 décembre en Algérie du président François Hollande sera "un succès", a également prédit le chef de la diplomatie française en évoquant la signature de différents contrats, sans plus de précisions.

    Tout est réuni pour que cette visite du président de la République soit un succès. [...] Ce sera un succès. [...] Ce sera un voyage tourné vers l'avenir.

    Pour sa première visite d'Etat à l'Étranger,  le chef de l'État sera accompagné d'une dizaine de ministres. 

    Des négociations sont en cours pour notamment l'implantation d'usines en Algérie par les groupes français Renault et Total.

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