Nicolas Bays : "La phobie de la mort m’a incité à m’engager en politique"

Publié à 16h54, le 07 août 2012 , Modifié à 17h05, le 07 août 2012

Nicolas Bays : "La phobie de la mort m’a incité à m’engager en politique"

Le Lab continue sa série d’été sur les jeunes politiques à suivre dans les prochaines années, à l’UMP et au PS. Sixième volet du côté du Parti socialiste, avec Nicolas Bays.

Le député de la 12e circonscription du Pas-de-Calais, âgé de 35 ans, s’est révélé dans la bataille aux élections législatives de 2012 face à Jean-Pierre Kucheida, candidat dissident exclu du Parti socialiste suite à une enquête judiciaire. S’il considère Laurent Fabius "comme un père spirituel", Nicolas Bays nous raconte que son engagement en politique est dû à sa phobie de la mort, aujourd’hui encore tenace. 

A lire aussi, le précédent volet de la série : 

> Razzy Hammadi : "Une personnalité m'a marqué : Pierre Mendès-France"

> Myriam El Khomri : "J'ai beaucoup d'estime pour Daniel Vaillant et Bertrand Delanoë"

> Thierry Marchal-Beck : "Benoît Hamon incarne la gauche offensive et décomplexée

> Axelle Lemaire : "Je ne suis pas sûre que ce soit sain de faire trois mandats d'affilée"

> Bruno Julliard : "Je me passerai sans problème de la politique"

> Olivier Dussopt : "Derrière la situation familiale, il y a une situation sociale"

 

  1. "Je veux me battre pour que tout le monde puisse profiter de la vie"

    • Quel est votre parcours ?

    Au lycée, je suis entré au MJS (Mouvement des jeunes socialistes, ndlr) du Pas-de-Calais, pour protester contre le CIP (contrat d’insertion professionnelle) d’Edouard Balladur, en 1993. Cela a été pour moi un moment fondateur. Par la suite, j’ai étudié le droit et l'histoire à Lille. En 1997, je suis devenu l’assistant parlementaire de Daniel Percheron, sénateur du Pas-de-Calais, devenu président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. La même année, j'ai officié au poste de secrétaire départemental du MJS, et je suis devenu conseiller municipal de la commune de Wingles (Pas-de-Calais). En 2002, et pendant deux années, j’ai été le chef de cabinet de Jacques Mellick, ancien maire de Béthune (Pas-de-Calais). J’ai eu un bon de sortie suite à certaines divergences que j’avais avec Jacques Mellick, notamment sur des pratiques de terrain qui ne me correspondaient pas. 

    En 2004, j’ai été le collaborateur du député européen Jean-Louis Cottigny. J'ai décidé ensuite de quitter la vie politique pour me consacrer à autre chose. On ne sait plus ce qu’est la vie quand on est confronté à la politique. Je voulais retrouver le "vrai" monde du travail. Je deviens directeur d’une entreprise de formation d’élus en 2009 et je passe un master de "lobbying européen" à Strasbourg. J’anime également une émission politique sur Ma Chaîne Etudiante, Les politiques face aux jeunes.

    En 2012, quelques jours avant le dépôt des noms des candidats aux élections législatives, je reçois un coup de téléphone du Parti socialiste qui souhaite que je me présente dans la douzième circonscription du Pas-de-Calais. J’ai accepté pour faire honneur au PS et pour que personne ne puisse dire qu’on soutenait Jean-Pierre Kucheida, candidat dissident, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire. J’ai été élu au second tour député de la 12e circonscription du Pas-de-Calais.

    • Pourquoi la politique ?

    Mes parents ont baigné dedans. Mon père était un leader syndicaliste et travaillait dans un cabinet de relations entre les syndicats. Pourtant j’ai toujours vu la politique d’un œil lointain. Je ne voulais pas en faire un métier. J’ai été marqué par une phrase de Roberto Michel, un écrivain qui disait : "Elu pour défendre au départ son idéologie, élu ensuite pour défendre son bout de gras". Ma phobie de la mort a été un déclic à l'heure de m'engager. Je suis un humaniste et je considère que tout le monde a droit à une vie digne. Nous devons nous battre contre les injustices. 

    • Avez-vous un mentor en politique ?

    J’en ai deux : Laurent Fabius et Claude Bartolone. Je suis un fabusien depuis toujours. Il a des qualités d'homme d'Etat et je partage les mêmes valeurs que lui. C’est un père spirituel pour moi, il me guide par ses prises de position. Claude Bartolone, c’est Claude ça ne s’explique pas. C’est un militant bienveillant qui intervient à chaque fois quand vous avez besoin d’aide. C'est une personne rassurante.

    • Pour vous, c’est quoi être de gauche ?

    C’est un ensemble de valeurs qui porte l’humanisme avant l’égalité. Être de gauche c’est protéger et aider les individus de notre société. La droite privilégie l’individu en tant que quantité pour la réussite économique. C’est une politique qui veut blesser.

    • Quelle est votre présence numérique ?

    Le numérique est une nouvelle forme de militantisme dont je suis un des premiers à m'être servi. L'utilisation des réseaux sociaux, c'est comme une fenêtre qu'on peut ouvrir sur l’Assemblée nationale pour rendre compte de l'activité des députés. J’ai un compte Twitter, une page Facebook et un blog, que je vais reprendre en main bientôt. Je considère mon blog comme une lettre ouverte aux internautes. J’essaie de répondre lorsqu’on m’interpelle sur les réseaux sociaux, quand c’est agressif j’ignore simplement.

    • Où vous voyez-vous dans 15 ans ?

    Je ne suis pas propriétaire de ma carrière politique. Je considère que mon mandat de député est inespéré alors pour l’instant je me consacre entièrement à cette mission que je dois réussir pleinement. Je n’aime pas me projeter dans le futur à cause de cette phobie de la mort. 

     

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