Le multiplex politique du 8 janvier avec Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Bruno Le Roux et Benoist Apparu

Publié à 09h28, le 08 janvier 2017 , Modifié à 19h49, le 08 janvier 2017

Le multiplex politique du 8 janvier avec Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Bruno Le Roux et Benoist Apparu

#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, Le Lab se plie en quatre (voire beaucoup plus) pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 8 janvier : Ségolène Royal au Grand Rendez-vous Europe 1/Les Échos/iTélé, Arnaud Montebourg et Benoist Apparu à BFM Politique, Benoît Hamon à Questions politiques sur France Inter/franceinfo:/Le Monde, Yannick Jadot dans Dimanche en politique sur France 3 et Bruno Le Roux au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

  • Ségolène Royal

#Useless

Ce dimanche, le JDD publie les bonnes feuilles du brûlot d’Aquilino Morelle (à paraître le 11 janvier), ancien conseiller élyséen évincé, contre François Hollande. Dans ce livre, ce soutien d’Arnaud Montebourg dresse un portrait acide du chef de l’Etat et de son quinquennat, marqué selon lui, par un maître-mot : l’abdication. Interrogé sur cette accusation en trahison de la gauche portée par Aquilino Morelle, Ségolène Royal estime que "le bilan du quinquennat ne peut se faire à la lumière" de ce livre. Et d’ajouter, sévère et lapidaire :

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C’est un règlement de comptes violent, inutile, qui ne mérite pas de commentaires.

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La ministre de l’Environnement poursuit :

 

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Ça défraye la chronique mais permettez-moi, parce que j’ai le sens de l’Etat, de faire en sorte que, même quand il y a du brouhaha de ce type, de faire un effort pour que les Français soient fiers de leur pays.

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#Incompréhensible

Ségolène Royal votera à la primaire de la BAP mais assure ne pas encore savoir pour qui, attendant les débats télévisés pour se décider. La ministre de l’Environnement ne votera en revanche peut-être pas pour Manuel Valls qu’elle a régulièrement affronté. Après avoir dénoncé le manque de "cohérence" de l’ancien Premier ministre sur l’écologie, Ségolène Royal a fustigé son changement de pied sur le 49.3 que Manuel Valls veut désormais supprimer après l’avoir utilisé six fois à Matignon. Elle dit :

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C’est difficilement compréhensible. Ça n’a pas été compris de l’opinion. Je n’ai aucune raison de faire le procès en sincérité des uns ou des autres. J’espère que c’est sincère.

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Et de souligner qu’elle a personnellement mal vécu, en tant que ministre, les tensions autour de la loi Travail et de l’utilisation du 49.3 contre la majorité parlementaire de gauche. Une attaque en règle contre Manuel Valls :

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On a beaucoup souffert du 49.3. Même au gouvernement. Cette séquence-là (manifestations contre la loi Travail, ndlr), je l’ai très mal vécue. Des policiers blessés, des manifestants blessés, c’était trop. Le 49.3 ne peut pas être utilisé contre notre propre majorité parlementaire sur des textes qui mettent le pays en grande tension. 

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Pour autant, elle assure ne pas vouloir "émettre de jugement sur tel ou tel candidat" tout en ménageant Emmanuel Macron, qu’elle reconnaît avoir reçu en décembre. "Il voulait simplement discuter. Benoit Hamon aussi m’a contacté. Tous les candidats qui voudront défendre les enjeux auxquels je tiens, je suis à leur disposition", a déclaré "Coach Royal", consciente que sa "parole à du poids".

  • Arnaud Montebourg

#Une seule solution, la nationalisation

Arnaud Montebourg est un partisan des nationalisations. Tout du moins temporaires, quand l’intérêt stratégique de l’Etat est en jeu. Il avait fait valoir ce point de vue sur Florange quand il était ministre du Redressement productif mais n’avait pas eu gain de cause face au Premier ministre d’alors, Jean-Marc Ayrault. Ce qui avait entraîné une franche explication de texte entre les deux hommes et des menaces de démission d'Arnaud Montebourg. Ce dimanche, sur BFM TV, le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire fait la même demande concernant les chantiers navals STX France à Saint-Nazaire :

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Je suis favorable aux alliances. Pas aux dévorations. Les alliances c’est quand on est fort. (…) Je pense que l’Etat devrait construire l’alliance avec Fincantieri, les chantiers navals italiens. Ils sont européens donc nous pouvons trouver des points de conciliation. Ce sont des concurrents donc nous devons veiller à défendre nos intérêts. Je me suis prononcé en faveur de la montée au capital, jusqu’à la nationalisation, jusqu’à 51%, que ce soit par l’intermédiaire de l’agence des participations de l’Etat ou par l’intermédiaire de DCNS. Je demande au gouvernement de procéder à la nationalisation, qui est peut être temporaire, de STX, de manière à construire l’alliance en force avec nos amis italiens de Fincantieri.

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Vendredi, le PDG de DCNS, Hervé Guillou, a estimé "probable" une entrée de son groupe au capital des chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), détenus au tiers par l'Etat français, dans le cadre du rachat de ce dernier par l'italien Fincantieri. Le groupe naval français est particulièrement attentif à ce dossier en raison des capacités dont seul STX dispose pour la construction de navire de grande capacité, de type porte-hélicoptères BPC ou porte-avion. Il bénéficie d'accords avec STX pour la construction de ce type de grandes coques.

Fincantieri est le seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre la filiale florissante du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuliding, qui accumule pour sa part les difficultés financières. Le constructeur naval italien a été retenu pour engager des discussions de reprise de STX France par le tribunal de commerce du district central de Séoul, chargé d'examiner la procédure de redressement judiciaire du groupe sud-coréen.

#"Analyse clinique"

Le brûlot d'Aquilino Morelle contre François Hollande sort le 11 janvier mais Arnaud Montebourg, un de ses proches, ne l'a pas encore lu. Cependant, le candidat à la primaire de la BAP ne fustige pas celui qui le soutien encore pour la primaire pour ce réquisitoire acide contre le quinquennat Hollande. "Sa responsabilité est la sienne. Il a été le conseiller personnel du chef de l’Etat", commence-t-il par dire, avant d'ajouter :

 

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Il a décidé de faire une analyse clinique des raisons pour lesquelles le président de la République a renoncé à se représenter. Ce qui est un fait unique dans l’histoire. Cela relève de ses choix, de sa vision, de sa responsabilité.

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"Je ne suis pas l’auteur de ce livre et je respecte la liberté de mes amis d’écrire ce qu’ils veulent", conclut Arnaud Montebourg sur ce thème. 

 

  • Benoît Hamon

#Inquiet

C'est un indicateur du recul électoral de la gauche, et particulièrement du PS, tout au long du quinquennat. Il y aura 7.600 bureaux de vote sur l'ensemble du territoire pour la primaire de la Belle alliance populaire, contre 9.200 il y a six ans lors de la précédente primaire organisée par le PS et ses alliés. Une baisse du nombre de bureaux qui "inquiète" Benoît Hamon. Voilà ce que l'un des sept candidats a déclaré lors de l'émission Questions politiques:

 

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C’est l’inquiétude que j’ai pour être très honnête. Le fait qu’il y ait 1.600 bureaux de vote en moins qu’en 2011 m’inquiète un peu car un bureau de vote en moins ce sont des facilités données en moins aux électeurs pour pouvoir venir voter. C’est l’illustration de la fatigue qui est celle des appareils, dont l’appareil du PS qui a plus de mal aujourd’hui à pouvoir héberger et organiser un scrutin qu’il ne l’était en 2011, où la dynamique le portait.

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Benoît Hamon a estimé que "si on passe le cap des 2 millions de votants, on se donne l’assise à partir de laquelle le vainqueur ou la vainqueur aura de la force politique". Comme plusieurs responsables socialistes, le député PS frondeur des Yvelines se veut plutôt optimiste sur la participation : "la primaire n’est pas la plus populaire qui soit mais je sens moi sur le terrain un vrai gain d’intérêt".

#Pasfier

A la suite du désastreux Congrès PS de Reims, en novembre 2008, Benoît Hamon avait été nommé porte-parole du PS par la nouvelle Première secrétaire du parti, Martine Aubry. Une façon pour la maire de Lille de récompenser le député des Yvelines : arrivé troisième du premier tour, avec 22,6 %, il avait en effet appelé à voter "massivement" pour Martine Aubry au second tour, face à Ségolène Royal. 

Plus de huit ans après sa nomination en tant que porte-parole, un poste qu'il conserva jusqu'en 2012, Benoît Hamon est revenu sur cet épisode et sur cette fonction occupée en étant dans l'opposition, qu'il "regrette" désormais. Il a estimé : 

 

 

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J’ai aussi des regrets, j’ai beaucoup appris. On est là réduit à un exercice politique qui est beaucoup dans la violence quand même, dans les coups que l’on donne. Je me souviens être dans un registre hebdomadaire, tous les lundis matins, qui consistait à maintenir la pression sur le gouvernement et où objectivement ce n'est sans doute pas l’exercice politique dont je suis rétrospectivement le plus fier.

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Pas sûr que l'exercice ait été non plus facile pour les différents porte-paroles du parti durant le quinquennat de François Hollande, contraints de défendre des positions vivement critiquées dans leur propre camp.

  • Bruno Le Roux

#Stop au police-bashing

Le 7 janvier, Médecins sans frontières publiait un communiqué pour dénoncer "le harcèlement et les violences policières" envers les migrants. L’association affirme que "les policiers harcèlent les migrants en leur confisquant leurs couvertures, utilisant parfois des gaz lacrymogènes pour les disperser".

Interrogé à ce sujet, Bruno Le Roux a pris la défense des policiers, niant les accusations de MSF et fustigeant un "police-bashing". Le ministre de l’Intérieur assure ainsi :

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Il faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers. Ils n’ont pas d’instructions autres que la mise à l’abri de toutes les personnes qui sont vulnérables. Et ils le font avec une conscience du rôle qu’ils jouent, de l’uniforme qu’ils portent. (…)Quelques fois il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l’abri quelqu’un. Les forces de police font de la mise à l’abri des personnes vulnérables. Ce n’est pas aux policiers de faire la différence entre leurs statuts.

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Ancienne candidate EELV à l’élection présidentielle en 2012, Eva Joly a réagi aux accusations de MSF, estimant que "la France des droits de l’homme s’effondre aussi brutalement que la température extérieure". Un message publié sur Twitter accompagné des hashtags #honte et #inhumanité.

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  • Yannick Jadot

Yannick Jadot n'est pas vraiment fan de la politique menée par Vladimir Poutine. Le candidat EELV à la présidentielle plaide pour des sanctions contre les oligarques russes pour faire plier le président russe, quitte à ce que le courant saute sur le plateau de LCP quand il en parle. Sur France 3, ce dimanche 8 janvier, le député européen écologiste a de nouveau plaidé pour "l'indépendance de la France vis-à-vis de la Russie" et pourfendu le FN, "le vrai parti de l'étranger" selon lui. Il a déclaré : 

 

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Quand je me bats pour la transition énergétique, je me bats aussi pour notre indépendance vis-à-vis de la Russie qui n’apparaît pas être un problème pour François Fillon ni pour Marine Le Pen qui est dans cette élection le vrai parti de l’étranger au regard des financements russes. Et donc quand je me bats pour la transition énergétique, c’est aussi pour ne pas être complaisant vis-à-vis des pétromonarchies du Golfe, de la Russie ou du Gabon.

 

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Et, cette-fois, le courant n'a pas sauté.

 

  • Benoist Apparu

# Photo de famille

François Fillon et Alain Juppé ne se sont pas vus depuis le second tour de la primaire, mais cela pourrait intervenir fin janvier. Sur BFMTV, le porte-parole de François Fillon et juppéiste Benoist Apparu a assuré qu'il n'y "a difficulté" à ce qu'il y ait une rencontre entre le candidat LR à la présidentielle et son ancien adversaire de la primaire, le maire de Bordeaux. Il a déclaré : 

 

 

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Il n’y a pas de difficulté. François Fillon a su rassembler l’ensemble des équipes. (…) La photo se fera, la rencontre se fera. (…) Il y a des problématiques d’agenda qui ne sont pas simples à régler mais ça se fera et c’est nécessaire.

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Rassemblés, donc, nous dit-on. 

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