Le multiplex politique du dimanche 9 avril avec Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen, Christian Estrosi et Emmanuel Macron

Publié à 09h36, le 09 avril 2017 , Modifié à 15h07, le 09 avril 2017

Le multiplex politique du dimanche 9 avril avec Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen, Christian Estrosi et Emmanuel Macron
Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen, Christian Estrosi et Emmanuel Macron. © Montage le Lab via AFP
Image Le Lab



#MULTIPLEXPOLITIQUE - C’est dimanche, et comme chaque dimanche, c’est le jour de notre multiplex politique. Tout au long de la journée et des interviews politiques dominicales, le Lab se plie en quatre pour vous proposer ses morceaux choisis de ces rendez-vous.

Au programme de ce dimanche 2 avril : Christian Estrosi au Grand rendez-vous Europe 1/Les Echos/CNews, Marion Maréchal-Le Pen à BFM Politique, Emmanuel Macron à Dimanche en politique sur France 3 et Marine Le Pen au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI

  • Christian Estrosi

#Bons points

Après sa rencontre avec Emmanuel Macron, dans la dernière ligne droite avant le premier tour de l’élection présidentielle, Christian Estrosi a été prié par François Fillon de "faire attention à ce qu’il dit". Et ce qu’il dit ce dimanche pourrait ne pas plaire au candidat de la droite. Car si le président LR de la région Paca assure qu’il n’y a "pas de discussion" avec En Marche et son candidat, il distribue néanmoins des bons points à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande que François Fillon a renommé "Emmanuel Hollande" :

Il y a, en politique, des adversaires et des ennemis. J’ai un ennemi : madame Le Pen. C’est ainsi. Un ancien ministre de l’économie qui je dois le dire qui a eu à notre égard une attitude extrêmement respectueuse et constructive lorsqu’il était aux affaires. Je pense au lendemain du 14 juillet où c’est sans doute l’un des membres du gouvernement qui s’est le mieux comporté pour apporter des aides économiques. Lorsqu’il s’est agi de vendre les 60% de participation de l’Etat à la société aéroportuaire de Nice-Côte-d’Azur.

Et Christian Estrosi d’estimer qu’il n’y a "pas de différences fondamentales" dans les projets économiques d’Emmanuel Macron, soutenu aussi bien par Manuel Valls que par d’anciens ministres de Jacques Chirac, et François Fillon :

Lorsque je regarde le projet de monsieur Macron sur la suppression du CICE et les baisses de charge en contrepartie, et que je compare à des initiatives économiques du projet de monsieur Fillon, je n’y vois pas de différences fondamentales. Je ne vois pas de différences fondamentales.

#Poursuivre Bachar

Il faut “éliminer” Bachar al-Assad : tel est le revirement de François Fillon à propos du dictateur syrien après une nouvelle attaque chimique en Syrie. Christian Estrosi est sur la même longueur d’ondes. Le président LR de Paca soutient "la fermeté" des Etats-Unis, qui ont frappé la Syrie unilatéralement, "pour mettre un terme à l’impunité de Bachar al-Assad". Et celui qui est un soutien critique de François Fillon d’ajouter :

Bachar al-Assad, il faut le poursuivre, le condamner. (…) Il faut faire plus que s'associer à la lutte contre Bachar al-Assad, il faut que la France participe sur scène diplomatique ou militaire. La priorité est d’éradiquer Daesh.

# "Epargnons François Fillon"

Copieusement hué lors du meeting de François Fillon à Toulon, Christian Estrosi a ensuite publiquement reproché au candidat LR de laisser "siffler les amis". Ce dimanche, Christian Estrosi tente de mettre de l’eau dans son vin mais reste touché, rappelant qu’il "n’imagine pas le général de Gaulle laisser siffler l’un des siens". Mais, assure-t-il, rappelant qu’il n’est pas le seul cadre LR à avoir été sifflé lors d’un meeting de François Fillon :

Epargnons François Fillon. Je pense que François Fillon n’est rien dans tout cela.

Pour autant, Christian Estrosi déplore qu’une "partie de l’électorat" du candidat LR est "extrêmement radicalisée". "Je vois bien qu’il y a ceux autour de lui qui veulent absolument se montrer plus dur, plus violent, dans la surenchère" pour obtenir "un hochet" ou un strapontin ministériel. Et de prévenir l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy :

Celui qui est le maître doit faire attention aux courtisans qui sont autour. Je ne veux pas que dans cette surenchère face à l'extrême droite, on continue de ressembler plutôt que de rassembler.




  • Emmanuel Macron

#François Balkany

Réponse du berger à la bergère. Surnommé "Emmanuel Hollande" voire "François Macron" pour tenter de démontrer la filiation entre François Hollande et Emmanuel Macron, François Fillon a reçu la réplique du candidat d’En Marche. Le favori des sondages a ainsi lancé, quant à l’accusation d’être l’héritier du quinquennat Hollande :

J’ai dit non quand j’ai quitté l’Elysée. Et j’ai dit non quand j’ai quitté le gouvernement sur la base de désaccords de fond. Je ne suis pas l’héritier de ce quinquennat ou d’un système. De l’autre côté, c’est amusant de l’entendre de la part de quelqu’un comme François Fillon qui a été cinq ans le Premier ministre de Nicolas Sarkozy et qui voudrait maintenant s’en laver les mains. Je ne l’appellerais pas François Balkany mais il ressemble plus à ça qu’à autre chose aujourd’hui.

Une référence aux démêlés judiciaires de Patrick Balkany, le maire LR de Levallois-Perret mis en examen pour fraude fiscale et à François Fillon, mis en examen pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives et désormais pour escroquerie aggravée et de faux et usage de faux.

#Soutine

Samedi, Marine Le Pen était à Ajaccio. Et alors qu’elle donnait tout pleins de gages électoralistes aux Corses, des indépendantistes ont perturbé son meeting à coups de bagarres, l’obligeant à changer de salle. Ce dimanche, Emmanuel Macron "condamne" ces échauffourées :

Je condamne toutes les violences qui entravent le bon déroulement de notre démocratie. Je ne partage pas les idées de Marine Le Pen mais il n’est pas digne dans une démocratie qu’il y ait des violences. Le FN n’est pas le parti comme un autre mais il faut le combattre de manière républicaine, dans le débat et dans les urnes.

#





  • Marion Maréchal-Le Pen



# Candidate aux législatives 

Ira ? Ira pas ? Finalement, elle ira. Après avoir entretenu le doute autour de sa candidature aux élections législatives toute la semaine, Marion Maréchal-Le Pen a finalement décidé d'y aller. Invitée de BFM Politique ce dimanche, l'élue frontiste du Vaucluse a expliqué : 

Oui, je serai candidate aux législatives. J'ai simplement dit [...] que je ne ferai pas de la politique toute ma vie, que je me gardais la possibilité de pouvoir partir, mais au moment le plus opportun, pour ne pas nuire à la campagne.

Elle a ensuite voulu également coupé court aux interprétations de ses propres tergiversations : 

Il n'y a pas de tension avec Marine Le Pen, ça fait cinq ans qu'on essaie de mettre des coins entre nous, quoi que je fasse. Malgré parfois les quelques divergences que j'ai pu avoir, il n'y a rien d'incompatible. Ce que je réfute totalement, c'est qu'aujourd'hui il y ait des lignes totalement contradictoires au Front national. En ce moment, il y a une petite musique qui consiste à dire que je fais une campagne parallèle, que je joue ma propre partition alors que je ne fais en cela que respecter les consignes données aux membres du conseil stratégique. Je suis à 100% derrière Marine Le Pen dans cette campagne, je suis convaincue qu'elle est la seule candidate qui peut aujourd'hui changer la situation de la France.

Circulez, y a rien à voir. Tout va bien entre Marine Le Pen et sa nièce. 

# De Villiers avec nous

Ces derniers mois, Philippe de Villiers a changé d’avis concernant Marine Le Pen. Lui qui estimait que "les choses ne changeraient pas" avec la cheffe frontiste en octobre dernier a totalement revu sa position. En février dernier, il assurait au JDD que la candidate FN à la magistrature suprême avait "une carrure présidentielle". Sur BFM Politique dimanche, Marion Maréchal-Le Pen, dont la proximité avec le leader de l’ultra-droite catholique et souverainiste n’est plus à prouver, a confirmé ce qui ressemble de plus en plus à un soutien :  

Monsieur de Villiers a quand même fait des déclarations qui sont claires, je crois, dans le soutien qu’il apporte à Marine Le Pen. Il a fait plusieurs déclarations à la presse où il vante la stature de femme d’Etat de Marine Le Pen. Je crois que ce soutien-là est largement acquis […] Les Français ont compris que Monsieur de Villiers, qui est quand même une grande figure de la droite nationale, souverainiste, qui défend l’identité française, considère que la seule candidate qui respecte cette identité-là, c’est Marine Le Pen.

Reste maintenant à savoir si Philippe de Villiers fera une déclaration officielle pour soutenir Marine Le Pen ou s’il ira jusqu’à participer à un de ses meetings, avant le 23 avril prochain.





  • Marine Le Pen




#Vel d’Hiv

Le Front national a toujours beaucoup de mal avec le discours du Vel d’Hiv de Jacques Chirac, écrivait le 2 avril Le Huffington Post après que Florian Philippot a affirmé qu’il n’aurait pas tenu ce discours. Une semaine plus tard, Marine Le Pen tient le même discours. La candidate du FN à l'élection présidentielle a ainsi jugé ce dimanche que la France n'était "pas responsable" de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13.000 juifs avaient été arrêtés.

"Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv", a répondu la présidente du FN, interrogée sur cette rafle. Le président Jacques Chirac avait lui reconnu en juillet 1995 la responsabilité de la France. Elle poursuit :

Je pense que de manière générale, plus généralement d'ailleurs, s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, ce n'est pas LA France. Ce n'est pas LA France.

"La France a été malmenée dans les esprits depuis des années", a dénoncé la présidente du parti d'extrême droite. "En réalité, on a appris à nos enfants qu'ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n'en voir peut-être que les aspects historiques les plus sombres", a-t-elle regretté.

#Seriously ?

Lors du grand débat entre les onze candidats à l’élection présidentielle, Marine Le Pen s’est faite attaquer par Philippe Poutou. A l’immunité parlementaire de la présidente frontiste, le candidat du NPA avait répliqué qu’il n’avait lui pas "d’immunité ouvrière". Une punchline qui a fait mouche et à laquelle répond ce dimanche Marine Le Pen.

Un brin méprisante, la candidate FN a lancé :

Est-ce que vous pensez que je vais me lancer dans un combat de catch avec monsieur Poutou ? Sérieusement ? C’est un candidat qui est venu dire sur un plateau qu’il se moquait totalement des Français. Vous croyez que je vais engager un débat avec quelqu’un qui a dit ça ? Non.

Puis l’eurodéputée en a profité pour justifier son immunité parlementaire par "la machination" orchestrée par le pouvoir politique qui instrumentaliserait la justice contre elle :

Tous les candidats ne sont pas députés et à ce titre protégés des manœuvres du pouvoir par l’immunité parlementaire et qui est là précisément pour éviter que le pouvoir ne s’attaque à des députés d’opposition.

Lors du débat télévisé mardi, Philippe Poutou avait accusé Marine Le Pen et François Fillon de "piquer dans les caisses publiques" et, concernant la présidente du FN, de ne pas répondre aux convocations des juges.

"Le FN se dit anti-système mais se protège grâce aux lois du système avec son immunité parlementaire et refuse d'aller aux convocations policières, donc peinard !", avait lancé le candidat trotskiste. "Nous, quand on est convoqué par la police, nous n'avons pas d'immunité ouvrière, on y va", avait ironisé l'ouvrier de chez Ford, suscitant des applaudissements dans la salle.



Du rab sur le Lab

PlusPlus