Le multiplex politique du dimanche 19 mai

Publié à 17h49, le 19 mai 2013 , Modifié à 22h03, le 19 mai 2013

Le multiplex politique du dimanche 19 mai

MULTIPLEX POLITIQUE - Au programme des interviews dominicales du 19 mai, Marine Le Pen sur France 5, Nathalie-Kosciusko Morizet sur BFMTV, Luc Chatel sur France Inter, Ségolène Royal sur RTL et LCI et Christine Boutin sur TV5 Monde et RFI.

Le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews et vous en propose des "morceaux choisis" au fur et à mesure de la soirée.

  1. Les interviews du dimanche

    >> Marine Le Pen dans C politique sur France 5

    (image France 5)

    #AIE

    Oui, comme l'a annoncé son père, Marine Le Pen s'est bien fracturée le bas de la colonne vertébrale en tombant dans sa piscine. Elle en livre quelques détails :

    Je suis effectivement tombée sur le dos, ce n’est pas un gag, en jardinant.

    Mais j’ai un ange gardien redoutable ! Je me suis fracturée deux vertèbres.

    Francetvinfo a aussitôt isolé le passage vidéo, le voici :

    #MARIAGE GAY

    Après avoir répété qu'elle était favorable "à une amélioration du PACS" et qu'il s'agit selon elle de la "réclamation de l'immense majorité des homosexuels", Marine Le Pen assure que, si elle arrive au pouvoir, elle "abolira" le mariage pour tous. Quitte à ce qu'il existe alors des couples homosexuels mariés et d'autres qui ne le peuvent plus :

    Oui je l’abolirai, j’en prendrai l’engagement.

    Je suis très respectueuse de l’état de droit, une loi n’est pas rétroactive, les gens qui se sont mariés resteront mariés car ce serait illégal de les démarier. En revanche, d’autres n’auront pas le droit de le faire.

    C’est la démocratie, faire voter des lois et éventuellement revenir sur ces lois lorsque la majorité change.

    >> Nathalie Kosciusko-Morizet sur BFMTV

    <img src="http://i.imgur.com/OoFlXN8.jpg" alt="" width="100%" />

    (image BFMTV)

    #PASSION COM'

    Le 18 mai, Nathalie Kosciusko-Morizet faisait savoir au Parisien, au Figaro mais aussi à l'AFP que Nicolas Sarkozy lui avait proposé d'assister au match du PSG à ses côtés. Au final, comme Le Lab l'a raconté ici, s'ils ont bien été pris en photo en train de discuter ensemble, le match s'est déroulé chacun de son côté. Changement de dernière minute, a expliqué sa responsable com'.

    La candidate à la primaire UMP pour Paris ne s'arrête pas à ce détail et tire tous les bénéfices de la photo les montrant ensemble :

    Nicolas Sarkozy savait que je serai hier soir au parc, il m’avait proposé d’y aller ensemble, c’est un geste très amical que j’ai beaucoup apprécié. (...) C’était un geste très amical que de me proposer de m’accompagner hier soir au Parc des princes.

    Une situation qui amuse en tout cas beaucoup le député socialiste Yann Galut :

    Bon question essentielle #Sarkozy sera t'il sur le plateau de #BFMTV aux cotées de #NKM...? #pipoteuse#PSG

    — Yann Galut (@yanngalut) 19 mai 2013

    S'en suit un bel exemple de "je ne parlerai pas pour lui" mais un peu quand même :

    Même quand j’étais porte-parole de Nicolas Sarkozy, j’ai souhaité faire très attention à ne pas l’engager sur des sujets dont il ne voulait pas parler. Il ne parle pas de politique nationale en ce moment donc je n'en parlerai pas pour lui ... mais je suis sûre d’une chose, c’est qu’il a envie que l’alternance se fasse à Paris. (...)

    #HOLLANDE ET LE FN

    Alors qu'on l'interroge sur les liens de l'UMP avec le Front national, Nathalie Kosciusko-Morizet, après avoir rappelé qu'elle refusait toute alliance avec ce parti, préfère dénoncer le "cynisme" de François Hollande qui souhaiterait "faire monter le Front national". La preuve selon elle : le retour de la promesse du droit de vote des étrangers aux élections locales.

    Il y a un certain cynisme de la part de François qui est très mitterrandien. Il met en avant un certain nombre de sujets, il joue des clivages l’air de rien. Par exemple il relance le droit de vote des immigrés. On pourrait se dire : "Tiens quelle maladresse, il a fortement divisé le pays avec le mariage pour tous et là il revient".

    Moi je crois que ce n’est pas de la maladresse, c’est du cynisme.
    Ca sert à faire monter le Front national.

    L'argument est fréquent à l'UMP. Jean-François Copé l'a particulièrement utilisé au point de devenir un gimmick. Lui parle du droit de vote des étrangers comme d'une "vieille ficelle mitterrandienne" qui amène à une "alliance objective entre le PS et le FN".

    >> Christine Boutin sur TV5 Monde et RFI

    <img src="http://i.imgur.com/tc9zvEK.png" alt="" width="100%" />

    (image TV5 Monde)

    #FRONT NATIONAL

    Interrogée sur le fait qu'elle a défilé aux côtés de Gilbert Collard lors de la dernière grande manifestation contre le mariage gay, et est apparue près de lui sur les photos, Christine Boutin se défend, bafouille, puis avance deux arguments : 1 - les autres parlementaires UMP l'avaient "poussée", sans doute pour ne pas apparaitre trop proches et 2 - il est, après tout, élu démocratiquement.

    C’est une personne humaine, je n’ai pas de raison de le rejeter. Depuis quinze ans, je demande la dissolution du Front national, (…) je combats les idées qui sont aux antipodes de ce que je porte !

    Je ne me suis pas affichée ! Mais non je ne me suis pas affichée ! Figurez-vous que les autres parlementaires m’ont poussée !

    Et moi je me suis bien trouvée là et comme je suis quand même une personnalité contre cette démarche [le mariage pour tous, ndlr], je me suis retrouvée à côté de monsieur Collard. Ou alors il fallait que je m’en aille.

    Monsieur Collard a été élu député selon les lois de la République et je ne vois pas pourquoi il ne devrait pas défiler.

    Un passage isolé par TV5 Monde :

    #MARIAGE POUR TOUS

    Grande opposante au mariage gay, Christine Boutin y voit de manière générale une société où "seul le fric compte" :

    Ce mariage gay est le révélateur de cette société que nous avons construite, libérale- libertaire, dans laquelle seule la consommation et le fric comptent.

    Lorsqu'on lui demande ce que l'argent a à voir dans l'histoire, la présidente du Parti chrétien-démocrate parle de l'argent demandé en cas de procréation médicalement assistée et de gestation pour autrui, deux procédés "qui viendront", assure-t-elle.

    Christine Boutin dénonçait de la même façon une "société des riches" après l'annonce par Angelina Jolie de son ablation préventive des seins, pratiquée à cause de hauts risques de cancer.

    >> Ségolène Royal dans Le Grand jury sur RTL et LCI

    <img src="http://i.imgur.com/PATm5Ab.jpg" alt="" width="100%" />

    (Maxppp)

    #APPRENTISSAGE

    C'est l'un des sujets qui tient à coeur à Ségolène Royal, qui pratique l'apprentissage dès l'âge de 14 ans dans sa région. Or, Vincent Peillon souhaite mettre un terme à cet apprentissage précoce en ne l'autorisant qu'à partir de 16 ans. La présidente de région s'en offusque ce dimanche, expliquant que ces "jeunes en échec scolaire" deviennent "violents" sans cette option :

    En dessous de 16 ans, quand les jeunes sont en graves situations d’échecs scolaires, il valait mieux (…) qu’on leur apprenne un métier tout en continuant la formation scolaire.

    Un jeune en situation d’échec scolaire qui n’a même pas les mots pour mettre sur ses souffrances, que fait-il ? Il devient violent, il tape ! Est-ce qu’on va garder des jeunes qui tapent dans les classes ?

    Est-ce qu’on va les laisser se gâcher comme ça pour des raisons idéologiques ? Ou les remettre debout et leur montrer qu’ils sont capables de faire quelque chose et leur redonner confiance en eux-mêmes.

    Ségolène Royal avait déjà contesté cette décision dans un tweet puis sur France bleu, mi-mars.

    #BPI

    On le sait, les relations entre Ségolène Royal et Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI, sont difficiles. Priorité grillée, interrogation sur son niveau de rémunération, tapage public sur les doigts ... la porte-parole de la BPI ne se prive pas pour donner son avis, voire lui glisser des peaux de banane. Ce dimanche, elle ne nie pas ces difficultés mais y voit une bonne chose :

    Il vaut mieux avoir des dialogues clairs et nets et un peu musclés au départ, pour que les choses partent dans la bonne direction, plutôt que de se taire.

    Puis en rajoute une couche sur les mauvaises intentions de Nicolas Dufourcq, qu'elle a, raconte-t-elle, réussi à contrer :

    C’est important de débattre sur à quoi doit ressembler [la BPI]. Ca ne doit pas ressembler à une banque privée traditionnelle, à une entreprise qui a beaucoup d’argent pour investir dans la communication.

    Il pensait bien faire. Honnêtement, c’est quelqu’un de très bien, de très compétent. Il comptait répercuter un certain nombre de pratiques d’entreprises qui ont beaucoup d’argent pour la communication à la BPI. J’ai dit non, il faut être sobre.

    On n’est pas obligé de dépenser beaucoup d’argent dans un logo, dans un siège social, car il y en a déjà un à Maison Alfort. Je crois que les choses ont été entendues.

    >> Luc Chatel dans Tous politiques sur France Inter

    <img src="http://i.imgur.com/aUlQG9D.jpg" alt="" width="100%" />

    #MARIAGE GAY

    Alors que Jean-François Copé promet qu'il y aura une "réécriture du texte" sur le mariage pour tous lorsque la droite reviendra au pouvoir, Luc Chatel lance un message de "crédibilité" ce dimanche : non, l'UMP ne reviendra pas sur le mariage gay.

    Dans quatre ans, le monde aura évolué. Nous avions déjà pris des positions de ce type là au moment du PACS, nous ne sommes pas revenus en arrière.

    Je crois qu’il faut, si nous voulons reconquérir le cœur des Français, être crédible et responsable. C’est un texte que nous avons condamné mais je ne crois pas qu’on reviendra en arrière.

    #GROSSE FICELLE

    Comme NKM ce dimanche, Luc Chatel parle de la "grosse ficelle" qui voudrait que François Hollande propose le droit de vote des étrangers pour faire monter le Front national. Il y voit aussi un signe donné à l'aile gauche. Bref, un droit de vote multifonction :

    La pilule est grosse, on est typiquement dans le message adressé à l'aile gauche.

    En permanence, c'est une grosse ficelle, là-aussi pour faire émerger ici ou là le Front national, on a bien connu ça avec François Mitterrand.

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